Jacqueline Laffont : “Je ne peux pas plaider comme un homme.”

Jacqueline Laffont, 63 ans,est l’une des grandes figures du barreau des avocates et des avocats de Paris. Le 9 janvier 2024,,elle a assisté en tant que marraine éponyme au prêt du “petit serment” de plus des 2000 élèves avocats de la promotion 2024-2025  de l‘Ecole de formation du Barreau (EFB). La cérémonie s’est déroulée dans  la cour d’appel de Paris en présence du ministre de la Justice, Éric Dupont-Moretti.

Considérée comme l’une des meilleures pénalistes de France et de Navarre, Jacqueline Laffont possède une expérience redoutable. Le pénal, dont elle a connu tous les rouages et les facettes, n’a aucun secret pour elle : les  visites aux parloirs et dans les prisons les plus glauques, la défense des dossiers des criminels les plus endurcis auteurs de  braquages, de viols ou d’infanticides.

Comme elle a défendu les plus puissant: à l’image de Nicolas Sarkozy, Patrick Poîvre d’Arvor ou un autre Nicolas célèbre (Hulot). Plus récemment, elle a défendu avec succès, le ministre de la Justice en exercice, aidée par Rémi Lomain, son talentueux et jeune confrère.

Avocat, une profession  dont elle évoque souvent l’âpreté comme en novembre 2020 lorsqu’elle dit : ” “On n’est pas avocat par hasard. On vit des moments violents, on est en permanence confronté au résultat, avec la charge des vies des gens qui nous font confiance“.  Dans cet extrait que nous avons choisi, l’avocate évoque le rôle de l’éloquence dans une plaidoirie.

Au sujet de l’éloquence

L’éloquence est un outil comme un autre. Mais on défend quelqu’un, on n’est pas là pour se faire plaisir. Il y a de toute façon des choses que je ne saurai jamais faire. Je ne peux pas plaider comme un homme. Et il y a un registre d’éloquence, trop sophistiqué ou préparé, qui n’est pas le mien. J’essaie simplement d’être moi- même, sincère dans ce que je défends.

Je ne peux pas plaider quelque chose auquel je ne crois pas, que je ne démontre pas. Je me sou- viens de mes premières assises, de l’angoisse qui m’a saisie quand j’ai plaidé. Celle-ci ne m’a pas quittée. Avant un procès, je ne dors pas, je suis dans une bulle. Ce sont des moments durs.

“Les enjeux sont fondamentaux: il y va de la liberté, de l’honneur, de la vie qui va continuer ou pas. C’est une énorme responsabilité, et on est seul. Les résultats ne sont pas toujours ceux que l’on espère. Il faut rester humble. Apprendre à penser contre soi-même. Essayer de ne jamais hurler avec les loups. Dans le pire des crimes, il faut toujours tenter de déceler une lueur d’hu- manité, même infime…”

(Propos extraits de l’entretien accordé par Jacqueline Laffont dans les colonnes du quotidien français Le Monde paru le 22 janvier).

 

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