Caitlin Moran: « Comment le féminisme devrait aider les hommes »

Caitlin Moran est auteure,  journaliste radio , chroniqueuse  de presse à la réputation bien établie notamment grâce à ses trois articles hebdomadaires dans les colonnes du  célèbre et très respectée magazine londonien  The Times.

La native de Brighton est aussi une fantastique défenseuse des droits des femmes dont beaucoup d’écrits portent sur les relations entre les deux sexes. Ces livres ont souvent des titres qui commencent par  la question comment… À l’instar de How to Be a Woman,  paru en 2012 et vendu à 400 000 exemplaires, ou bien How to Build a Girl, commis deux ans plus tard.  Son dernier opus, intitulé   » More than a woman »  (éditions Anagramme), lui a valu une savoureuse interview  dans le quotidien espagnol El Mundo. Elle y explique, aux hommes, avec sérieux et humour à la fois, comment le féminisme est en fait là pour les aider. Propos choisis.

« Ces dernières années, j’ai rencontré beaucoup de jeunes hommes qui pensent que le féminisme est allé trop loin. Ils nous appellent les féminazis, ils disent que le féminisme est un cancer et beaucoup d’entre eux détestent les femmes. Quand j’y pense, je comprends pourquoi les jeunes pensent qu’il est plus facile d’être une femme qu’un homme maintenant, et c’est parce que nous avons tout : des clubs féministes dans les écoles, nous avons Beyoncé !, il y a tellement de chansons qui disent à quel point c’est génial est d’être une femme, chaque semaine, nous célébrons qu’une femme a battu un record ou est un nouveau leader mondial ou milliardaire.  Et il n’y a pas ce genre d’histoires sur les hommes, comme si les hommes ne faisaient rien de nouveau, comme si être un homme n’était pas si excitant. Je pense qu’ils se sentent un peu abandonnés. Il n’y a pas d’histoires d’enfants que nous célébrons. C’est pourquoi le prochain livre que j’écrirai concerne les garçons. J’y expliquerai comment le féminisme peut aussi aider les hommes. C’est de cela qu’il s’agit : comprendre le genre, pourquoi certaines choses sont pour les femmes et d’autres pour les hommes, mais tout devrait être pour tout le monde. Il ne devrait y avoir rien au monde que les garçons et les filles ne devraient pas apprécier ensemble. Puisque les hommes sont paresseux et stupides, ils n’ont pas encore écrit ce livre. Alors je vais l’écrire moi-même ».  

(Extrait de l’interrview parue dans les colonnes culture du quotidien espagnol El Mundo du 9 avril 2022) 

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