Isabelle Adjani: “J’ai été élevée en baissant les yeux”

Dans le monde du cinéma français et européen, Isabelle Adjani  restera toujours cette femme et actrice à la fois fascinante et mystérieuse. Parfois insaisissable. Même si elle se défend d’être “une Mylène Farmer” du 7e art.

Dans un entretien puissant, paru ce jeudi dans les pages de l’hebdomadaire français Le Point, celle qui avait illuminé le ciel du cinéma hexagonal en 1983,  avec le presque torride “L’été meurtrier” où lui donnait la réplique le rafraichissant  chanteur Alain Souchon n’a esquivé aucune question même pas les plus personnelles. Comme sur ses déboires judicaires avec le fisc qui seront jugés ce mois-ci par le tribunal correctionnel de Paris.

De cet échange fécond, Méditerranééennes Magazine a choisi de vous partager ce que la star a dit au sujet de ses disparitions subites et répétées de l’espace public hors cinéma. Isabelle Adjani trouve l’explication dans ses années d’adolescence vécues auprès d’un père plutôt très conservateur.

” Je ne suis pas Milène Farmer tout de même ! J’aime la lumière des plateaux de cinéma, des scènes de théâtre, pour mettre en valeur un texte, une fiction. La rareté n’est pas un sanctuaire, mais j’a vite compris qu’à trop s’exposer, on perd de sa valeur. Enfant, je recevais pour consigne de me me montrer le moins possible. Devenir actrice fait de moi une contradiction vivante.

Isabelle à l’aube d’une carrière d’actrice formidable. En 1983, juste après la sortie de l’Été meurtrier ” qui connut in succès remarquable. (archives  de la RTS)

“J’ai eu longtemps le sentiment de trahir mon père, soit quand je m’exprimais sur ma personnalité, soit quand je me révélais physiquement sur une photo ou dans un film. Pour lui, Algérien d’origine et de culture puritaine, se dénuder ou embrasser un homme au cinéma confinait à la vulgarité. C’était inconcevable.

“La séduction n’était pas de mise dans mon éducation. Le culte du secret  dominait, j’ai été élévée en baissant les yeux. Je n’ai jamais cherché à plaire, mais à être comprise. Je ressentais de l’embarras, même quand il fallait juste traverser une pièce  où se trouvaient des gens que je ne connaissais pas. S’habituer à être regardée m’a demandé un long apprentissage. Cela dit, quand j’ai intégré la Comédie-Française, mon père était fier, car une pareille institution jouissait pour lui d’une respectabilité imparable”.

(Propos extraits des colonnes du magazine français Le Point daté du 5 octobre 2023)

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