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	<title>Archives des INTERVIEWS - Méditerranéennes Magazine</title>
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	<description>La femme est l’avenir de la Méditerranée</description>
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	<title>Archives des INTERVIEWS - Méditerranéennes Magazine</title>
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	<item>
		<title>Esma Ben Said:Acropolia,pour une «révolution» de l&#8217;apprentissage</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Fayçal Chehat]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 19 Nov 2025 15:58:35 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[GRAND ANGLE]]></category>
		<category><![CDATA[INTERVIEWS]]></category>
		<category><![CDATA[PAROLES, PAROLES …]]></category>
		<category><![CDATA[Acropolia Academy]]></category>
		<category><![CDATA[Créatrice de contenus]]></category>
		<category><![CDATA[Esma Ben Said]]></category>
		<category><![CDATA[France]]></category>
		<category><![CDATA[Journaliste]]></category>
		<category><![CDATA[Méditerranéennes Magazine]]></category>
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		<category><![CDATA[Universitaire]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Esma Ben Said. Si vous cherchez le sens de son prénom qui claque comme un drapeau au vent, vous ne serez pas déçu. Il s&#8217;en faut. Et cela donne cette définition avantageuse. Dérivé de l&#8217;arabe « asma&#8217;a » signifiant « sublime, élevée » ou encore « précieuse, noble », Esma traduit « l&#8216;aspiration à l&#8217;élévation [&#8230;]</p>
<p>L’article <a href="https://xn--mditerranennes-bkbi.com/esma-ben-said-acropolia-pour-une-revolutionde-lapprentissage/">Esma Ben Said:Acropolia,pour une «révolution» de l&rsquo;apprentissage</a> est apparu en premier sur <a href="https://xn--mditerranennes-bkbi.com">Méditerranéennes Magazine</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Esma Ben Said.</strong> Si vous cherchez le sens de son prénom qui claque comme un drapeau au vent, vous ne serez pas déçu. Il s&rsquo;en faut. Et cela donne cette définition avantageuse. <b>Dérivé de l&rsquo;arabe « asma&rsquo;a » signifiant « sublime, élevée » ou encore « précieuse, noble », </b>Esma traduit « <strong><em>l</em></strong><em>&lsquo;a</em><strong><em>spiration à l&rsquo;élévation spirituelle et à la distinction de l&rsquo;âme avec une certaine douceur dans son retentissement <b> »</b></em></strong>. Absolument tout ce qu&rsquo;est, dans la vraie vie, notre invitée exceptionnelle : une femme  lumineuse, généreuse, beaucoup à l&rsquo;écoute, à la fois franche du collier  et attachante .</p>
<p>Esma Ben Said, franco-tunisienne à la trentaine épanouie, correspond vraiment au signifiant décrit par le dictionnaire. Dans l&rsquo;entretien qu&rsquo;elle a accordé à <strong>Méditerranéennes Magazine</strong> , la native d&rsquo;Eaubonne, dans la Val-d&rsquo;Oise, n&rsquo;élude aucun sujet. Elle évoque un parcours personnel et professionnel long comme le bras &#8211; en dépit de sa jeunesse &#8211; et riche comme un trésor amassé au prix d&rsquo;efforts ni comptés ni mesurés. <b> </b>Elle qui, jeune élève, avait commencé par contester l&rsquo;école et surtout «l<em>e système d&rsquo;enseignement dans lequel cela se faisait <b> »</b></em> est aujourd&rsquo;hui  une professeur d&rsquo; université épanouie passée par hypokhâgne, khâgne, licence  de littérature, études de relations internationales et  d&rsquo;intelligence stratégique.Et il y a aussi ce journalisme qu&rsquo;elle  a découvert et adoré pratiquer  en travaillant de longues années dans une agence de presse.</p>
<p>Depuis quatre ans, cette méditerranéenne authentique, passionnée d&rsquo;écriture, de théâtre, de danse, aux goûts musicaux  éclectiques, est plongée dans  la création  et le développement de la plateforme éducative <strong>Acropolia Aacadem</strong>y.«<em>Une aventure ambitieuse et novatrice qui propose des parcours d&rsquo;apprentissage pertinents et utiles<strong> <b> »</b></strong>. </em> Un système de formations multiples en ligne  où «<em>l&rsquo;apprenant devient acteur de son parcours, et non simple spectateur.<strong> <b> »</b></strong></em> Elle nous en parle dans l&rsquo;entretien qui suit.Avec méthode, bien sûr, mais également avec enthousiasme. <strong> F.C </strong></p>
<p><img fetchpriority="high" decoding="async" class="alignnone size-full wp-image-10123" src="https://xn--mditerranennes-bkbi.com/wp-content/uploads/2025/11/582147966_10235970349993348_2238818042181073303_n.jpg" alt="" width="883" height="738" srcset="https://xn--mditerranennes-bkbi.com/wp-content/uploads/2025/11/582147966_10235970349993348_2238818042181073303_n.jpg 883w, https://xn--mditerranennes-bkbi.com/wp-content/uploads/2025/11/582147966_10235970349993348_2238818042181073303_n-300x251.jpg 300w, https://xn--mditerranennes-bkbi.com/wp-content/uploads/2025/11/582147966_10235970349993348_2238818042181073303_n-768x642.jpg 768w, https://xn--mditerranennes-bkbi.com/wp-content/uploads/2025/11/582147966_10235970349993348_2238818042181073303_n-70x60.jpg 70w" sizes="(max-width: 883px) 100vw, 883px" /></p>
<p><strong>Bonjour Esma Ben Said. C&rsquo;est incroyable, dans un document de présentation de votre parcours, vous affirmez que, petite, vous détestiez l&rsquo;école et vous donnez même des anecdotes qui décrivent les astuces que vous utilisiez pour être parfois renvoyée à la maison ?</strong></p>
<p>Je dois rectifier cette phrase qui ne rend pas tout à fait justice à l&rsquo;école. Ce n&rsquo;est pas toute l&rsquo;école et ce qu&rsquo;elle transmet que je détestais. Puisque j&rsquo;adorais apprendre, j&rsquo;adorais retrouver mes camarades et jouer avec eux, j&rsquo;adorais certaines matières (notamment les arts plastiques, le français, l&rsquo;histoire) mais qu&rsquo;est-ce que je détestais le système dans lequel cela se faisait !</p>
<p>D&rsquo;abord l&rsquo;enfermement dans une salle, à être alignée comme des boîtes de conserve. Devoir y passer 8 heures. Rester toujours assise, à écouter pendant des heures des profs (j&rsquo;avais souvent la tête dans les nuages ou alors je bavardais pas mal). Jouer à heure fixe pour 10 minutes de récréation, manger à la cantine et ne pas trouver de dessert si on sortait trop tard de cours. Et me réveiller beaucoup trop tôt !</p>
<div id="yiv6164516463">
<div dir="ltr">
<div class="yiv6164516463elementToProof">Vraiment, j&rsquo;ai beaucoup souffert de ça. Donc j&rsquo;ai commencé à sécher les cours très jeune. Dès le CP. Je mettais ma tête sur le radiateur pour dire que j&rsquo;avais de la fièvre. Je disais souvent que j&rsquo;avais de forts maux de ventre, au point que le médecin venait à la maison, et au collège j&rsquo;écrivais mes propres mots d&rsquo;absence à la place de mes parents pour justifier des absences : je disais toujours que j&rsquo;avais la gastro. (<em>J&rsquo;espère que mes parents ne vont pas lire cette interview. Rires</em>). Vraiment, je vivais mal cette entrave à mon besoin de liberté, de mouvement et de sens. J&rsquo;ai vite développé une résistance intuitive à ce modèle que je n&rsquo;aimais pas.</div>
<div></div>
<div></div>
<div class="yiv6164516463elementToProof"><strong>Comment avaient réagi vos parents face à cette défiance que vous manifestiez vis-à-vis de l&rsquo;enseignement classique ?</strong></div>
<div class="yiv6164516463elementToProof">Je crois que ni mes parents, ni les enseignants, ni même mes camarades ne se rendaient compte de cette défiance que j&rsquo;avais. J&rsquo;arrivais facilement à donner le change. Mes parents n&rsquo;étaient pas derrière mon dos pour les devoirs, ils me «jugeaient <em>» </em>aux résultats. J&rsquo;étais une élève moyenne, qui ne faisait pas trop de vagues, et qui pouvait être plutôt bonne voire excellente dans les matières qui m&rsquo;intéressaient vraiment (la littérature, l&rsquo;histoire, la philo) comme nulle dans les matières qui ne m&rsquo;intéressaient pas (je ne compte plus les 4 en maths !). Je me débrouillais, j&rsquo;avais des amis, j&rsquo;étais très sociable, mais dans le fond, j&rsquo;étais très souvent ailleurs. Je vivais pas mal dans mes pensées. Et je me souviens que je comparais souvent l&rsquo;école à un supermarché. Tout est contrôlé, aligné, fade.</div>
<div></div>
<div></div>
<div class="yiv6164516463elementToProof"><strong>À  l&rsquo;évidence, vous n&rsquo;aviez pas tout lâché puisque vous avez mené à bien des formations en relations internationales et en journalisme, avant de devenir pendant des années la rédactrice en chef du desk Afrique de l&rsquo;Agence Anadolu ?</strong></div>
<div class="yiv6164516463elementToProof">À noter : j&rsquo;ai fait hypokhâgne, khâgne avant ma licence de lettres modernes, puis les relations internationales et de la géo-économie et intelligence stratégique (mais pas de formation en journalisme).</div>
<div class="yiv6164516463elementToProof">Oui, paradoxalement, j&rsquo;ai toujours eu un immense respect pour le savoir et j&rsquo;ai toujours eu une soif d&rsquo;apprendre de nouvelles choses en permanence. Et puis j&rsquo;avais mes parents qui me disaient que c&rsquo;était important d&rsquo;avoir des diplômes pour choisir ma vie. J&rsquo;ai donc vite compris qu&rsquo;il fallait composer avec ce système qui ne me plaisait pas pour pouvoir, un jour, le transformer.</div>
<div></div>
<div class="yiv6164516463elementToProof">Après ma prépa littéraire (hypokhâgne et khâgne), une année en licence de lettres modernes, je me suis lancée dans des études en relations internationales et en géo-économie et intelligence stratégique. Là, j&rsquo;ai adoré mes études ! Deux jours de cours par semaine avec des experts en tout genre. Pas d&rsquo;ennui, pas de routine. Et ça m&rsquo;a donné le tempo pour la suite de ma vie : j&rsquo;ai fait plein de métiers passionnants : d&rsquo;abord dans la politique en contexte post-révolutionnaire en Tunisie. Puis j&rsquo;ai enchaîné dans l&rsquo;enseignement et enfin dans le journalisme. C&rsquo;était un chemin qui me ressemblait : une façon d&rsquo;apprendre sans arrêt, d&rsquo;être dans le réel, dans la parole, dans l&rsquo;humain. J&rsquo;ai adoré cette période : les enquêtes, les débats, les nuits blanches à réécrire des dépêches. J&rsquo;étais jeune, idéaliste, et persuadée que comprendre le monde pouvait le changer.</div>
<h3 class="yiv6164516463elementToProof">«Le journalisme m&rsquo;a appris  l&rsquo;écoute et la nuance <em>»</em></h3>
<div class="yiv6164516463elementToProof"><strong>Vous avez aimé, je crois, ces années de journalisme. Quel est l&rsquo;héritage de cette grande expérience médiatique ? Qu&rsquo;avez-vous appris de décisif de cette confrontation avec les réalités du monde et qui vous sert dans votre nouveau projet ?</strong></div>
<div class="yiv6164516463elementToProof">Le journalisme m&rsquo;a appris deux choses essentielles : l&rsquo;écoute et la nuance. C&rsquo;est un métier qui vous apprend que la vérité n&rsquo;est jamais unique. Cette expérience m&rsquo;a aussi donné une rigueur : vérifier, recouper, contextualiser, aller à l&rsquo;essentiel et aiguiser son esprit critique. J&rsquo;ai développé cette capacité à raconter des histoires complexes de manière accessible. Et surtout, elle m&rsquo;a donné le goût des histoires vraies, de la transmission. Toute cette expérience m&rsquo;a formée, et m&rsquo;est utile aujourd&rsquo;hui dans ma vie d&rsquo;entrepreneure.</div>
<div></div>
<div class="yiv6164516463elementToProof"><strong> Paradoxalement, vous, la contestataire née de l&rsquo;enseignement classique, avez fini par enseigner les enjeux contemporains des médias à la Sorbonne Nouvelle en Master 2 de journalisme…</strong></div>
<div class="yiv6164516463elementToProof">C&rsquo;est le plus grand clin d&rsquo;œil du destin ! <em>(rires</em>) Je crois que j&rsquo;enseigne justement parce que j&rsquo;ai détesté apprendre de manière rigide. J&rsquo;ai commencé à enseigner en 2013 et depuis j&rsquo;ai toujours eu en tête une même promesse : que mes étudiants ne s&rsquo;ennuient jamais.</div>
<div class="yiv6164516463elementToProof">À la Sorbonne, je les accompagne pour s&rsquo;interroger, sortir des sentiers battus, être critiques, pas à apprendre par cœur ou réciter. À questionner le monde, pas à l&rsquo;imiter. Mes étudiants de Master 2 ne sont pas là pour ingurgiter des théories déconnectées, mais pour comprendre les transformations profondes des médias à l&rsquo;ère numérique, les enjeux éthiques, les mutations du métier. On fait beaucoup d&rsquo;ateliers pratiques, on bouge, je les invite à sortir de la classe, à aller expérimenter en s&rsquo;amusant. Ils sont autonomes et responsables, et je tente de leur transmettre un peu de mon expérience, mais en vrai, c&rsquo;est eux qui font le plus gros du boulot, et croyez-moi, ils sont impressionnants !</div>
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<div><img decoding="async" class="size-full wp-image-10155 aligncenter" src="https://xn--mditerranennes-bkbi.com/wp-content/uploads/2025/11/b5bc4ef7-b848-486f-b8c3-49b200db4519-e1763574501144.jpg" alt="" width="525" height="700" /></div>
<div id="yiv6164516463">
<div dir="ltr">
<div>                                        <em><strong>      La Sorbonne où elle enseigne en Master 2 de journalisme…</strong></em></div>
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<div class="yiv6164516463elementToProof"><strong>Et puis voilà que, la trentaine entamée, vous décidez de vous lancer dans un lourd projet dont l&rsquo;ambition est de proposer la mise en place d&rsquo;un nouveau système éducatif. Un concept innovant : la plateforme Acropolia Academy. Vous pouvez expliquer à nos lecteurs son principe d&rsquo;apprentissage immersif ?</strong></div>
<div class="yiv6164516463elementToProof">Acropolia Academy, c&rsquo;est ma réponse à l&rsquo;enfant que j&rsquo;étais. C&rsquo;est une plateforme éducative qui propose des parcours d&rsquo;apprentissage pertinents et utiles. On y apprend ce qu&rsquo;on n&rsquo;a pas eu la chance d&rsquo;apprendre à l&rsquo;école classique justement : de comment développer sa créativité à remplir sa fiche d&rsquo;impôts, en passant par le développement d&rsquo;un projet entrepreneurial. On y apprend avec des vidéos micro-learning — que nous appelons CODEX &#8211; des capsules de 10 vidéos, chacune de 10 minutes maximum —, mais aussi des formations plus longues, de la réflexion guidée, et bientôt la mise en place de notre IA : <strong>Platon.ia,</strong> qui accompagnera chaque apprenant de manière individualisée, un peu comme un coach d&rsquo;apprentissage.</div>
<div></div>
<div class="yiv6164516463elementToProof">Mais Acropolia, ce n&rsquo;est pas seulement des formations en ligne. C&rsquo;est toute une philosophie : celle de <strong>« construire la cité de soi, des autres et du monde <b>».</b></strong> L&rsquo;idée, c&rsquo;est d&rsquo;en finir avec la rigidité liée à l&rsquo;apprentissage, de redonner au savoir sa dimension vivante et joyeuse. Chaque apprenant devient acteur de son parcours, et non simple spectateur. Nous avons aussi une communauté de plus de 100 formateurs experts qui incarnent cette approche holistique de l&rsquo;éducation et de la formation.</div>
</div>
</div>
<div id="yiv6164516463">
<div dir="ltr">
<h3 class="yiv6164516463elementToProof"> « L&rsquo;entreprenariat est un chemin tortueux <em>»</em></h3>
<div class="yiv6164516463elementToProof"><strong> À quel(s) public(s) s&rsquo;adresse-t-elle en priorité ?</strong></div>
<div class="yiv6164516463elementToProof">À tous ceux qui ont soif de sens. Aussi bien les étudiants, les enseignants, les parents, les salariés en reconversion professionnelle, les retraités… Bref, toute personne qui a envie de mieux se connaître, se comprendre et grandir. Acropolia, ce n&rsquo;est pas seulement une école — c&rsquo;est une cité de la connaissance vivante. On y apprend à apprendre, mais aussi à se connaître, à collaborer, à rêver.</div>
<div class="yiv6164516463elementToProof">Nous accompagnons aussi les entreprises qui veulent former leurs salariés à faire évoluer leurs compétences de manière innovante. Nous avons vraiment développé tout un écosystème afin que tout le monde y trouve son compte. Nous avons fait beaucoup de R&amp;D pour y arriver, ce qui nous a d&rsquo;ailleurs permis d&rsquo;obtenir le statut<strong> JEI</strong> — Jeune Entreprise Innovante — et la certification <strong>Qualiop</strong>i, ce qui témoigne de la qualité et de la reconnaissance institutionnelle de notre approche.</div>
<div></div>
<div class="yiv6164516463elementToProof"><strong>C&rsquo;est en Tunisie, je crois, que vous est venue l&rsquo;idée de proposer cette alternative révolutionnaire à l&rsquo;éducation classique que nous connaissons depuis plus d&rsquo;un siècle ?</strong></div>
<div class="yiv6164516463elementToProof">Oui. J&rsquo;étais en Tunisie à cette époque où j&rsquo;avais démarré ma première expérience entrepreneuriale : je gérais avec mes associés une boîte de tech où on avait une cinquantaine de développeurs. Et mon constat était sans appel : même si ces personnes ont des compétences techniques avérées, il y a un vrai manque dans tout ce qu&rsquo;on appelle<strong> softskills</strong>. J&rsquo;ai donc eu envie de travailler cet aspect…</div>
<div></div>
<div class="yiv6164516463elementToProof"><strong>Au départ, avec quel entourage personnel ou professionnel avez-vous partagé cette idée originale et quel accueil avez-vous reçu ?</strong></div>
<div class="yiv6164516463elementToProof">J&rsquo;en ai parlé d&rsquo;abord à mon mentor et associé, <strong>Mehdi</strong>, qui a un doctorat en intelligence artificielle et qui est lui-même entrepreneur. Il a cru tout de suite au projet — et il m&rsquo;a surtout dit : <strong>«</strong> <em>On va le construire.<b>»</b></em> Son expertise et son soutien ont été déterminants. Il a été le premier à croire en moi, à me suivre, et a été d&rsquo;un énorme soutien jusqu&rsquo;à aujourd&rsquo;hui. Il a permis de matérialiser un simple projet en une réalité puissante.</div>
<div></div>
<div class="yiv6164516463elementToProof">Mes amis aussi ont été là. Ils ont toujours pensé que je réussirais, et même quand ils ne comprenaient pas tout ce que je faisais (allez expliquer la création de tout un écosystème ! C&rsquo;est dur !), ils m&rsquo;ont toujours encouragée à poursuivre. Puis j&rsquo;ai eu ma première salariée, <strong>Mey</strong>, une de mes anciennes étudiantes, brillante, qui me suit depuis mes débuts, même quand tout semble difficile (l&rsquo;entrepreneuriat c&rsquo;est un chemin tortueux). Ensuite j&rsquo;ai rencontré Aude, experte en RH et formation venue de Disney, puis JD, expert en marketing et acquisition digitale — deux autres associés qui ont aussi cru en moi et grâce à qui aujourd&rsquo;hui, on est une équipe de choc</div>
<div></div>
<div class="yiv6164516463elementToProof">Puis j&rsquo;ai commencé à constituer une communauté de formateurs et d&rsquo;experts qui partageaient cette même vision. Les débuts ont été fous : beaucoup de travail, peu de sommeil, mais une foi inébranlable. L&rsquo;accueil a été très positif, surtout parce que tout le monde sent que le système actuel est à bout de souffle.</div>
<div>
<figure id="attachment_10140" aria-describedby="caption-attachment-10140" style="width: 800px" class="wp-caption aligncenter"><img decoding="async" class="size-full wp-image-10140" src="https://xn--mditerranennes-bkbi.com/wp-content/uploads/2025/11/1759237728440-1.jpg" alt="" width="800" height="800" srcset="https://xn--mditerranennes-bkbi.com/wp-content/uploads/2025/11/1759237728440-1.jpg 800w, https://xn--mditerranennes-bkbi.com/wp-content/uploads/2025/11/1759237728440-1-300x300.jpg 300w, https://xn--mditerranennes-bkbi.com/wp-content/uploads/2025/11/1759237728440-1-150x150.jpg 150w, https://xn--mditerranennes-bkbi.com/wp-content/uploads/2025/11/1759237728440-1-768x768.jpg 768w" sizes="(max-width: 800px) 100vw, 800px" /><figcaption id="caption-attachment-10140" class="wp-caption-text"><em><strong>Acropolia Academy (le logo officiel)</strong></em></figcaption></figure>
</div>
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<div class="yiv6164516463elementToProof"><strong>On suppose que vous avez approché des institutions traditionnelles, lesquelles sont en général frileuses face à ce type de changement ?</strong></div>
<div class="yiv6164516463elementToProof">Oui, certaines institutions sont prudentes, et c&rsquo;est normal. Le changement fait peur, surtout dans l&rsquo;éducation où les enjeux sont si importants. Mais plutôt que de me heurter à ces résistances, j&rsquo;ai choisi de prouver par l&rsquo;exemple. Obtenir le statut JEI et la certification Qualiopi nous a donné une légitimité institutionnelle. Et nos partenariats avec de grands groupes démontrent que notre approche fonctionne. C&rsquo;est comme ça qu<strong>&lsquo;Acropolia</strong> a commencé à collaborer avec ces entreprises. L&rsquo;éducation est un sujet universel. Quand elle devient une aventure collective, les portes s&rsquo;ouvrent. Le changement se fait progressivement, par la démonstration plus que par la confrontation.</div>
<div></div>
<div class="yiv6164516463elementToProof"><strong style="font-size: 16px;">Après un peu moins de quatre ans d&rsquo;existence, quel bilan tirez-vous et comment mesurer son efficacité auprès du public ? Ou bien est-ce un peu tôt ?</strong></div>
</div>
</div>
<div id="yiv6164516463">
<div dir="ltr">
<div class="yiv6164516463elementToProof">Je dirais que c&rsquo;est un bilan plein de promesses. Nous avons construit par nous-mêmes une plateforme solide, nous travaillons avec des clients prestigieux et une communauté d&rsquo;experts engagés. On communique très peu mais ça va changer en 2026. C&rsquo;était un choix de ma part : je préfère travailler de manière à construire de solides fondations puis ensuite mettre la lumière sur ce qu&rsquo;on a fait. Jusqu&rsquo;à présent on a surtout formé avec les entreprises, mais à partir du début 2026, on s&rsquo;ouvrira davantage au grand public et j&rsquo;espère bien que vous entendrez parler de nous.</div>
<div class="yiv6164516463elementToProof">Mais ce que je peux dire c&rsquo;est que je vois clairement un mouvement naître : celui de personnes qui veulent transmettre mais aussi apprendre autrement, avec plaisir et conscience. Alors oui, c&rsquo;est encore jeune, mais le cap est clair. Acropolia c&rsquo;est une course de fond.</div>
</div>
<div>
<h3 class="yiv6164516463elementToProof"><span style="text-align: center;">« Dans Acropolia l&rsquo;IA est une brique d&rsquo;accompagnement, pas une poutre </span><em style="text-align: center;">»</em></h3>
</div>
<div dir="ltr">
<div class="yiv6164516463elementToProof"><strong>Quelle place occupe l&rsquo;intelligence artificielle dans la plateforme Acropolia Academy ?</strong></div>
<div class="yiv6164516463elementToProof">Alors l&rsquo;<strong>IA</strong> est une brique d&rsquo;accompagnement au sein d&rsquo;Acropolia, pas une poutre. On l&rsquo;imagine au service de l&rsquo;apprenant sous forme d&rsquo;assistant capable d&rsquo;accompagner la personnalisation du parcours. En gros, dans notre prochaine version de la plateforme d&rsquo;Acropolia, vous arrivez sur la plateforme, vous faites un test de personnalité qui permet d&rsquo;identifier vos préférences d&rsquo;apprentissage, puis vous intégrez une maison (un peu à la Poudlard). Vous vivez une vraie expérience individualisée.</div>
<div></div>
<div><strong style="font-size: 16px;">Êtes-vous, comme une partie des élites, une partisane inconditionnelle de cette technologie ou bien gardez-vous un esprit critique et une forme de prudence sur les excès qu&rsquo;elle peut provoquer dans nos sociétés du 21e siècle ?</strong></div>
<div class="yiv6164516463elementToProof"><span style="font-size: 16px;">Je suis une partisane lucide. Mon background en journalisme m&rsquo;a appris à garder un esprit critique. L&rsquo;intelligence artificielle est un outil fabuleux qui fait gagner du temps sur de nombreuses tâches, mais est clairement dangereux si elle se coupe du sens. L&rsquo;IA peut servir l&rsquo;humain ou l&rsquo;asservir. Tout dépend de l&rsquo;intention et de l&rsquo;éthique avec lesquelles on l&rsquo;utilise.</span></div>
</div>
</div>
<div id="yiv6164516463">
<div dir="ltr">
<div></div>
<div class="yiv6164516463elementToProof">Si on garde l&rsquo;humain au centre, l&rsquo;IA peut nous faire grandir. Mais si on la laisse diriger nos émotions, nos choix ou nos valeurs, avoir une quelconque influence sur nous, comme c&rsquo;est déjà le cas auprès de certaines personnes, alors oui, ce sera un désastre. Je reste vigilante face aux dérives possibles : la surveillance, la déshumanisation, la standardisation. Chez <strong>Acropolia, n</strong>ous avons bien évidemment fait le choix d&rsquo;une IA qui accompagne, pas qui remplace.</div>
</div>
<div>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="size-full wp-image-10133" src="https://xn--mditerranennes-bkbi.com/wp-content/uploads/2025/11/ESMA-PHOTO-2025-11-19-14-38-251-e1763574955729.jpg" alt="" width="800" height="586" /></p>
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<div dir="ltr">
<div>              <em><strong>Une dirigeante d&rsquo;entreprise à l&rsquo;écoute et qui sait s&rsquo;entourer </strong></em></div>
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<div class="yiv6164516463elementToProof"><strong>J&rsquo;aimerais maintenant faire découvrir à ceux qui ne vous connaissent pas encore la femme que vous êtes. Si je dis que votre caractère le plus visible et appréciable, c&rsquo;est un comportement toujours chaleureux, une vraie bonhomie et une capacité d&rsquo;écoute formidable. Suis-je dans le vrai ?</strong></div>
<div class="yiv6164516463elementToProof">J&rsquo;espère que oui ! Merci de me voir comme ça. Je pense qu&rsquo;effectivement je suis plutôt le genre de personne à paraître « sympa » au premier abord. J&rsquo;essaie toujours d&rsquo;être ouverte, de bien accueillir mon prochain, j&rsquo;aime qu&rsquo;on se sente à l&rsquo;aise avec moi. Et pour l&rsquo;écoute, je dois l&rsquo;avouer, c&rsquo;est peut-être ma plus grande qualité. Je passe beaucoup de temps à écouter les autres en essayant de me connecter à eux. D&rsquo;écouter le visible mais aussi l&rsquo;invisible dans les mots et dans les silences. Et enfin, j&rsquo;aime rire. Le médicament du monde !</div>
<h3 class="yiv6164516463elementToProof"><span style="text-align: center;">« Pour se comprendre, il faut comprendre l&rsquo;autre </span><em style="text-align: center;">»</em></h3>
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<div dir="ltr">
<div class="yiv6164516463elementToProof"><strong> Où puisez-vous cette empathie et cette ouverture d&rsquo;esprit ? Un héritage familial ?</strong></div>
<div class="yiv6164516463elementToProof">Héritage familial et culturel je dirais. Je viens d&rsquo;une famille méditerranéenne où l&rsquo;on parle fort, où les émotions débordent, où tout est excessif, la colère comme la joie. La chaleur et l&rsquo;ouverture, je les ai héritées de mes racines, de cette culture où l&rsquo;on accueille, où l&rsquo;on partage, où l&rsquo;on prend le temps d&rsquo;être avec l&rsquo;autre. Quand on a une double culture, on apprend très tôt à naviguer entre différents mondes, à comprendre plusieurs perspectives.</div>
<div></div>
<div class="yiv6164516463elementToProof">L&#8217;empathie, je l&rsquo;ai développée au fil des années. Déjà à la lumière de ce que je vivais dans ma propre vie, j&rsquo;ai appris à avoir de l&#8217;empathie pour moi-même. Mais aussi et surtout en écoutant les autres humains. J&rsquo;ai rencontré énormément de gens touchants, bouleversants, des gens différents de moi, différents de ma culture, de mes croyances. Et mon constat est sans équivoque : pour se comprendre, il faut comprendre l&rsquo;autre. Il faut accueillir l&rsquo;autre dans sa singularité, chercher l&rsquo;unité derrière la diversité.</div>
<div></div>
<div class="yiv6164516463elementToProof"><strong> Vous avez toujours baigné dans une double atmosphère : la France où vous êtes née et la Tunisie, le pays d&rsquo;origine de vos parents, où vous avez beaucoup séjourné. En somme, vous êtes une Méditerranéenne authentique…</strong></div>
<div class="yiv6164516463elementToProof">Totalement. Je suis faite de deux mers, deux soleils, deux cultures. La France m&rsquo;a beaucoup donné. Déjà une langue que j&rsquo;adore. Un accès à une culture incroyable, une structure, une rigueur, de l&rsquo;exigence intellectuelle. La France c&rsquo;est un peu mon père. La Tunisie m&rsquo;a offert la chaleur, la foi, la beauté du désordre et la poésie du quotidien. Je me sens profondément méditerranéenne : ancrée dans le réel, mais toujours tournée vers la lumière. Cette mer intérieure a toujours été un pont entre les civilisations, un espace de dialogue et d&rsquo;échanges. Je porte en moi cette richesse du métissage. C&rsquo;est une identité mouvante, mais apaisée.</div>
</div>
<div dir="ltr">
<h3 class="yiv6164516463elementToProof"><strong>« La maternité m&rsquo;a réconciliée avec la vulnérabilité </strong></h3>
<div class="yiv6164516463elementToProof"><strong> Il y a quelques jours, vous me disiez, en off, qu&rsquo;actuellement vous sentez un besoin pressant de mener une vie certes active et créative, mais dans le calme et la sérénité et si possible avec une part de lumière en prime.</strong></div>
<div class="yiv6164516463elementToProof">C&rsquo;est exactement ça. Je crois qu&rsquo;après des années à courir, à créer, à construire à Paris, j&rsquo;ai envie de douceur. La lumière, pour moi, ce n&rsquo;est pas un luxe : c&rsquo;est une nécessité. Je ne cherche pas la réussite extérieure, je cherche la clarté intérieure. J&rsquo;ai besoin d&rsquo;un espace où je peux respirer, travailler en paix, méditer, faire de longues balades, et être loin du bruit et de la pollution. Et puis surtout voir grandir mon fils et sentir que chaque jour a du sens. C&rsquo;est ce que nous appelons la « slow life ». Non pas ralentir par renoncement, mais choisir un rythme plus conscient, plus respectueux de notre humanité.</div>
<div>
<figure id="attachment_10129" aria-describedby="caption-attachment-10129" style="width: 645px" class="wp-caption aligncenter"><img loading="lazy" decoding="async" class="size-full wp-image-10129" src="https://xn--mditerranennes-bkbi.com/wp-content/uploads/2025/11/80c95a5f314e300ed609f5bc054f842b_750x400.jpg" alt="" width="645" height="400" srcset="https://xn--mditerranennes-bkbi.com/wp-content/uploads/2025/11/80c95a5f314e300ed609f5bc054f842b_750x400.jpg 645w, https://xn--mditerranennes-bkbi.com/wp-content/uploads/2025/11/80c95a5f314e300ed609f5bc054f842b_750x400-300x186.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 645px) 100vw, 645px" /><figcaption id="caption-attachment-10129" class="wp-caption-text"><em><strong>Esma a une tendresse particulière pour le bleu de la Méditerranée et la blancheur des cités tunisiennes. Couleurs inspirantes du pays de ses origines ( photo DR)</strong></em></figcaption></figure>
</div>
<div></div>
<div class="yiv6164516463elementToProof"><strong>Est-ce un appel de la Grande Bleue pour la Méditerranéenne que vous êtes ?</strong></div>
<div class="yiv6164516463elementToProof">(<em>Rires)</em> Oh que oui. Je crois que la mer et la nature d&rsquo;une manière générale m&rsquo;appellent toujours. La lumière méditerranéenne nourrit l&rsquo;âme, à cette proximité avec la nature, à ce rythme plus humain. Et je sens déjà que ce changement sera fondateur : un retour à la simplicité, à l&rsquo;essentiel, à la beauté nue des choses. J&rsquo;aime vivre entre tradition et modernité, entre spiritualité et créativité. Et justement, pour développer ma créativité et continuer ce projet que je porte, j&rsquo;ai besoin d&rsquo;un environnement qui inspire la sagesse. Donc en ce moment, je prépare mes valises.</div>
<div></div>
<div class="yiv6164516463elementToProof"><strong>La naissance de votre premier enfant, il y a moins de deux ans, est-elle pour quelque chose dans cette envie ?</strong></div>
<div class="yiv6164516463elementToProof">Oui, énormément. La naissance de mon fils a tout changé. Il m&rsquo;a reconnectée à l&rsquo;amour pur, celui qui ne demande rien. Quand je le regarde, je me dis :«<em>C&rsquo;est pour lui que je veux un monde meilleur</em>.<em style="text-align: center;">» </em>Et c&rsquo;est aussi pour lui que j&rsquo;ai envie de ralentir, d&rsquo;être là, vraiment là. Je veux qu&rsquo;il grandisse entouré de nature, dans un environnement où l&rsquo;on prend le temps de vivre, où les relations humaines sont authentiques. Je veux lui transmettre cette sagesse méditerranéenne, cette ouverture au monde, mais aussi lui offrir la stabilité et la sérénité d&rsquo;un ancrage profond. La maternité m&rsquo;a réconciliée avec la vulnérabilité. Elle m&rsquo;a appris la patience et la gratitude. Il grandit tellement vite, et chaque jour avec lui me confirme que je fais le bon choix.</div>
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</div>
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<div id="yiv6164516463">
<div dir="ltr">
<h3 class="yiv6164516463elementToProof">«J&rsquo;apprécie beaucoup le courage d&rsquo;être soi-même <em>»</em></h3>
<div class="yiv6164516463elementToProof"><strong>Vous-même, quel enfant, fille, sœur étiez-vous ?</strong></div>
<div class="yiv6164516463elementToProof">Quand je pose la question aux membres de ma famille, de comment ils me perçoivent, les réponses me touchent et me font rire. Il faut savoir que j&rsquo;ai 5 frères et sœurs. Une famille nombreuse, et nous sommes tous très proches même si on se voit peu. On s&rsquo;aime énormément. Certains d&rsquo;entre eux vous diront que j&rsquo;étais gentille, attentionnée, que je débordais d&rsquo;imagination et que je leur proposais de nombreuses activités. Ils disent tous de moi que j&rsquo;étais une enfant têtue et ça me fait beaucoup rire. Je dirais que j&rsquo;étais plutôt déterminée ! J&rsquo;étais une enfant chaleureuse, affectueuse et espiègle selon ma mère. Une artiste selon d&rsquo;autres.Pour ma part, je dirais que j&rsquo;étais très sensible et très ouverte au monde. Pleine d&rsquo;idées et d&rsquo;optimisme.</div>
<div></div>
<div class="yiv6164516463elementToProof"><strong>Quelles sont les qualités que vous appréciez chez les autres et les défauts qui peuvent vous être insupportables ?</strong></div>
<div class="yiv6164516463elementToProof">J&rsquo;aime les gens profondément gentils et généreux. Pour moi ce sont les qualités qui ont le plus de valeur. Quand on donne sans compter, qu&rsquo;on aide, qu&rsquo;on ne juge pas.J&rsquo;apprécie aussi beaucoup le courage d&rsquo;être soi-même dans un monde qui veut souvent uniformiser les gens.Je déteste les gens qui disent « j&rsquo;ai trop de caractère » pour justifier leurs actes et leurs méchancetés. Je n&rsquo;aime pas non plus les gens qui dénigrent les autres, qui jugent, qui se croient supérieurs. J&rsquo;ai en horreur les gens menteurs et ceux incapables de rire d&rsquo;eux-mêmes. La mesquinerie, la mauvaise foi. Ça fait beaucoup non ?</div>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="size-full wp-image-10162 aligncenter" src="https://xn--mditerranennes-bkbi.com/wp-content/uploads/2025/11/1c442147-919b-446c-84dc-c8ba9553affb-e1763582856823.jpg" alt="" width="656" height="1166" /></p>
<div></div>
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<div class="yiv6164516463elementToProof"><strong>Vous êtes une passionnée de théâtre, vous avez une belle plume et vous aimez écrire des nouvelles, que j&rsquo;ai eu l&rsquo;honneur de lire et d&rsquo;apprécier. Avez-vous des projets à venir en littérature ?</strong></div>
<div class="yiv6164516463elementToProof">Merci pour ces mots qui me touchent beaucoup. Oui j&rsquo;adore le théâtre ! J&rsquo;en fais d&rsquo;ailleurs en amateur. L&rsquo;an dernier j&rsquo;ai joué dans une adaptation moderne des <em><strong>Femmes Savantes</strong></em> de <strong>Molière,</strong> j&rsquo;ai pris tellement de plaisir à me délecter des répliques en alexandrins. La compagnie à laquelle j&rsquo;appartiens, la<strong> Jayann&rsquo;act</strong>, m&rsquo;a beaucoup apporté humainement et personnellement (<em>c&rsquo;est une compagnie de théâtre solidaire, menée par</em> <strong>Anne-Laure Teboul</strong>,<em> une brillante metteuse en scène, comédienne et auteure</em>).</div>
<div class="yiv6164516463elementToProof">Pour l&rsquo;écriture, j&rsquo;écris depuis toujours, c&rsquo;est mon refuge. L&rsquo;écriture reste une passion qui me nourrit, un espace d&rsquo;exploration intime. Le problème, c&rsquo;est que je n&rsquo;écris que des débuts d&rsquo;histoire ou de courtes nouvelles. Je crois que j&rsquo;ai de quoi constituer un livre entier que de débuts ! Mon écriture manque encore de maturité, de discipline et de souffle sur la durée. J&rsquo;écris surtout quand ça déborde d&rsquo;émotions chez moi. Je ne sais pas si un jour je sortirai quelque chose, ça serait une très belle réalisation. Comme j&rsquo;aurai bien plus de temps pour moi les prochains mois, je me dis que ça serait peut-être le bon moment d&rsquo;être plus sérieuse sur le sujet.</div>
<div></div>
<div class="yiv6164516463elementToProof"><strong>Quelle place occupe la (les) musique(s) dans votre vie ?</strong></div>
<div class="yiv6164516463elementToProof">Immense ! Je vis en musique. Il y a toujours un fond sonore chez moi. Je fais énormément de concerts (c&rsquo;est d&rsquo;ailleurs ma sortie préférée avec un bon resto). J&rsquo;adore la vibration ressentie dans une salle de concert. La joie partagée. J&rsquo;ai vu énormément d&rsquo;artistes que j&rsquo;admire. J&rsquo;ai des goûts très éclectiques qui reflètent ma diversité intérieure je pense.</div>
<div></div>
<div class="yiv6164516463elementToProof"><strong>Qu&rsquo;écoute Esma quand elle est triste et quand elle est dans la joie ?</strong></div>
<div class="yiv6164516463elementToProof">Quand je suis triste : <strong>Léo Ferré</strong> et <strong>Brel</strong> (<em>je suis rarement triste, je dirais plutôt quand je suis mélancolique</em>).</div>
<div class="yiv6164516463elementToProof">Quand je suis heureuse : oula ! Ça passe de<strong> Dalida</strong>, à <strong>Michael Jackson</strong>, à du <strong>Rock,</strong> en traversant la musique orientale. Tout ce qui peut me faire danser et me donne envie de célébrer la vie !</div>
<div></div>
<div class="yiv6164516463elementToProof"><strong>Et le sport dans tout ça. Quelle place occupe-t-il (ou pas) dans votre vie ?</strong></div>
<div class="yiv6164516463elementToProof">Il occupe enfin une vraie place ! J&rsquo;ai longtemps boudé le sport en salle (même si je bouge beaucoup, je danse, je fais énormément de randonnées) jusqu&rsquo;à trouver le coach parisien qui m&rsquo;a fait changer d&rsquo;avis. J&rsquo;essaie d&rsquo;y aller régulièrement, pas pour la performance, mais pour l&rsquo;énergie que ça libère. Bouger, c&rsquo;est une manière de revenir dans le corps surtout quand on vit beaucoup dans sa tête. Je pense qu&rsquo;on devrait tous faire une activité physique afin de maintenir une belle énergie nécessaire à nos projets de vie.</div>
<div></div>
<div class="yiv6164516463elementToProof"><strong> Pour finir, que peut-on vous souhaiter de meilleur à quelques semaines du début d&rsquo;une nouvelle année ?</strong></div>
<div class="yiv6164516463elementToProof">De la paix, surtout de la santé, et de passer un maximum de temps avec ceux que j&rsquo;aime. Me souhaiter aussi une lumière douce sur tout ce que j&rsquo;entreprends. Que <strong>Acropolia</strong> continue à grandir et à toucher de plus en plus de vies. Et puis de continuer à créer, à aimer, à rire, à croire en la beauté du monde. Que je continue à cultiver cette capacité d&rsquo;émerveillement qui fait de chaque jour une opportunité d&rsquo;apprendre et de créer. J&rsquo;ai beaucoup de souhaits !</div>
<div></div>
</div>
<div><strong>@Propos  recueillis par Fayçal CHHAT</strong></div>
<div dir="ltr">
<hr />
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<div class="yiv6164516463elementToProof"><strong>LES PRÉFÉRENCES D&rsquo;ESMA</strong></div>
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<div class="yiv6164516463elementToProof"><strong>Votre livre</strong> : <i>L&rsquo;élégance du hérisson</i></div>
<div class="yiv6164516463elementToProof"><strong>Votre film</strong> : <i>Jeux d&rsquo;enfants</i></div>
<div class="yiv6164516463elementToProof"><strong>Votre série</strong> : <i>Killing Eve</i></div>
<div class="yiv6164516463elementToProof"><strong>Votre chanson</strong> : <i>Laissez-moi danser</i> de Dalida</div>
<div class="yiv6164516463elementToProof"><strong>Votre ville</strong> : Londres</div>
<div class="yiv6164516463elementToProof"><strong>Votre peintre</strong> : Dalí</div>
<div class="yiv6164516463elementToProof"><strong>Votre acteur</strong> : Tom Hanks</div>
<div class="yiv6164516463elementToProof"><strong>Votre actrice</strong> : Marion Cotillard</div>
<div class="yiv6164516463elementToProof"><strong>Votre parfum</strong> : Ambre Sultan, Serge Lutens</div>
<div class="yiv6164516463elementToProof"><strong>Votre sport</strong> : Danser</div>
<div class="yiv6164516463elementToProof"><strong>Votre talent caché</strong> : Convaincre</div>
<div class="yiv6164516463elementToProof"><strong>Votre voyage inoubliable</strong> : Je sens que c&rsquo;est celui que je m&rsquo;apprête à faire dans quelques jours, un voyage sur les pas de Rûmi, d&rsquo;Istanbul à Konya.</div>
</div>
</div>
<p>L’article <a href="https://xn--mditerranennes-bkbi.com/esma-ben-said-acropolia-pour-une-revolutionde-lapprentissage/">Esma Ben Said:Acropolia,pour une «révolution» de l&rsquo;apprentissage</a> est apparu en premier sur <a href="https://xn--mditerranennes-bkbi.com">Méditerranéennes Magazine</a>.</p>
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			</item>
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		<title>Meriem Chabani:l&#8217;architecte qui«met la marge au centre»</title>
		<link>https://xn--mditerranennes-bkbi.com/meriem-chabanilarchitecte-quimet-la-marge-au-centre/</link>
					<comments>https://xn--mditerranennes-bkbi.com/meriem-chabanilarchitecte-quimet-la-marge-au-centre/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[Fayçal Chehat]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 12 Nov 2025 14:41:53 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[GRAND ANGLE]]></category>
		<category><![CDATA[PAROLES, PAROLES …]]></category>
		<category><![CDATA[agence New South]]></category>
		<category><![CDATA[Algérie]]></category>
		<category><![CDATA[Architecte]]></category>
		<category><![CDATA[Le Corbusier]]></category>
		<category><![CDATA[Méditerranéennes Magazine]]></category>
		<category><![CDATA[Meriem Chabani]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Récemment nommée Design critic en architecture à l’université de Boston, Meriem Chabani est une architecte-urbaniste  algérienne qui commence à se faire un nom dans l’univers architectural. Pour Dzairworld, la co-fondatrice de l’agence New South nous explique l’approche originale et internationaliste qu’elle a de son métier. Nous rappelons à nos lecteurs  que c&#8217;est dans  le cadre de notre partenariat [&#8230;]</p>
<p>L’article <a href="https://xn--mditerranennes-bkbi.com/meriem-chabanilarchitecte-quimet-la-marge-au-centre/">Meriem Chabani:l&rsquo;architecte qui«met la marge au centre»</a> est apparu en premier sur <a href="https://xn--mditerranennes-bkbi.com">Méditerranéennes Magazine</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Récemment nommée <strong>Design critic e</strong>n architecture à l’université de Boston, <strong>Meriem Chabani</strong> est une architecte-urbaniste  algérienne qui commence à se faire un nom dans l’univers architectural. Pour<strong> Dzairworld</strong>, la co-fondatrice de l’agence <strong>New South n</strong>ous explique l’approche originale et internationaliste qu’elle a de son métier.</p>
<p><strong>Nous rappelons à nos lecteurs </strong> que c&rsquo;est dans  le cadre de notre partenariat entamé en mars 2023, que nous partageons dans les colonnes de <strong>Méditerranéennes Magazine</strong>  cet entretien réalisé par <strong>Nasser Mabrouk</strong> pour son son magazine digital  <strong>dzairworld.com</strong> consacré à l’actualité de l’Algérie.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Qu’est ce qui vous a poussé à vous tourner vers l’Architecture et le Design ?</strong></p>
<p><strong>Meriem Chabani </strong>: Mes parents sont venus en France en 1992, puis sont repartis en Algérie en 2012. On a toujours grandi avec l’idée de faire des études en France, de prendre la science et de revenir en Algérie pour construire au sens très large, d’être productif au service du collectif.</p>
<p><strong>Cette forme de déracinement vous a-t-elle amenée à vouloir construire des choses solides ?</strong></p>
<p>Certainement. Cela dit, c’était un peu particulier car jusqu’à mes 18 ans, on passait chaque année toutes les vacances scolaires au pays. J’ai l’impression d’avoir grandi avec un attachement très fort à ma famille là bas, et à la maison dans laquelle on a grandi en banlieue parisienne. Moins qu’un déracinement, c’est plus le fait d’être écartelée entre deux rives. On cherche à stabiliser quelque chose entre les deux.</p>
<p>&nbsp;</p>
<figure id="attachment_10109" aria-describedby="caption-attachment-10109" style="width: 650px" class="wp-caption aligncenter"><img loading="lazy" decoding="async" class="size-full wp-image-10109" src="https://xn--mditerranennes-bkbi.com/wp-content/uploads/2025/11/Portrait-MC_0.jpg" alt="" width="650" height="397" srcset="https://xn--mditerranennes-bkbi.com/wp-content/uploads/2025/11/Portrait-MC_0.jpg 650w, https://xn--mditerranennes-bkbi.com/wp-content/uploads/2025/11/Portrait-MC_0-300x183.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 650px) 100vw, 650px" /><figcaption id="caption-attachment-10109" class="wp-caption-text"><em><strong>Meriem Chabani ( crédit photo Meriem Chabani)</strong></em></figcaption></figure>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>En 2015 vous créez, avec John Edom, New South. Pouvez vous nous en dire davantage sur cette structure ?</strong></p>
<p>Cela a commencé, en 2015, par une association issue d’un collectif. C’est ensuite devenu une agence – en 2020 – avec une équipe resserrée. Aujourd’hui, je suis associée avec <em>John Edom</em> qui a été anthropologue avant d’être architecte. On travaille à partir du processus de co-conception. C’est une façon, selon John, d’écouter les silences et de faire émerger des récits qui sont invisibles.</p>
<h3 style="text-align: center;"> « Notre volonté de travailler sur la question du Sud « </h3>
<p><strong>Que symbolise le nom de votre agence ?</strong></p>
<p>C’est initialement la volonté de travailler sur la question du Sud. L’idée était d’aborder cela comme une condition issue d’une dynamique de pouvoir et non comme une géographie. Le Sud est par essence une fabrication. Cela nous renvoie à une dynamique entre une position dominante, le Nord – l’exploitation des ressources -, et le Sud qui est le site de l’extraction des ressources humaines, physiques et planétaires. Aujourd’hui, on est dans un monde qui fait face à une crise climatique qui est aussi le résultat de cette dynamique de domination qui s’exerce sur les territoires. L’architecture joue un rôle qui peut être coupable et complice. On se met au service d’un pouvoir qui est en place, d’un client, d’un capital. C’est alors important de comprendre notre rôle dans le renforcement de ces dynamiques. Si on en a conscience, on peut naviguer pour essayer de s’y opposer ou pour faire les choses autrement.</p>
<p><iframe loading="lazy" title="Meriem Chabani, architecte et engagée" width="1200" height="675" src="https://www.youtube.com/embed/k8A5ZjaymZE?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe></p>
<p><strong>Comment définiriez vous la philosophie de Newsouth ?</strong></p>
<p>On emprunte les mots de l’Afro-féministe <strong>Bell Hooks</strong> pour définir notre positionnement. On cherche à mettre « la marge au centre » en repositionnant le Sud comme une centralité, comme le lieu de fabrication de la valeur, comme un horizon et une perspective d’avenir. C’est un mode de survie face à des dynamiques de pouvoir extrêmement défavorables.On peut être dans un rôle d’exécutant face à des maitres d’ouvrage qui vont avoir beaucoup de pouvoir. On a beaucoup de responsabilités mais des marges de manoeuvre de plus en plus réduites.Ce qui nous sauve aujourd’hui, c’est la règlementation, ce sont les plans locaux d’urbanisme, les chartes de qualité de certaines villes qui imposent un certain nombre de matériaux nobles en façade, des dimensions minimales pour les logements, où l’accès à des espaces communs. Si ces choses ne sont pas codifiées, c’est très difficile de négocier avec des maitrises d’ouvrage privées ou publiques.</p>
<h3 style="text-align: center;">« Chaque projet qu’on a obtenu, on est vraiment allés le chercher avec les dents. »</h3>
<p><strong>Qui sont ces marges dont vous parlez ?</strong></p>
<p>Ce sont des récits et des identités marginalisés telles que les enfants ou les adultes suivant leur genre, leur âge, leur capacité, leur appartenance raciale, religieuse, ethnique… Cet ensemble n’est jamais considéré comme la norme. Si on regarde ainsi le<em> Modulor</em> de<strong> Le Corbusier</strong>, c’est un homme standard qui fait 1m80 quand j’en fais 1m55. Il va utiliser ce Modulor pour tout dessiner : les hauteurs de la cuisine, du mobilier, des sièges… Cela crée des lieux qui représentent cette norme tout en excluant les autres corps. Mettre la marge au centre, c’est tuer ce Modulor.</p>
<p><iframe loading="lazy" title="A+ Session with Meriem Chabani" width="1200" height="675" src="https://www.youtube.com/embed/eTCD5h4CpO8?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe></p>
<p><strong>La marge est d’ailleurs plus nombreuse que le centre… </strong></p>
<p>Je ne sais plus qui disait qu’il fallait arrêter de parler « tiers monde » mais de dire : « monde majoritaire ». Cette idée recouvre une réalité qui fait que ces marges sont majoritaires. On habite dans un monde étriqué par une norme très restrictive qui ne tient pas compte de la majorité des habitants de la planète.</p>
<p><strong>C’est ce qui vous distingue de vos confrères parisiens ?</strong></p>
<p>La façon dont on exerce ce métier n’est pas limitée à la question de l’architecture en tant qu’objet – forme – mais plutôt comme une discipline qui permet de synthétiser des conditions qui sont sociale, économique, politique, anthropologique et spatiale. C’est cette interdisciplinarité qui nous définit et la façon dont on cherche à se situer en permanence en faisant valoir – quelle que soit la situation – des postures minoritaires. Par exemple, nous avons travaillé sur un centre culturel en <strong>Birmanie</strong> pour une maitrise d’ouvrage privée. Nous avons questionné la forme pour se servir de l’argent privé et faire de l’espace public. Il y a eu une négociation avec le client pour concevoir un escalier qui faisait le tour du bâtiment en desservant tous les espaces culturels. Notre position pirate a permis de gratter des éléments qui allaient être au bénéfice du client mais également d’une population plus large tout en rapportant plus d’argent. Nous sommes allés au delà de notre mission pour lui donner d’autres usages et pour que le client se rende compte que cela n’était pas une si mauvaise idée.</p>
<p>&nbsp;</p>
<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" class="wp-image-15562 td-animation-stack-type0-2" src="https://www.dzairworld.com/wp-content/uploads/2025/10/tdg-new-south-3-1035x-q85-1024x683.webp" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" srcset="https://www.dzairworld.com/wp-content/uploads/2025/10/tdg-new-south-3-1035x-q85-1024x683.webp 1024w, https://www.dzairworld.com/wp-content/uploads/2025/10/tdg-new-south-3-1035x-q85-300x200.webp 300w, https://www.dzairworld.com/wp-content/uploads/2025/10/tdg-new-south-3-1035x-q85-768x512.webp 768w, https://www.dzairworld.com/wp-content/uploads/2025/10/tdg-new-south-3-1035x-q85-630x420.webp 630w, https://www.dzairworld.com/wp-content/uploads/2025/10/tdg-new-south-3-1035x-q85-640x427.webp 640w, https://www.dzairworld.com/wp-content/uploads/2025/10/tdg-new-south-3-1035x-q85-681x454.webp 681w, https://www.dzairworld.com/wp-content/uploads/2025/10/tdg-new-south-3-1035x-q85.webp 1035w" alt="" width="1024" height="683" /><figcaption>©crédit photo/ cabinet d&rsquo;architecture  &#8211; New South</figcaption></figure>
<p><strong>Il y a une forme de militantisme qui vous anime, non?</strong></p>
<p>Tout forme d’action nous oblige à faire des compromis. On est une entreprise. C’est davantage la question de la ligne rouge à ne pas franchir. Si on fait du logement, on veut que cela soit de bonne qualité. Comme il y a moins d’argent, on réduit la qualité. La question, c’est à quel moment doit-on dire : « stop ». On essaie d’être vigilants à s’engager sur des projets qui nous permettent de maintenir ce fil éthique. Face à des réalités complexes, on passe d’une jambe à l’autre comme en boxe.</p>
<h3 style="text-align: center;">« Faire évoluer les choses de manière intelligente et d’éviter la <em><strong>tabula rasa.</strong></em>« </h3>
<p><strong>Sur quels types de projets vous positionnez vous ?</strong></p>
<p>On aune position un peu atypique. Une agence d’architecture, c’est un projet. Si cela marche, on nous donne un autre projet similaire. On se spécialise finalement avec un certain type de programme.</p>
<p><strong>C’est le microcosme français que Vous décrivez là ?</strong></p>
<p>Oui, on est dans des boites. Si on est un architecte qui fait du logement, on fait du logement. C’est très difficile d’obtenir un projet de médiathèque ou de salle des fêtes. Pourquoi? Parce que la commande répond à un appel d’offres. Pour être sélectionné, il faut prouver qu’on a fait trois projets similaires. On a été confrontés à cette mentalité. Finalement, on a réussi à obtenir des commandes assez différentes dans les domaines culturel, de réhabilitation ou de transformation de bureaux. Chaque projet qu’on a obtenu, on est vraiment allés le chercher avec les dents. Aujourd’hui, on commence à atteindre un corpus de projets qui nous permet de démontrer de l’expérience sur de l’espace public, sur du logement, sur du bureau et sur des programmes culturels.</p>
<p><strong>Vous arrive-t-il que des clients viennent maintenant vers vous grâce à ce que vous avez réalisé ?</strong></p>
<p>Oui. Il y a même des clients qui sont venus nous voir avant qu’on ait construit des projets parce qu’on s’était positionnés sur un sujet. C’est le cas du projet de la mosquée.Le monde professionnel dans lequel on évolue nous comprend un peu mieux. On peut être appelés pour des sujets où on est le plus pertinent. On a envie de faire notre métier correctement dans un domaine où il y a un besoin.</p>
<p><strong>De quelles manières le Sud vous inspire-t-il ?</strong></p>
<p>Il nous inspire d’un point de vue thématique. C’est une façon de se rappeler qu’il n’y a pas de normes. Ce qu’on considère comme des réalités hégémoniques, ce sont des constructions qui effacent d’autres réalités, d’autres récits et d’autres façons d’être au monde. Une ville comme<strong> Alger</strong> a été affectée par la colonisation avec la destruction de la Casbah au niveau du front de mer, et par l’importation de modèles avec une forme d’architecture haussmanienne légèrement réinterprétée. Les grands ensembles que l’on construit à tour de bras, c’est aussi de l’importation de modèles. Cela ne vient pas de chez nous. C’est une forme d’architecture standardisée, mondialisée. Il va falloir se demander comment faire émerger quelque chose qui ait du sens localement. En 2017, on avait fait un atelier avec l’université d’Alger. On a fait travailler des étudiants algériens et étrangers sur le vivre ensemble, du quartier (« houma ») jusqu’à la cellule d’habitation individuelle.Comment fait-on des logements collectifs qui aient du sens pour Alger ? Il y a de vraies questions d’agencement et d’aménagement. Il y a un champ d’exploration énorme. Si on s’attelle à cette tâche, on se positionne vraiment en avant-garde et on arrête de récolter les invendus de la pensée internationale.</p>
<p><strong>Le sud, c’est aussi l’Algérie. Sur quel projet avez vous travaillé là bas ?</strong></p>
<p>J’ai beau être algérienne, mon diplôme français n’est pas reconnu en Algérie.Je ne peux donc pas déposer directement un permis de construire. On est donc forcément dans une collaboration avec une entreprise locale. Jusqu’à présent on a eu du mal à faire valoir certaines choses en termes de conception parce que si on ne fait pas comme d’habitude, c’est toujours plus compliqué. C’est important de faire évoluer les choses de manière intelligente et d’éviter la tabula rasa. Je me bats pour qu’on puisse faire émerger des projets qui aient le visage de l’Algérie d’aujourd’hui et de demain.</p>
<p><strong>Vous avez écrit dans un article : « la première mosquée <em>française</em>, c’est pour quand ? ». Que serait selon vous une mosquée française ?</strong></p>
<p>C’est une mosquée qui prend comme point de départ le fait que l’Islam est local.C’est une religion qui n‘est pas par essence étrangère. Elle opère selon les critères qui régissent toutes les constructions faites sur le territoire français : un plan local d’urbanisme, des principes d’insertion urbaine. Elle ne va pas chercher à imiter coute que coute des imitations d’architecture qui viennent d’ailleurs.Ce qui m’intéresse, ce sont les besoins exprimés de manière très concrète par les personnes qui pratiquent l’islam en France. Il y a déjà le besoin de lieux de culte car il y a des difficultés énormes de construction de mosquées. Il y a beaucoup de refus avec la question des autorisations administratives. Dans les faits, on constate aussi une inégalité avec le principe de laïcité. Par exemple, les églises qui sont antérieures à la loi de 1905 peuvent bénéficier de financement public pour leur rénovation. C’est considéré comme du patrimoine.</p>
<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" class="wp-image-15559 td-animation-stack-type0-2" src="https://www.dzairworld.com/wp-content/uploads/2025/10/new-south-mosque-render-3-967x-q85-730x1024.webp" sizes="auto, (max-width: 730px) 100vw, 730px" srcset="https://www.dzairworld.com/wp-content/uploads/2025/10/new-south-mosque-render-3-967x-q85-730x1024.webp 730w, https://www.dzairworld.com/wp-content/uploads/2025/10/new-south-mosque-render-3-967x-q85-214x300.webp 214w, https://www.dzairworld.com/wp-content/uploads/2025/10/new-south-mosque-render-3-967x-q85-768x1078.webp 768w, https://www.dzairworld.com/wp-content/uploads/2025/10/new-south-mosque-render-3-967x-q85-299x420.webp 299w, https://www.dzairworld.com/wp-content/uploads/2025/10/new-south-mosque-render-3-967x-q85-599x840.webp 599w, https://www.dzairworld.com/wp-content/uploads/2025/10/new-south-mosque-render-3-967x-q85-640x898.webp 640w, https://www.dzairworld.com/wp-content/uploads/2025/10/new-south-mosque-render-3-967x-q85-681x956.webp 681w, https://www.dzairworld.com/wp-content/uploads/2025/10/new-south-mosque-render-3-967x-q85.webp 967w" alt="" width="730" height="1024" /><figcaption>©crédit photo/ Cabinet d&rsquo;architecture -New South</figcaption></figure>
<p><strong>Vous travaillez sur un projet de mosquée. En quoi sera-t-elle différente des autres ?</strong></p>
<p>C’est une mosquée avec laquelle on a travaillé pendant un an avec l’association <em>The muslim Think tank</em>. Au sein de cette association, on voyait plein de français d’origines diverses et variées qui avaient pour but de penser la place du musulman en France. Un des sujets de réflexion était : qu’est ce que la mosquée de demain? On a passé un an à échanger pour comprendre quelles étaient leurs attentes. Personne ne nous a dit qu’il aimerait qu’il y ait des motifs arabe-andalou sur la façade. Les personnes voulaient que cela soit propre, lumineux, qu’il y ait des livres, qu’on puisse préparer des repas aux nécessiteux, se faire couper les cheveux…C’était des usages de la vie de tous les jours, en communauté. Le projet que l’on a développé s’est orienté sur un bâtiment qui ne soit pas statique. Pour nous, c’est l’essence de l’Islam. Cinq prières par jour veut dire que le corps se met en mouvement cinq fois. On va avoir des ablutions, la préparation des corps à la prière et ensuite un retour au profane. Cela signifie que le bâtiment est utilisé de différentes manières. A telle heure, c’est la prière. A telle autre heure, c’est l’aide au devoir. Spatialement, on a développé une façade mobile avec de la maille métallique. Si elle est fermée ou ouverte, elle raconte une histoire différente. Il y avait aussi l’idée de renouer avec l’innovation technique et technologique qui a toujours été central dans l’architecture sacrée et des mosquées.</p>
<p><strong>A quelle date les fidèles pourront-ils y prier ?</strong></p>
<p>A partir de 2028, si Dieu le veut. On est actuellement dans un temps administratif et de levée de fonds. Il y a un enjeu énorme. Cela représenterait la deuxième plus grande mosquée de Paris en terme de dimension. Il y a aussi pour nous un enjeu de réconciliation car il y a beaucoup de crispation et d’hystérie autour de cette question.Les gens du quartier ne veulent pas d’attroupements les vendredis devant la mosquée. Enfin, ce projet est très transparent avec un volume qui s’ouvre sur la ville d’un point de vue fonctionnel. Il a des programmes ouverts à tous, musulmans comme non musulmans. Et visuellement, elle ne se ferme pas à la ville et au quartier.</p>
<p><strong>@Entretien réalisé par Nasser Mabrouk</strong></p>
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<p><strong>Le lien de notre partenaire</strong></p>
<p>:<a href="https://www.dzairworld.com/category/culture-2/"><span class="s2">https://www.dzairworld.com/category/culture-2/</span></a></p>
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		<title>Zafira Ouartsi : »Artissimo », la création au pouvoir</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Fayçal Chehat]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 19 Jan 2025 13:57:43 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[PAROLES, PAROLES …]]></category>
		<category><![CDATA[Algérie]]></category>
		<category><![CDATA[Artissimo]]></category>
		<category><![CDATA[Paris Méditerranéennes Magazine]]></category>
		<category><![CDATA[Zahia Ouartsi]]></category>
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										<content:encoded><![CDATA[<div class="td-post-content td-pb-padding-side">
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<p>Avocate de formation, <strong>Zafira Ouartsi </strong>a décidé en l’an 2000 de ne pas intégrer le barreau d’Alger pour se lancer dans l’aventure <em>Artissimo</em>, un hub créatif innovant et pionnier en matière d’industrie culturelle. Pour  notre partenaire privilégié , <strong>Dzairworld, </strong> la dynamique entrepreneuse algérienne a accepté d expliquer sa vision d’un écosystème pérenne en Algérie. Une initiative formidable, qui  fête en  cette année 2025  qui commence son quart de siècl d&rsquo;existence. Et c&rsquo;est donc avec l&rsquo; aimable autorisation du website digital algérien que publions cet entretien passionnant dans les colonnes de <strong>Méditerranéennes Magazine.</strong></p>
<p><strong>Vous avez créé Artissimo en 2000.Pourriez-vous nous parler de ce lieu culturel atypique en Algérie? </strong></p>
<p><strong>Zafira Ouartsi </strong>: C’est un hub créatif dont la mission consiste à proposer des activités – de la formation, de l’éducation artistique, de la production audiovisuelle, des événements autour de la communication, des projets à impact social – et des services en lien avec les arts et les industries de la culture. La vision d’Artissimo est de faire en sorte que les différentes parties prenantes du secteur culturel puissent être en relation : les artistes avec les opérateurs économiques, les entrepreneurs avec les institutionnels, le grand public avec les artistes. Avec mon équipe, nous aspirons donc à devenir une plateforme d’importance pour que les différents publics nouent des liens avec les esprits créatifs, les opérateurs économiques, les institutionnels, les structures gouvernementales et non gouvernementales dans le but de créer un écosystème solide et viable.</p>
<figure id="attachment_8802" aria-describedby="caption-attachment-8802" style="width: 1080px" class="wp-caption alignnone"><img loading="lazy" decoding="async" class="wp-image-8802 size-full" src="https://xn--mditerranennes-bkbi.com/wp-content/uploads/2025/01/468326227_976540194508100_5413622735083537656_n.jpg" alt="" width="1080" height="1080" srcset="https://xn--mditerranennes-bkbi.com/wp-content/uploads/2025/01/468326227_976540194508100_5413622735083537656_n.jpg 1080w, https://xn--mditerranennes-bkbi.com/wp-content/uploads/2025/01/468326227_976540194508100_5413622735083537656_n-300x300.jpg 300w, https://xn--mditerranennes-bkbi.com/wp-content/uploads/2025/01/468326227_976540194508100_5413622735083537656_n-1024x1024.jpg 1024w, https://xn--mditerranennes-bkbi.com/wp-content/uploads/2025/01/468326227_976540194508100_5413622735083537656_n-150x150.jpg 150w, https://xn--mditerranennes-bkbi.com/wp-content/uploads/2025/01/468326227_976540194508100_5413622735083537656_n-768x768.jpg 768w" sizes="auto, (max-width: 1080px) 100vw, 1080px" /><figcaption id="caption-attachment-8802" class="wp-caption-text"><em><strong>Une lecture de textes tous genres et langues confondu.e.s. ( Novembre 2024) </strong></em></figcaption></figure>
<p><strong>Sur votre site internet on peut lire que «</strong> <strong><em>la transmission des savoirs va bien au-delà de l’apprentissage artistique </em>». Pourriez-vous développer ? </strong></p>
<p>Chez Artissimo, nous sommes partisans de l’idée que la transmission des savoirs et la pratique artistique autorisent une plus grande ouverture d’esprit chez les gens. Notre cœur de métier reste l’éducation et la formation, mais derrière se dessine l’objectif de permettre aux différents publics – adulte, enfant, initié, non initié -, de s’ouvrir à l’autre et de transmettre des valeurs de tolérance. Je suis convaincue qu’il faut que cesse cette culture de l’entre-soi. Le pays est resté, pour des raisons multiples et complexes, calfeutré. La vision d’Artissimo, c’est de faire en sorte que les jeunes et les moins jeunes restent curieux de ce que sont et font les autres. Il en va de l’enrichissement moral et économique de notre nation.</p>
<p><strong>En parlant d’ouverture, avez vous noué des collaborations avec des structures similaires en Algérie ou à l’étranger ?</strong></p>
<p>Il n’y a pas de structures similaires à la nôtre. Il y a des similitudes mais pas d’équivalent. Par contre, nous avons noué une multitude de collaborations autour de projets ou d’initiatives. Davantage avec des associations françaises qui avaient un lien avec l’Algérie ou qui voulaient promouvoir des projets artistiques avec le pays. Nous avons aussi pas mal travaillé avec les <strong>États-Unis </strong>et le monde arabe. Nous commençons à développer des collaborations à l’échelle panafricaine mais cela demeure au stade embryonnaire.</p>
<p><strong>Concrètement, quelles sont les activités que proposent Artissimo ?</strong></p>
<p>Nous avons des services dédiés par cibles. Nous proposons des ateliers de pratique artistique comme le chant, le piano, la musique, la danse, les arts visuels. C’est l’ADN d’Artissimo depuis son ouverture en 2000. C’est destiné essentiellement au grand public adulte. Pour les enfants, nous avons imaginé des ateliers de culture générale et de créativité artistique. Nous travaillons de plus en plus avec les écoles ainsi qu’avec des institutions et organismes internationaux. D’autre part, nous avons conçu des formations à travers lesquelles nous accompagnons des entrepreneurs culturels. Nous nous sommes souvent rendu compte que les projets d’un grand nombre de nos artistes, ou de personnes porteuses d’idées de création d’entreprises dans le secteur culturel, n’étaient pas viables en raison d’une trop grande méconnaissance de la structuration d’un projet. Nous avons, par conséquent, imaginé tout un parcours qui s’appelle <em>Nouba</em> et qui leur est destiné. Nous travaillons aussi avec des entreprises. Nous intervenons via des parcours de créativité et de pratiques artistiques afin de développer des outils de type « Team Building » qui visent à consolider la cohésion de groupe, la dynamique et l’innovation au sein des équipes. Par ailleurs, nous produisons nos propres contenus audiovisuels pour le web, pour les entreprises ou pour les personnes freelances.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone size-full wp-image-8804" src="https://xn--mditerranennes-bkbi.com/wp-content/uploads/2025/01/461231053_927598056068981_6759934836387501674_n.jpg" alt="" width="640" height="640" srcset="https://xn--mditerranennes-bkbi.com/wp-content/uploads/2025/01/461231053_927598056068981_6759934836387501674_n.jpg 640w, https://xn--mditerranennes-bkbi.com/wp-content/uploads/2025/01/461231053_927598056068981_6759934836387501674_n-300x300.jpg 300w, https://xn--mditerranennes-bkbi.com/wp-content/uploads/2025/01/461231053_927598056068981_6759934836387501674_n-150x150.jpg 150w" sizes="auto, (max-width: 640px) 100vw, 640px" /></p>
<p><strong>Vous faisiez allusion au concept de « team building » pour les entreprises. Pourriez-vous nous donner un exemple de prestations de votre catalogue ?</strong></p>
<p>Je peux vous parler du parcours <em>BIG</em> qui consiste à mettre en place un processus de développement du potentiel humain des collaborateurs à travers l’art et des outils de créativité. Il se déploie en trois axes : pratique artistique, rencontres-débats en présence de personnalités aux parcours inspirants et workshop de développement personnel et collectif. L’objectif est d’améliorer la cohésion, la communication, le climat de travail, et d’impulser une dynamique de groupe pour faire face aux multiples défis des collaborateurs et des projets des entreprises. Ce parcours contribue à ouvrir les esprits, à élargir les champs de la connaissance et à sortir des zones de confort en interagissant avec des plasticiens, des musiciens, des comédiens, des écrivains, philosophes, mais aussi des sportifs, des scientifiques… En Algérie, les lieux de culture ne sont pas aussi fréquentés qu’on le voudrait. Nous faisons en sorte que la culture se déplace au sein des entreprises. Cela nous permet de sensibiliser ces personnes et de leur faire bénéficier des bienfaits de l’environnement culturel et de la pratique artistique. Par ce biais, nous créons un environnement plus inclusif dans lequel il y aura de la discussion, de la pratique, du développement personnel, de la créativité. C’est plutôt innovant en Algérie.</p>
<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" class="wp-image-11830 td-animation-stack-type0-2" src="https://www.dzairworld.com/wp-content/uploads/2023/08/Artissimo-Hub-Creatif-Alger-dzairworld.com_-1024x1024.jpeg" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" srcset="https://www.dzairworld.com/wp-content/uploads/2023/08/Artissimo-Hub-Creatif-Alger-dzairworld.com_-1024x1024.jpeg 1024w, https://www.dzairworld.com/wp-content/uploads/2023/08/Artissimo-Hub-Creatif-Alger-dzairworld.com_-300x300.jpeg 300w, https://www.dzairworld.com/wp-content/uploads/2023/08/Artissimo-Hub-Creatif-Alger-dzairworld.com_-150x150.jpeg 150w, https://www.dzairworld.com/wp-content/uploads/2023/08/Artissimo-Hub-Creatif-Alger-dzairworld.com_-768x768.jpeg 768w, https://www.dzairworld.com/wp-content/uploads/2023/08/Artissimo-Hub-Creatif-Alger-dzairworld.com_-420x420.jpeg 420w, https://www.dzairworld.com/wp-content/uploads/2023/08/Artissimo-Hub-Creatif-Alger-dzairworld.com_-840x840.jpeg 840w, https://www.dzairworld.com/wp-content/uploads/2023/08/Artissimo-Hub-Creatif-Alger-dzairworld.com_-640x640.jpeg 640w, https://www.dzairworld.com/wp-content/uploads/2023/08/Artissimo-Hub-Creatif-Alger-dzairworld.com_-1280x1280.jpeg 1280w, https://www.dzairworld.com/wp-content/uploads/2023/08/Artissimo-Hub-Creatif-Alger-dzairworld.com_-681x681.jpeg 681w, https://www.dzairworld.com/wp-content/uploads/2023/08/Artissimo-Hub-Creatif-Alger-dzairworld.com_-1362x1362.jpeg 1362w, https://www.dzairworld.com/wp-content/uploads/2023/08/Artissimo-Hub-Creatif-Alger-dzairworld.com_.jpeg 1440w" alt="" width="1024" height="1024" /></figure>
<p><strong>Quels sont les retours de ces entreprises ? </strong></p>
<p>Pour ce programme, nous avons décidé d’intervenir auprès des sociétés qui ont une culture d’entreprise forte, en particulier celles dont les dirigeants ont la volonté d’engager leurs collaborateurs sur des projets qui se distinguent et qui valorisent la créativité et la part d’humanité qu’il y a en chacun d’eux. C’est un état d’esprit !</p>
<p><strong>Pour en revenir à ce volet formation, pensez-vous combler un déficit en la matière ?</strong></p>
<p>Sur la formation grand public, pour les artistes et les parcours entrepreneuriaux, nous répondons par l’affirmative. Pendant longtemps, nous proposions un large éventail de formations diplômantes et qualifiantes dans le domaine du design graphique, de la décoration intérieure, de la photographie… Nous avons donc mis un terme à cette activité car c’était bien beau de former des gens en décoration intérieure ou en graphisme, mais si derrière ils ne trouvent pas de travail, cela ne sert à rien. Nous avons déplacé nos missions de la formation artistique pour progresser en amont et en aval en vue de réunir les différents acteurs. Nous avons opté pour un mode opératoire en deux étapes. Primo, poser un diagnostic au sujet des lacunes dans l’écosystème. Et secundo, opter pour des solutions visant à les combler tout en gardant en tête le principe d’être viable car nous sommes une entreprise et non pas une fondation. Notre envie, c’est plutôt de combler le besoin lié au développement de l’écosystème. Parfois, les bénéficiaires n’en sont pas forcément conscients. Il y a beaucoup de sensibilisation à faire autour de cela.</p>
<p><strong>Quels sont vos rapports avec les institutions publiques chargées de la culture en Algérie ?</strong></p>
<p>Nous avons cheminé parallèlement sans jamais pour autant cesser d’échanger. Dans la conjoncture actuelle, nous avons le sentiment que les pouvoirs publics portent un intérêt grandissant pour les entreprises du secteur privé, en particulier dans le domaine de la culture et des industries créatives. Nous discutons sur les actions à mener en commun. Il est indubitable qu’il y a une écoute accrue de la part des ministères de la Culture, des Petites et Moyennes Entreprises, de certaines structures comme l’ONDA (Office National des Droits d’Auteurs) qui font partie de l’écosystème. Nous songeons à entrevoir la façon de nous intégrer dans des projets structurants parmi ces acteurs indispensables. L’objectif finalement est de fédérer et de développer le secteur de la culture.</p>
<p><strong>Y a-t-il un avant et après Hirak* ? </strong></p>
<p>Le <em>Hirak </em>a d’abord révélé le niveau de créativité des Algériens (rires). Dans le secteur culturel, j’ai l’impression que les initiatives sont mieux organisées. J’observe que les gens savent mieux ce qu’ils veulent et qu’ils avancent avec un plan d’action. Je ne sais pas pour autant s’il y a plus d’initiatives. L’après Hirak, c’est aussi beaucoup d’artistes algériens partis à l’étranger. Ceux qui sont restés au pays ont, à mon sens, une ambition plus affirmée.</p>
<p><strong>Comment a évolué le milieu de l’art en Algérie sur ces 20 dernières années ? Et comment voyez-vous l’avenir des industries culturelles ? </strong></p>
<p>Entre le moment où nous avons ouvert et 5 ou 10 ans après, il n’y a eu que des évolutions. Il y a eu des dynamiques qui se sont créées. Par contre, beaucoup de choses se sont éteintes par manque de moyens, de facilitations, de lieux, de maturité du public. Une certaine fatigue s’est aussi emparée des entrepreneurs culturels, parfois en raison d’un manque de dialogue avec les institutions culturelles. Aujourd’hui, la notion d’industrie culturelle commence à être exprimée par le ministère, par les acteurs qui souhaitent développer cette industrie. On invoque souvent la notion, mais on n’a pas encore mis le contenu dedans. Il va falloir que ceux qui prennent en charge cette question comprennent les enjeux de la culture sans faux-fuyants. À partir de là, il y a des décisions à prendre. Il faut qu’il y ait plus d’ouverture, d’échanges, de liberté pour les tournages, d’invitations d’artistes étrangers, de mobilité des artistes algériens ou étrangers, de structures à disposition, de soutien pour les artistes et les esprits créatifs. On ne peut pas parler d’industrie de la culture, si on fait de l’entre-soi. Beaucoup de pratiques doivent changer encore. C’est un processus un peu long. J’ose espérer que l’on est sur la bonne voie.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="size-full wp-image-8803 aligncenter" src="https://xn--mditerranennes-bkbi.com/wp-content/uploads/2025/01/280411764_1825663700955531_6059576979930735359_n-e1737292399693.jpg" alt="" width="500" height="500" /></p>
<p><strong>Vous parlez d’échange, d’ouverture et de mobilité. Pensez-vous que la diaspora peut apporter sa contribution au développement des industries culturelles en Algérie ? </strong></p>
<p>Je pense que ça doit aller dans les deux sens. La diaspora algérienne peut beaucoup apporter à la culture nationale. En même temps, les artistes et les entrepreneurs algériens ont beaucoup à transmettre à la culture en France. Il y a du vécu et des savoir-faire qui peuvent bénéficier aux deux communautés. Pour moi, l’un ne va pas sans l’autre.</p>
<p><strong>Entretien réalisé par Nasser Mabrouk</strong></p>
<p>* Le Hirak est un mouvement populaire, né en 2019, qui réclamait pacifiquement l’instauration d’une démocratie en Algérie et la fin du clientélisme politique.</p>
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		<title>Anna Graziano, artiste engagée, inspirante et lumineuse</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Fayçal Chehat]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 29 Oct 2024 17:34:43 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[PAROLES, PAROLES …]]></category>
		<category><![CDATA[Acrrice]]></category>
		<category><![CDATA[Anna Graziano]]></category>
		<category><![CDATA[Cinecittà]]></category>
		<category><![CDATA[Comédienne]]></category>
		<category><![CDATA[Italie]]></category>
		<category><![CDATA[Méditerrannéennes Magazine]]></category>
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					<description><![CDATA[<p> Il y a quelques semaines, l&#8217;actrice, comédienne et metteuse en scène de théâtre, Anna Graziano, était nommée directrice artistique du «  Theatro del Mare » de San Vito Lo Capo, une des plus belles cités balnéaires sur la côte méditerranéennes  située à 117 km de de Palerme, dans la province de Trapani.   Une reconnaissance pour cette Sanvitese de [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><em> Il y a quelques semaines, l&rsquo;actrice, comédienne et metteuse en scène de théâtre, <strong>Anna Graziano, </strong>était nommée directrice artistique du « <strong> Theatro del Mare » de San Vito Lo Capo, </strong>une des plus belles cités balnéaires sur la côte méditerranéennes  située à 117 km de de Palerme, dans la province de Trapani.  </em></p>
<p>Une reconnaissance pour cette Sanvitese de coeur et de passion, enfant  de parents qui on consacré plus de quarante de leur vie à pratiquer et à faire aimer le théâtre en particulier  et la culture en général dans cette cité où il fait si bon vivre. Un environnement favorable qu&rsquo;elle décrit avec des mots bien choisis et habillés de gratitude et d&rsquo;admiration, notamment  lorsque elle dit avec une tendresse non dissimulée<i> : « Ma mère m&#8217;emmenait dans son ventre tandis qu&rsquo;elle foulait le plateau des théâtres siciliens, et j&rsquo;ai grandi en respirant l&rsquo;odeur du bois et du velours ». </i></p>
<p>Mais au delà de cette événement local, Anna Graziano possède un sacré pedigree renforcé par une formation au théâtre et au cinéma acquise de haute lutte à Rome,à l&rsquo;Ecole des Beaux Arts, rue  Repetita, ainsi qu&rsquo;à Cinécitta, le temple historique du cinéma italien. Dix ans de cursus et des exépriences pratiques intenses, des rencontres humaines et professionnelles puissantes, avant de retourner dans sa Sicile natale pour y exercer ses mutiples talents.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone size-full wp-image-8451" src="https://xn--mditerranennes-bkbi.com/wp-content/uploads/2024/10/56790801_1987571998037481_4423931540262617088_n.jpg" alt="" width="750" height="500" srcset="https://xn--mditerranennes-bkbi.com/wp-content/uploads/2024/10/56790801_1987571998037481_4423931540262617088_n.jpg 750w, https://xn--mditerranennes-bkbi.com/wp-content/uploads/2024/10/56790801_1987571998037481_4423931540262617088_n-300x200.jpg 300w, https://xn--mditerranennes-bkbi.com/wp-content/uploads/2024/10/56790801_1987571998037481_4423931540262617088_n-600x400.jpg 600w" sizes="auto, (max-width: 750px) 100vw, 750px" /></p>
<p>Artiste engagée, elle l&rsquo;est !  En témoignent les thèmes de ces  deux dernières mises en scène « <em><strong>Anasta sia</strong></em> » et « <em><strong>Vola Libero : les femmes qui ont dit NON à la mafia</strong></em>« . Pour ne citer que celles qui  évoquent le destin des femmes et la toute puissance des forces obscures que combat l&rsquo;Italie avec toute sa vitalité depuis des décennies.</p>
<p>Passionnée par son métier aux multiples facettes, créative à souhait, impliquée dans la vie sociale de la Cité, Anna Graziano est aussi une résiliente assumée, à l&rsquo;écoute de la nature et des humains en souffrance et amie inconditionnelle des animaux. En résumé,la native de Palerme est une vraie citoyenne du monde mais, surtout, on peut retenir qu&rsquo;elle est aussi une sacrée belle personne.  <strong>F.C</strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong><em>Bonjour Anna Graziano. Quand on s’intéresse à votre histoire, on a l’impression que<span class="Apple-converted-space">  </span>tout commence à San Vito Lo Capo où vous<span class="Apple-converted-space">  </span>faites votre apprentissage du théâtre dans l’association Kalos<span class="Apple-converted-space">  </span>avant d’aller voir le monde</em> </strong>…</p>
<p>Exactement, je suis née à Palerme, mais j&rsquo;ai passé une grande partie de ma vie à <strong>San Vito Lo Capo,</strong> dans la province de <strong>Trapan</strong>i. Cette localité a toujours été une destination touristique très prisée par les Palermitains. En effet, la famille de ma mère y passait ses vacances, et mon grand-père <strong>Franco</strong> en était particulièrement amoureux.</p>
<p>Un jour, alors qu&rsquo;elle se trouvait à San Vito, ma mère<strong> Piera</strong> rencontra mon père <strong>Paolo</strong>, tandis que ma tante<strong> Patrizia,</strong> la sœur de ma mère, fit la connaissance de mon oncle Santino, le frère de mon père. Quelques années plus tard, les deux couples se marièrent : deux frères et deux sœurs, créant un lien spécial qui a renforcé les liens de notre famille. Nos grands-parents, Franco et <strong>Ciccio</strong>, portent des noms évocateurs de deux grands acteurs siciliens, et je crois que cette coïncidence a eu un impact significatif sur nos vies, car la passion pour le théâtre a toujours été une constante dans notre existence.</p>
<p>Par la suite, mes proches, avec un groupe d&rsquo;amis, fondèrent la compagnie théâtrale de l&rsquo;association <strong>Kalos</strong> de San Vito Lo Capo, qui enrichit le territoire avec ses représentations depuis plus de cinquante ans. Ma mère m&#8217;emmenait dans son ventre tandis qu&rsquo;elle foulait le plateau des théâtres siciliens, et j&rsquo;ai grandi en respirant l&rsquo;odeur du bois et du velours.</p>
<p><em><strong>L’ heure<span class="Apple-converted-space">  </span>de la grande aventure commence pour vous à<span class="Apple-converted-space">  </span>18 ans, lorsque vous partez à Rome pour étudier le cinéma, la photo et bien sûr le théâtre… Vous saviez déjà ce que vous vouliez faire de votre vie?</strong></em></p>
<p>Oui, je suis arrivée à Rome avec un objectif bien précis : apprendre le noble métier d&rsquo;acteur et les arts théâtraux, y compris la scénographie, que j&rsquo;ai étudiée à l&rsquo;<strong>Académie des Beaux-Arts</strong>, via di Ripetta. À la Capitale, je dois beaucoup, car c&rsquo;est ici que j&rsquo;ai acquis les compétences nécessaires pour devenir une professionnelle. Cependant, au début, cela fut une expérience ardue ; je me trouvais dans un lieu inconnu, sans liens et sans points de repère.</p>
<p>Un jour, par hasard, je me suis retrouvée près de la Piazza Navona et j&rsquo;ai aperçu un petit théatre, le <em><strong>Teatro Arciluìto d&rsquo;Enzo Samaritani</strong></em>. J&rsquo;ai découvert qu&rsquo;à l&rsquo;intérieur, l&rsquo;acteur <strong>Mino Sferra</strong> animait un cours de théâtre, et j&rsquo;ai décidé de m&rsquo;inscrire. Cependant, après trois ans d&rsquo;études, je ne me sentais pas encore prête et j&rsquo;ai repris ma recherche.</p>
<p><em><strong> Il faut dire qu’à  Rome vous allez être à bonne école: avec des personnalités tels que </strong></em><strong>Riccardo Cavallo</strong><em><strong> et </strong></em><strong>Claudia Balboni</strong><em><strong>. Que vous considérerez plus tard comme vos « parents artistiques ».</strong></em></p>
<p>J&rsquo;ai commencé à explorer différents théâtres, à la recherche de ceux qui pourraient offrir des cours de comédie. Un jour, j&rsquo;ai été accueillie au <strong><em>Teatro dell&rsquo;Orologio</em> </strong>pour assister à « <em><strong>Macbeth</strong></em> » de <strong>Shakespeare,</strong> dirigé par<strong> Riccardo Cavallo.</strong> À ce moment précis, j&rsquo;ai compris que mon avenir était indissolublement lié à cette compagnie. À la fin du spectacle, j&rsquo;ai conversé avec l&rsquo;actrice qui interprétait Lady Macbeth : c&rsquo;était<strong> Claudia Balboni</strong>, épouse de Riccardo Cavallo. J&rsquo;ai découvert que, dans ce théâtre, un cours de théâtre serait bientôt lancé chaque année.</p>
<figure id="attachment_8464" aria-describedby="caption-attachment-8464" style="width: 1630px" class="wp-caption alignnone"><img loading="lazy" decoding="async" class="size-full wp-image-8464" src="https://xn--mditerranennes-bkbi.com/wp-content/uploads/2024/10/MPWSXV.jpg" alt="" width="1630" height="1080" srcset="https://xn--mditerranennes-bkbi.com/wp-content/uploads/2024/10/MPWSXV.jpg 1630w, https://xn--mditerranennes-bkbi.com/wp-content/uploads/2024/10/MPWSXV-300x199.jpg 300w, https://xn--mditerranennes-bkbi.com/wp-content/uploads/2024/10/MPWSXV-1024x678.jpg 1024w, https://xn--mditerranennes-bkbi.com/wp-content/uploads/2024/10/MPWSXV-768x509.jpg 768w, https://xn--mditerranennes-bkbi.com/wp-content/uploads/2024/10/MPWSXV-1536x1018.jpg 1536w" sizes="auto, (max-width: 1630px) 100vw, 1630px" /><figcaption id="caption-attachment-8464" class="wp-caption-text"><strong><em>Académie des Beaux-Arts, via di Ripetta, à Roma. Là où tout à commencé dès l&rsquo;âge de 20 ans.</em></strong></figcaption></figure>
<p>Ce même jour, où j&rsquo;ai assisté à la représentation de « Macbeth », j&rsquo;aurais dû effectuer le paiement pour mon inscription à une autre école ; une inscription que, sans raison apparente, j&rsquo;ai décidé de ne pas réaliser. Je sentais au fond de moi qu&rsquo;il fallait attendre, et ce soir-là, j&rsquo;ai rencontré Claudia Balboni et la compagnie du Teatro dell&rsquo;Orologio. L&rsquo;argent que j&rsquo;avais dans ma poche, destiné à l&rsquo;inscription, je le lui ai donné à elle le lendemain, à la suite d&rsquo;un casting et qu&rsquo;elle  m&rsquo;a jugée apte pour le cours.</p>
<p>Ce fut un moment magique, et avec Claudia, ce fut un coup de foudre&#8230; un véritable signe du destin. Après trois ans de formation, j&rsquo;ai commencé à travailler avec la réalisatrice <strong>Annalisa Biancofiore,</strong> elle aussi élève du Teatro dell&rsquo;Orologio, marquant ainsi le début de ma carrière d&rsquo;actrice.</p>
<p>J&rsquo;ajouterais <strong>Cristina Noci</strong> parmi ceux que je considère comme mes “parents artistiques”. Dans mon parcours de formation, qui s&rsquo;est déroulé sur environ dix ans entre des écoles de théâtre, l&rsquo;école de cinéma “ACT” à Cinecittà, “La Palestra dell&rsquo;Attore” de Sepe et divers stages, j&rsquo;ai eu la chance de rencontrer de nombreux enseignants qui m&rsquo;ont transmis des enseignements précieux : <strong>Mino Sferra, Riccardo Reim, Riccardo d&rsquo;Eramo, Daniela Tosco, Francesca Draghetti, Roberto Stocchi, Gianmarco Tognazzi, Alvaro Piccardi</strong> et bien d&rsquo;autres. Cependant, Claudia Balboni, Cristina Noci et Riccardo Cavallo ont laissé une empreinte indélébile dans mon cœur ; ils ont été et seront toujours ma famille romaine, gardiens d&rsquo;un lien qui transcende l&rsquo;art et embrasse l&rsquo;âme.</p>
<p>Claudia et moi partageons notre anniversaire en janvier, toutes deux du signe du Verseau. Chaque année, nous le célébrions ensemble chez Claudia et Riccardo, où le parfum du couscous qu&rsquo;ils préparaient se mêlait à la chaleur des rires. Ces moments, riches d&rsquo;affection et de partage, devenaient un rituel magique, une étreinte de joie qui consolidait notre lien.</p>
<p><strong>Mais puisqu’on parle de parents, vos géniteurs étaient-ils dans ce milieu des arts ? Vous-ont-il inspirés ?<span class="Apple-converted-space">  </span>Sinon, ont-ils soutenu et validé<span class="Apple-converted-space">  </span>votre choix ?</strong></p>
<p>Oui, absolument ! Ma mère est une actrice extraordinaire, dont l&rsquo;incisivité se manifeste tant dans les rôles dramatiques que comiques. Mon père, quant à lui, je le considère comme un génie : c&rsquo;est un grand humoriste, connu dans notre village pour sa capacité à lancer des répliques fulgurantes. De plus, il est un caractériste doté d&rsquo;une imagination presque enfantine.</p>
<p>Lorsque j&rsquo;ai pris la décision de devenir actrice et de m&rsquo;installer à Rome, mon père m&rsquo;a donné un unique et incisif avertissement : « <em>C&rsquo;est un métier difficile ; si tu le désires vraiment, sache que le chemin sera tortueux. Inscris-toi à l&rsquo;académie et obtiens ton diplôme : si le théâtre ne fonctionne pas, tu pourras toujours enseigner ce que tu aimes, l&rsquo;Art. Tu as un an pour obtenir des résultats ; sinon, tu retourneras en Sicile.</em> » Eh bien, j&rsquo;ai fini diplômée et spécialisée avec la mention très bien. J&rsquo;ai également commencé à travailler au théâtre et j&rsquo;ai vécu quinze ans à Rome.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><em><strong>Malgré vos belles expériences dans la Ville Eternelle, vous revenez dans le territoire que vous connaissez le mieux…</strong></em></p>
<p>Oui, je suis retournée en Sicile à un moment extrêmement difficile de ma vie. À une crise personnelle s&rsquo;est ajoutée un deuil inattendu : j&rsquo;ai perdu Riccardo Cavallo, une personne fondamentale pour moi. C&rsquo;est lui qui a transformé mon chemin, m&rsquo;enseignant tout ce que je sais sur la mise en scène et croyant en moi quand je n&rsquo;étais encore qu&rsquo;une jeune fille. Certaines âmes restent avec nous, laissant une empreinte indélébile dans le cœur.<span class="Apple-converted-space"> </span></p>
<p>Après avoir perdu toute certitude, je pensais abandonner le théâtre. Désorientée, je suis retournée dans ma terre, cherchant du réconfort dans l&rsquo;étreinte de mes proches. Ma grande chance a été ma capacité à être résiliente. Peu à peu, je me suis retrouvée, personnage après personnage, parmi les chatons, les chiens et le cheval. L&rsquo;art et les animaux ont été ma sauvegarde.<span class="Apple-converted-space"> </span></p>
<figure id="attachment_8462" aria-describedby="caption-attachment-8462" style="width: 840px" class="wp-caption alignnone"><img loading="lazy" decoding="async" class="wp-image-8462 size-full" src="https://xn--mditerranennes-bkbi.com/wp-content/uploads/2024/10/san-vito-lo-capo-un-posto-magico-il-blog-i-tre-golfi-e1729611245428.jpg" alt="" width="840" height="560" /><figcaption id="caption-attachment-8462" class="wp-caption-text">C&rsquo;est dans le magnifique cadre méditerranéen de San Vito Lo Capo , non loin de Palerme, que vit et crée Anna Graziano</figcaption></figure>
<p><em><strong>Et voilà, bien des années après,  qu’en ce début de ce mois de septembre vous êtes nommée directrice artistique du Theatro del Mare de San Vito Lo Capo. Peut-on dire que la boucle est bouclée où, comme vous êtes encore jeune, laissez-vous  la porte entrouverte à d’autres aventures ?</strong></em></p>
<p>Cette nomination a été inattendue, mais je me sentais prête à l’accueillir ; elle est arrivée au moment opportun. Enfin, j&rsquo;ai pu laisser libre cours à tout le ferment que j&rsquo;avais en moi depuis des années, exprimant ainsi ma créativité. Aujourd&rsquo;hui, je possède une nouvelle force qui se canalise dans des projets déjà en cours de développement. Espérons qu&rsquo;ils se réaliseront !</p>
<p>Cette fois, le protagoniste est le cinéma, mais je ne peux en révéler davantage. Croisons les doigts ! Tout cela n&rsquo;aurait pas été possible sans le soutien de l&rsquo;actuelle administration municipale de San Vito Lo Capo, en particulier du maire <strong>Giuseppe La Sala</strong> et de l&rsquo;assesseur au tourisme <strong>Angelo Bulgarello</strong>, qui ont cru en moi et en notre projet « <em><strong>Théâtre de la Mer</strong></em>« . Ad maiora semper !</p>
<p><em><strong>Pourquoi la municipalité à décidé de vous choisir pour ce poste important pour le ville ?</strong></em></p>
<p>Pour une série de raisons, mes parents, à travers l&rsquo;association Kalos, ont consacré quarante ans au théâtre, faisant découvrir cet art aux,habitants de San Vito Lo Capo. J&rsquo;ai grandi dans un environnement théâtral vibrant et, il y a des années, j&rsquo;ai donné un cours de théâtre qui a obtenu d&rsquo;excellents résultats sur le territoire. Actuellement, je suis la seule actrice professionnelle de San Vito Lo Capo et, depuis des années, je m&rsquo;engage activement pour la promotion de la culture, même si je ne suis pas la seule résidente dans ce domaine.</p>
<p>En effet, nous avons deux autres acteurs extraordinaires qui vivent ici : <strong>Giuseppe Battiloro</strong>, mon compagnon, et <strong>Massimo Cagnina</strong>, un ami très proche. La décision de me confier la direction artistique a été prise par l&rsquo;assesseur au tourisme, Angelo Bulgarello, qui souligne dans chaque interview avoir été impressionné par mon parcours. Mais au-delà de ce parcours, je suis<strong> sanvitese</strong>, j&rsquo;ai grandi à San Vito et j&rsquo;ai toujours apporté de grandes contributions au territoire. Je crois que c&rsquo;est cela le véritable motif qui a conduit à ma nomination : un lien profond avec ma communauté et un engagement sincère à promouvoir la culture locale.</p>
<h3 style="text-align: center;"><strong>Mon crédo: suivre la vertu et la connaissance </strong></h3>
<p><em><strong>De quelle façon comptez-vous marquer ce théâtre de votre empreinte ?<span class="Apple-converted-space"> </span></strong></em></p>
<p>“F<em>atti non foste a viver come bruti, ma per seguir virtute e canoscenza</em>”( Vous n&rsquo;avez pas été faits pour vivre comme des brutes, mais pour suivre la vertu et la connaissance ) : cette phrase, prononcée par Ulysse dans <strong>La Divine Comédie de Dante</strong>, représente une invitation à élever son existence à travers la recherche du savoir. À l&rsquo;occasion de l&rsquo;inauguration de la rassegna « <em><strong>Théâtre de la Mer</strong></em>« , nous avons choisi d&rsquo;incarner ce principe en diffusant beauté et art. Pour l&rsquo;événement, nous avons organisé un apéritif à la lumière des bougies et ouvert les musées situés dans le patio du théâtre, parmi lesquels le <em><strong>Musée du Couscous</strong></em>, le premier au monde, et le <em><strong>Musée Archéologique de la Mer.</strong></em></p>
<p>La force qui me guide repose sur la conviction que l&rsquo;acte créatif, fruit de l&rsquo;amour et de la connaissance, génère de la beauté, nous permettant de comprendre plus profondément le monde et ses relations.</p>
<p>Mon objectif est de laisser une empreinte durable, invitant les gens à réfléchir sur les grands thèmes de la vie. Je souhaite offrir des pistes de réflexion et des moments ludiques, faisant ainsi aimer le théâtre, l&rsquo;art et la littérature au public. Je vise à créer des cercles vertueux qui enrichissent le territoire, en promouvant un tourisme orienté vers la culture, plutôt qu&rsquo;un simple divertissement ou une focalisation exclusive sur la gastronomie. De cette manière, nous pouvons établir un lien profond avec la communauté, en valorisant l&rsquo;art comme un outil de croissance, de connexionet d&rsquo;échange culturel.</p>
<figure id="attachment_8463" aria-describedby="caption-attachment-8463" style="width: 1599px" class="wp-caption alignnone"><img loading="lazy" decoding="async" class="wp-image-8463 size-full" src="https://xn--mditerranennes-bkbi.com/wp-content/uploads/2024/10/459714292_122111386556501494_2751763199237680716_n.jpg" alt=" " width="1599" height="899" srcset="https://xn--mditerranennes-bkbi.com/wp-content/uploads/2024/10/459714292_122111386556501494_2751763199237680716_n.jpg 1599w, https://xn--mditerranennes-bkbi.com/wp-content/uploads/2024/10/459714292_122111386556501494_2751763199237680716_n-300x169.jpg 300w, https://xn--mditerranennes-bkbi.com/wp-content/uploads/2024/10/459714292_122111386556501494_2751763199237680716_n-1024x576.jpg 1024w, https://xn--mditerranennes-bkbi.com/wp-content/uploads/2024/10/459714292_122111386556501494_2751763199237680716_n-768x432.jpg 768w, https://xn--mditerranennes-bkbi.com/wp-content/uploads/2024/10/459714292_122111386556501494_2751763199237680716_n-1536x864.jpg 1536w" sizes="auto, (max-width: 1599px) 100vw, 1599px" /><figcaption id="caption-attachment-8463" class="wp-caption-text"><em>Le Teatro del Mare auquel la très active actrice et scénariste veut apporter un nouveau souffle et une dimension régionale </em></figcaption></figure>
<p><em><strong>Quel genre de programmation et d’activités propose ce centre culturel ?</strong></em></p>
<p>Jusqu&rsquo;à présent, le Théâtre de San Vito Lo Capo a accueilli sporadiquement principalement des compagnies locales, pour la plupart amateurs, avec la participation de quelques artistes professionnels de la région. En première ligne se distingue l&rsquo;Association Kalos, qui a lutté avec détermination pour la construction de cet espace.</p>
<p>Aujourd&rsquo;hui, grâce à l&rsquo;initiative du Théâtre du Mare, nous aurons l&rsquo;opportunité d&rsquo;accueillir des artistes de renommée nationale, contribuant ainsi à créer un mouvement culturel plus dynamique. De plus, des efforts sont en cours pour adapter le théâtre afin de le transformer en salle de cinéma, permettant ainsi la projection de films et la présentation de spectacles en direct. Ainsi, le théâtre pourra fonctionner à la fois comme espace théâtral et comme cinéma, élargissant considérablement les possibilités de programmation culturelle.</p>
<p>Il est également prévu de réaliser une école de théâtre, qui enrichira encore l&rsquo;offre culturelle du territoire et formera de nouvelles générations de talents. De plus, une collaboration avec certaines productions de la capitale est envisagée, créant des synergies qui contribueront à renforcer notre engagement culturel.</p>
<p><em><strong>On peut remarquer que<span class="Apple-converted-space">  </span>vous<span class="Apple-converted-space">  </span>partagez beaucoup de références en lien avec le Festival de la Fiaba où il est question de savoir vivre, d’éducation, de la place de l’école, de l’histoire, de la transmission, du livre etc. Pouvez-vous nous en dire plus sur ce qui semble être une formidable institution<span class="Apple-converted-space">  </span>culturelle ?</strong></em></p>
<p>Je crois fermement que nous, artistes, avons le devoir de véhiculer la culture, et le meilleur moyen de le faire est de commencer par les enfants. Éduquer au théâtre ne signifie pas seulement transmettre une forme d&rsquo;art, mais aussi enseigner des valeurs fondamentales telles que l&rsquo;expression créative, la collaboration et l&#8217;empathie.</p>
<p>Le théâtre, tout comme la lecture et les images, offre aux plus jeunes l&rsquo;opportunité d&rsquo;explorer leurs émotions, de développer leur imagination et de découvrir le pouvoir des histoires. Leur enseigner à vivre le théâtre signifie leur fournir des outils précieux pour mieux comprendre le monde qui les entoure et pour exprimer leurs idées et sentiments de manière authentique.</p>
<h3 style="text-align: center;"><strong> La mise en scène est mon espace de liberté créative</strong></h3>
<p>Investir dans la formation théâtrale des enfants est un geste qui enrichit non seulement leur parcours personnel, mais aussi notre société, en contribuant à créer une génération de futurs artistes et spectateurs plus conscients et sensibles.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone size-full wp-image-8473" src="https://xn--mditerranennes-bkbi.com/wp-content/uploads/2024/10/52384673_1911462052315143_7644816820788002816_n-e1729692689807.jpg" alt="" width="760" height="570" /></p>
<p><strong>La mise en scène est l&rsquo;autre jalon important de votre parcours artistique. Dites nous en plus&#8230;</strong></p>
<p>Depuis mon enfance, j&rsquo;aspirais à devenir actrice, totalement immergée dans l&rsquo;univers complexe de la représentation et des émotions qui se manifestent sur scène. Au fil du temps, et grâce à l&rsquo;influence de Riccardo Cavallo, j&rsquo;ai découvert une nouvelle et passionnante vocation : la mise en scène. Cette transition s&rsquo;est révélée tout à fait naturelle, car je ne crois pas être prédisposée à me limiter à une seule forme d&rsquo;expression artistique ; l&rsquo;idée de me confiner à une seule dimension créative me ferait sentir comme une prisonnière.</p>
<p>Pour moi, la mise en scène représente un art polymorphe qui englobe de multiples facettes de la créativité. Elle offre l&rsquo;opportunité de construire une vision holistique, orchestrant acteurs, décors, textes et émotions en une symphonie cohérente. Avec la mise en scène, on passe du micro au macro, des émotions les plus subtiles et des détails minutieux à la composition sonore en mouvement : c&rsquo;est un processus qui évoque une véritable magie. Cette approche me permet d&rsquo;analyser les narrations sous différents angles, donnant voix à une multiplicité de perspectives.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone size-full wp-image-8465" src="https://xn--mditerranennes-bkbi.com/wp-content/uploads/2024/10/59979053_2031101013684579_1588857678673739776_n.jpg" alt="" width="800" height="389" srcset="https://xn--mditerranennes-bkbi.com/wp-content/uploads/2024/10/59979053_2031101013684579_1588857678673739776_n.jpg 800w, https://xn--mditerranennes-bkbi.com/wp-content/uploads/2024/10/59979053_2031101013684579_1588857678673739776_n-300x146.jpg 300w, https://xn--mditerranennes-bkbi.com/wp-content/uploads/2024/10/59979053_2031101013684579_1588857678673739776_n-768x373.jpg 768w" sizes="auto, (max-width: 800px) 100vw, 800px" /></p>
<p>À travers la mise en scène, je peux exprimer non seulement mon identité artistique, mais aussi mes idées et mes émotions de manière plus complète et profonde. Chaque projet devient une occasion d&rsquo;expérimenter des techniques diverses, de grandir et de partager ma vision avec le public. C&rsquo;est dans cet espace de liberté créative que je sens que je peux réaliser pleinement mon potentiel artistique.</p>
<p><em><strong>Peut-ont dire que vous êtes une artiste engagée?<span class="Apple-converted-space">  </span>Vous la native de Palerme, n’aviez pas hésité à écrire et à réaliser une pièce de théâtre intitulée<span class="Apple-converted-space">  </span>«Falcone, la mafia non é affatto invincibile »  qui ne ménage pas organisation secrète qui gangrène encore l’Italie et la<span class="Apple-converted-space">  </span>Sicile en particulier .<span class="Apple-converted-space">  </span>Cette pièce a connu un vrai succès au point d’avoir eu droit à une tournée dans toutes les écoles du pays</strong></em>…</p>
<p>Aborder le thème de la mafia est une tâche intrinsèquement complexe, nécessitant courage, détermination et une compréhension approfondie du phénomène lui-même. « <em><strong>Vola Libero : les femmes qui ont dit NON à la mafia</strong></em> » marque ma deuxième mise en scène, après la comédie musicale « <em><strong>Anastasia</strong></em>« , et j&rsquo;ai choisi de me lancer immédiatement dans un sujet aussi délicat. Ce spectacle m&rsquo;a été proposé par un impresario désireux de sensibiliser les écoles italiennes à la lutte contre la mafia. Pour l&rsquo;écriture, je me suis inspirée du roman <em><strong>« Le Siciliane</strong></em> » du journaliste<strong> Giacomo Pilati</strong>, un ami de grande estime, avec l&rsquo;intention de faire passer ce message important dans toutes les écoles d&rsquo;Italie.</p>
<p>Dans mon rôle, j&rsquo;ai interprété <em><strong>Felicia Impastato</strong></em>, présentant trois monologues de figures historiques significatives. La première est <em><strong>Pina Maisano Grassi</strong></em>, épouse de <strong>Libero Grassi</strong>, le premier entrepreneur à dénoncer la mafia pour extorsion, dont le courage a donné naissance au mouvement <em><strong>« Addio Pizzo</strong></em>« . Ensuite, j&rsquo;ai donné voix à Felicia Impastato, mère de Peppino, qui a eu le courage de dénoncer la mafia à travers <em><strong>Radio Aut</strong></em>, affrontant les conséquences au sein de sa propre famille. Enfin, j&rsquo;ai interprété<strong> Anna Giordano,</strong> une militante environnementale engagée dans la lutte contre une mafia plus sournoise et moderne. Anna se bat pour la protection de l&rsquo;environnement et des êtres vivants, s&rsquo;opposant à des projets tels que la construction du pont sur le détroit de Messine et au braconnage.</p>
<h3><strong>« Dans chaque projet, la conviction rend le travail authentique « </strong></h3>
<p>Ces trois histoires sont unies par un fil rouge : le vol, la liberté et le courage. À travers leurs vies, j&rsquo;ai voulu transmettre un message de résistance et d&rsquo;espoir, montrant que, même face à d&rsquo;immenses défis, la détermination peut ouvrir la voie à un avenir meilleur. Aujourd&rsquo;hui, Anna Giordano, la seule protagoniste encore en vie, est devenue une amie, liée à l&rsquo;amour pour l&rsquo;environnement et pour les animaux. Reconnue au niveau mondial pour son engagement, en 1998, elle a reçu le<strong><em> Goldman Environmental Prize</em> </strong>pour sa lutte en faveur de la protection des oiseaux sauvages et contre les dommages que le projet du pont sur le détroit de Messine aurait causés à l&rsquo;écosystème.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone size-full wp-image-8472" src="https://xn--mditerranennes-bkbi.com/wp-content/uploads/2024/10/241696192_4069402399854420_5802284170846321456_n-e1729692512709.jpg" alt="" width="830" height="553" /></p>
<p><strong><em>Vous seriez d’accord avec moi si je vous dit: il en faut du tempérament et du courage pour oser un tel thème?</em></strong></p>
<p>Je crois fermement qu&rsquo;il suffit de croire intensément en ce que l&rsquo;on fait ; tout le reste vient de soi. Lorsque l&rsquo;on a passion et conviction, une énergie se libère qui peut surmonter n&rsquo;importe quel obstacle. La confiance en ce que nous faisons nous guide, nous motive et nous permet d&rsquo;affronter les défis avec détermination. C&rsquo;est cette foi profonde qui attire les opportunités et crée des connexions significatives, transformant les rêves en réalité. Dans chaque projet, chaque performance, c&rsquo;est cette conviction qui rend le travail authentique et engageant, non seulement pour nous-mêmes, mais aussi pour ceux qui nous entourent.</p>
<p><em><strong>« La mémoire de l’innocent «  est l’autre<span class="Apple-converted-space">  </span>oeuvre dont vous dites qu’elle est la plus marquante de votre vie. Que raconte-t-elle ?</strong></em></p>
<p>« <em><strong>La mémoire des innocents</strong></em> » représente sans aucun doute l&rsquo;un des spectacles les plus significatifs de ma carrière, dans lequel j&rsquo;ai eu l&rsquo;honneur d&rsquo;interpréter le rôle d&rsquo;une gitane. Ce personnage est l&rsquo;un des plus complexes et difficiles que j&rsquo;aie jamais affrontés : une figure qui incarne symboliquement l&rsquo;Italie, avec toutes ses contradictions et ses richesses culturelles. Le défi de ce rôle a été non seulement interprétatif, mais aussi profondément personnel. Sa beauté réside dans la multiplicité de ses facettes et dans le drame intrinsèque qui caractérise son existence, reflétant les catastrophes italiennes des cinquante dernières années, des crimes de la mafia aux méfaits politiques. À travers ce spectacle, j&rsquo;ai eu l&rsquo;opportunité de fouler les prestigieuses scènes de <em><strong>Ségesta</strong></em> et du <em><strong>Teatro Biondo de Palerme</strong></em>, une expérience qui a enrichi de manière indélébile mon parcours artistique. De plus, « <em><strong>Galeotto fu il teatr</strong><strong>o</strong></em> » : grâce à ce spectacle, j&rsquo;ai rencontré mon compagnon, <strong>Giuseppe Battiloro,</strong> un acteur extraordinaire et une personne de grande valeur. Il interprétait le rôle du psychiatre qui prit en charge la gitane. Sur la scène de Ségesta, en 2018, notre amour est né.</p>
<h3><strong>        » La culture italienne se trouve dans un équilibre fragile « </strong></h3>
<p><strong><em>Qu’en est-il de votre projet de<span class="Apple-converted-space">  </span>vous lancer<span class="Apple-converted-space">  </span>dans le stand-up ? Le nourrissez-vous<span class="Apple-converted-space">  </span>depuis longtemps ? Si oui, pourquoi aujourd’hui et pas il y a dix ans</em></strong> ?</p>
<p>J&rsquo;ai consacré beaucoup de temps au stand-up, en écrivant moi-même les textes que j&rsquo;interprète. L&rsquo;écriture demande un engagement significatif ; la maturation de l&rsquo;idée est pratiquement un accouchement et la recherche est incessante. C&rsquo;est un travail épuisant. Depuis petite, j&rsquo;ai toujours souhaité devenir comique, en commençant par imiter ma mère, ma muse inspiratrice, et ma chatte <em><strong>Sasha,</strong></em> puis en passant à tous les membres de ma famille. Au début, cette activité me suffisait.</p>
<p>Ensuite, j&rsquo;ai décidé d&rsquo;étudier et d&rsquo;entreprendre une carrière d&rsquo;actrice, mais je ressentais qu&rsquo;il me manquait quelque chose. La stand-up représentait probablement cette dimension manquante, même si je pouvais satisfaire mon désir d&rsquo;ironie avec mes amis, les clients du restaurant familial et mes proches. Un jour, un client argentin m&rsquo;a demandé de faire ma meilleure imitation, celle de madame Piera, ma mère.</p>
<p>Lorsque j&rsquo;ai commencé, les rires qui ont suivi étaient contagieux. Ce fut à ce moment-là que je me suis rendu compte que mes personnages étaient drôles non seulement pour mon cercle familial, mais aussi pour un public plus large. C&rsquo;est ainsi que cette aventure a commencé. J&rsquo;ai commencé à fréquenter des ateliers comiques à Palerme (Comic 90100) avec <em><strong>Trump Management,</strong> </em>participant également à des sélections pour <em><strong>Zelig Open Mic</strong></em> et le<em><strong> Prix Massimo Troisi.</strong></em> Ma capacité à écrire des blagues, je la dois aussi à mon père, qui me suggère souvent des idées géniales</p>
<p><em><strong>Parlons du cinéma Italien. Vous êtes une diplômée de l’Académie du cinéma et de la télévision de Cinecittà. Une sacrée référence! Mais qu’est devenue ces trente dernières année celle qui était l’une des usines à rêves les plus prestigieuses et les plus fascinantes avec Hollywood </strong></em>?</p>
<p>Cinecittà et le cinéma italien font face à des défis significatifs qui entravent leur relance. Parmi ceux-ci, on trouve des financements limités et une bureaucratie politique qui influence négativement les décisions artistiques, souvent subordonnées à des logiques clientélistes. La concurrence internationale, notamment de la part des productions hollywoodiennes et des plateformes de streaming, a rendu difficile le maintien de l’attention du public, tandis que le manque d’innovation dans les propositions cinématographiques contribue au déclin.Un autre problème concerne le crédit d&rsquo;impôt : l’accès à ces aides est souvent compliqué et toutes les productions ne parviennent pas à en bénéficier.</p>
<p><iframe loading="lazy" title="anna graziano showreel 2024" width="1200" height="675" src="https://www.youtube.com/embed/6Z9KqDNBIc4?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe></p>
<p>Les incertitudes réglementaires et les avantages fiscaux offerts par d&rsquo;autres pays poussent de nombreuses productions à chercher des opportunités à l&rsquo;étranger. Si ce système n&rsquo;est pas géré de manière efficace, le crédit d&rsquo;impôt pourrait ne pas fournir le soutien nécessaire au développement d&rsquo;une industrie cinématographique compétitive. Il est essentiel de libérer l’art de ces contraintes afin qu&rsquo;il puisse prospérer et refléter sa véritable essence</p>
<p><strong><em>Plus globalement, comment va la culture italienne ?<span class="Apple-converted-space">  </span>Est-ce qu’elle est aujourd’hui sur le modèle français, avec des arts<span class="Apple-converted-space">  </span>beaucoup soutenus par l’Etat et ses multiples filiales, où plutôt sur le mode américain avec une gestion ultra libérale qui signifie que la rentabilité est primordiale ?</em></strong><span class="Apple-converted-space"> </span></p>
<p>La culture italienne se trouve aujourd&rsquo;hui dans une position intermédiaire entre le modèle français et le modèle américain. D&rsquo;un côté, il existe des éléments de soutien étatique, comme des financements et des incitations pour les arts, mais souvent ce soutien n&rsquo;est pas suffisant et souffre de bureaucratie et de clientélisme. De l&rsquo;autre côté, le marché est influencé par des logiques ultralibérales, où la rentabilité est essentielle et les productions artistiques doivent démontrer un potentiel commercial.</p>
<p>Un exemple significatif de ce panorama est<strong> Paolo Sorrentino</strong>, réalisateur de films comme « <em><strong>La Grande Bellezza,</strong></em> » qui a reçu l&rsquo;Oscar du meilleur film étranger en 2014. Son travail combine une narration visuellement riche avec des réflexions profondes sur la vie et l&rsquo;art, attirant l&rsquo;attention sur le cinéma italien. Cependant, de nombreux réalisateurs émergents rencontrent des difficultés à trouver des financements et des canaux de distribution, soulignant les défis du secteur.</p>
<p>Cette dualité concerne non seulement le cinéma, mais s&rsquo;étend également à la littérature, au théâtre, à la peinture et à l&rsquo;art en général. Les écrivains et les artistes doivent naviguer entre le soutien institutionnel et les pressions du marché, cherchant souvent à maintenir leur intégrité artistique dans un contexte économique difficile. Les compagnies de théâtre et les galeries d&rsquo;art se trouvent dans des situations similaires, où la nécessité d&rsquo;attirer le public et des investissements peut influencer les choix artistiques.</p>
<p>En définitive, <a href="https://www.facebook.com/anna.graziano.180">la culture italienne se trouve dans un équilibre fragile</a>, cherchant à maintenir sa propre identité artistique tout en naviguant entre les pressions économiques et les dynamiques politiques. Le défi est de trouver un moyen de valoriser la créativité sans sacrifier la durabilité économique. Comme le chantait le grand <strong>Domenico Modugno</strong> dans « <em><strong>Amara Terra Mia</strong></em>, » l&rsquo;amour pour sa terre peut se transformer en une profonde douleur lorsqu&rsquo;on constate le risque de perdre son essence. Il est donc essentiel que la société se mobilise pour protéger et promouvoir les richesses artistiques italiennes, en investissant dans l&rsquo;avenir de la culture.</p>
<p><em><strong>L’Italie a marqué l’histoire<span class="Apple-converted-space">  </span>en donnant naissance &#8211;<span class="Apple-converted-space"> </span>surtout depuis la fin de la deuxième guerre mondiale &#8211; à des actrices et comédiennes extraordinaires. Citez-nous les noms de celles qui vous ont donné <span class="Apple-converted-space">  </span>l’envie de rejoindre le monde du théâtre et du cinéma ?</strong></em></p>
<p>Ma passion pour le théâtre m&rsquo;a été transmise par ma famille, bien avant que je ne découvre les grands noms du secteur. En parlant d&rsquo;icônes italiennes, je ne peux pas ne pas mentionner <strong>Anna Magnani</strong>, un véritable symbole du néoréalisme, dont l&rsquo;intensité et la profondeur ont laissé une empreinte indélébile. Et puis il y a <strong>Sofia Loren</strong>, une véritable légende qui a conquis le public du monde entier grâce à sa beauté et à ses performances inoubliables.</p>
<figure id="attachment_8466" aria-describedby="caption-attachment-8466" style="width: 630px" class="wp-caption alignnone"><img loading="lazy" decoding="async" class="size-full wp-image-8466" src="https://xn--mditerranennes-bkbi.com/wp-content/uploads/2024/10/magnani.png" alt="" width="630" height="459" srcset="https://xn--mditerranennes-bkbi.com/wp-content/uploads/2024/10/magnani.png 630w, https://xn--mditerranennes-bkbi.com/wp-content/uploads/2024/10/magnani-300x219.png 300w" sizes="auto, (max-width: 630px) 100vw, 630px" /><figcaption id="caption-attachment-8466" class="wp-caption-text"><strong><em>Anna a de l&rsquo;admiration et beaucoup de respect pour les actrices légendaires du cinéma de son pays. Elle cite en particulier, Ana Magnani</em></strong></figcaption></figure>
<p>&nbsp;</p>
<p>Parmi les actrices comiques, ma préférée est sans aucun doute <strong>Anna Marchesini.</strong> Elle était vraiment extraordinaire et avait un immense talent. En ce qui concerne les actrices contemporaines,<strong> Virginia Raffaele</strong> est pour moi une grande source d&rsquo;inspiration : sa polyvalence et son talent exceptionnel la rendent unique. Toutes ces artistes ont eu un impact significatif sur mon parcours artistique et je continue à puiser de l&rsquo;inspiration en elles.</p>
<p><em><strong>Les femmes, justement, parlons-en ? Dans le monde de la culture, notamment, le mouvement @MeToo, né aux Etats-Unis, est en train d’opérer une véritable révolution des moeurs en vigueur depuis des lustres et des lustres. Les femmes se rebiffent avec courage, les langues se délient pour dénoncer le machisme et les agressions sexuelles, entre autres violences.<span class="Apple-converted-space">  </span>Aux Etats-Unis et en France, les scandales se multiplient<span class="Apple-converted-space">  </span>et des têtes masculines, autrefois « intouchables », tombent. Et<span class="Apple-converted-space">  </span>l’Italie, l’autre grande nation des arts, où en t-elle</strong> </em>?</p>
<p>Le mouveme<em><strong>n</strong></em><strong>t </strong><em><strong>@MeToo</strong></em> a eu un impact mondial, mais en Italie, le changement est plus complexe. Bien que plus de cent actrices italiennes aient signé le manifeste « <em><strong>Dissenso comune</strong></em> » en soutien aux femmes ayant dénoncé des abus, la culture du silence et la peur des représailles demeurent répandues. Le féminisme est souvent mal compris comme une simple demande d&rsquo;égalité, tandis que le #MeToo est entravé par l&rsquo;incrédulité et la misogynie dans les médias.</p>
<p><strong>Asia Argento,</strong> actrice et réalisatrice, a été l&rsquo;une des premières à dénoncer publiquement les abus qu&rsquo;elle a subis, contribuant à donner de la visibilité au mouvement en Italie. Cependant, son histoire a également fait l&rsquo;objet de critiques et de controverses, mettant en évidence les difficultés à maintenir un récit cohérent et positif.</p>
<p>Par le passé, des figures comme<strong> Virna Lisi</strong> ont laissé un héritage important dans le cinéma italien, inspirant de nombreuses artistes avec leur image de femmes fortes et indépendantes. Aujourd&rsquo;hui, <strong>Paola Cortellesi</strong> se distingue par son engagement à promouvoir une plus grande représentation féminine et à dénoncer les disparités de genre.</p>
<p>Il est important de noter que, bien que le mouvement des femmes ait joué un rôle fondamental dans la déposition de <strong>Silvio Berlusconi</strong> lors des scandales sexuels, le soutien aux voix féminines reste insuffisant. Bien qu&rsquo;il y ait eu des progrès, de nombreuses femmes continuent de se sentir isolées, et les institutions ne fournissent pas le soutien nécessaire. Dans ce contexte, il est également important de rappeler<strong> Dario Fo</strong> et <strong>Franca Rame</strong>, qui ont utilisé l&rsquo;art pour dénoncer les injustices et les abus. On peut supposer que l&rsquo;Italie, ayant anticipé le #MeToo, n&rsquo;a pas encore reçu la reconnaissance qu&rsquo;elle mérite.</p>
<p>En résumé, l&rsquo;Italie a besoin d&rsquo;un mouvement plus large et coordonné pour garantir le respect et la dignité de toutes les femmes dans le secteur culturel. Ce n&rsquo;est qu&rsquo;à travers un engagement collectif qu&rsquo;un avenir plus juste et inclusif pourra être construit.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone size-full wp-image-8461" src="https://xn--mditerranennes-bkbi.com/wp-content/uploads/2024/10/241708379_4069405546520772_7050490959225290969_n.jpg" alt="" width="721" height="480" srcset="https://xn--mditerranennes-bkbi.com/wp-content/uploads/2024/10/241708379_4069405546520772_7050490959225290969_n.jpg 721w, https://xn--mditerranennes-bkbi.com/wp-content/uploads/2024/10/241708379_4069405546520772_7050490959225290969_n-300x200.jpg 300w, https://xn--mditerranennes-bkbi.com/wp-content/uploads/2024/10/241708379_4069405546520772_7050490959225290969_n-600x400.jpg 600w" sizes="auto, (max-width: 721px) 100vw, 721px" /></p>
<p><em><strong>Ce qui revient invariablement dans les commentaires de vos admirateur(trice)s sur les réseaux sociaux montre qu’ils ont une haute estime pour la personne que vous êtes. L’un d’eux écrit : « </strong>Merveilleuse actrice, parce que femme merveilleuse !<strong> « Une autre ajoute : « </strong>Une personne merveilleuse et altruiste&#8230;Avant l’artiste vient la femme que vous êtes devenue…<strong> ». Ce sont de beaux compliments ! Avant tout, vous êtes une femme bien ?</strong></em></p>
<p>Je remercie de tout cœur ceux qui me soutiennent et croient en moi ; c&rsquo;est vraiment fondamental pour un artiste, mais surtout pour la personne. Le soutien que je reçois représente une source d&rsquo;énergie et de motivation qui me pousse à donner le meilleur de moi-même dans chaque projet. Cependant, je préfère concentrer mon attention sur les aspects où je peux encore m&rsquo;améliorer, car reconnaître ses limites est le premier pas vers la croissance.</p>
<p>Chaque jour de ma vie est dédié à mon parcours de croissance personnelle et à la femme et à l&rsquo;artiste que j&rsquo;aspire à devenir. Je crois fermement que l&rsquo;authenticité et la vulnérabilité sont essentielles dans notre cheminement. Je possède un fort sens de la justice, qui me guide dans mes choix et mes actions. Cela me pousse à lutter non seulement pour moi-même, mais aussi pour ceux qui n&rsquo;ont pas de voix, afin que le monde de l&rsquo;art puisse refléter la réalité dans toutes ses facettes.</p>
<p>Je suis également une perfectionniste, m&rsquo;engageant constamment à cultiver mon honnêteté intellectuelle. Cela exige du courage et de la dévotion, mais c&rsquo;est un objectif que je considère comme sacré. La vie est un voyage d&rsquo;évolution continu, où chaque expérience, belle ou difficile, contribue à nous façonner. Il ne faut jamais abandonner ! Chaque pas en avant, chaque erreur commise, est une opportunité d&rsquo;apprendre et de s&rsquo;améliorer. Dans ce parcours, je trouve la force de faire face aux défis et la détermination de poursuivre mes rêves.</p>
<h3><strong> « Noublions pas que le mot animal contient en lui le concept d&rsquo;âme »</strong></h3>
<p><em><strong>Mais on ne peut clore cet entretien sans évoquer votre intérêt passionnel pour les animaux. Surtout les chiens et les chevaux. D’où vous vient-elle ? Pratiquez-vous l’équitation ? Comment définissez-vous ces deux êtres considérés comme les meilleurs amis de l’homme ?</strong> </em></p>
<p>J&rsquo;éprouve un profond amour pour les animaux et pour la nature ; ils sont sacrés et méritent le plus grand respect. J&rsquo;aime tous les êtres qui habitent la Terre, mais les chats ont été mon premier grand amour. Enfant, je passais des heures à jouer dans le jardin du Sanctuaire, un lieu peuplé de félins, où je passais des journées entières en leur compagnie. Mes parents ont adopté notre première petite chatte lorsque j&rsquo;avais six ans ; malheureusement, à cette époque, j&rsquo;ai aussi perdu ma sœur<strong> Angela</strong>. Après sa disparition, nous avons accueilli <em><strong>Shascha,</strong></em> une petite chatte semblable à un ragdoll, avec un pelage long et des yeux de la couleur de la mer. Peu après,<strong><em> Melany,</em></strong> une petite caniche toy, est arrivée. À partir de ce moment-là, les animaux sont devenus ma famille. Ils m&rsquo;ont sauvée dans des moments cruciaux de ma vie. Petite, j&rsquo;étais fascinée par les dessins animés de Disney et par « <em><strong>L&rsquo;Histoire sans fin</strong></em> » de <strong>W. Petersen,</strong> qui ont façonné mon imagination. Je rêvais d&rsquo;être <em><strong>Atreyu</strong></em>, chevauchant <em><strong>Artax</strong> </em>et accompagnée par<em><strong> Falkor,</strong></em> et je ne supportais pas la scène où Artax s&rsquo;enfonçait dans la mare de la tristesse.</p>
<figure id="attachment_8458" aria-describedby="caption-attachment-8458" style="width: 720px" class="wp-caption alignnone"><img loading="lazy" decoding="async" class="size-full wp-image-8458" src="https://xn--mditerranennes-bkbi.com/wp-content/uploads/2024/10/462840701_10224678146682009_3315134470592596361_n.jpg" alt="" width="720" height="540" srcset="https://xn--mditerranennes-bkbi.com/wp-content/uploads/2024/10/462840701_10224678146682009_3315134470592596361_n.jpg 720w, https://xn--mditerranennes-bkbi.com/wp-content/uploads/2024/10/462840701_10224678146682009_3315134470592596361_n-300x225.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 720px) 100vw, 720px" /><figcaption id="caption-attachment-8458" class="wp-caption-text">Une passion infinie pour le cheval et  l&rsquo;équitation. Anna est vraiment une authentique amie des animaux.</figcaption></figure>
<p>J&rsquo;ai eu un étalon andalou pendant quinze ans ; monter à cheval m&rsquo;a aidée à combler ma solitude et à incarner les rêves de mon enfance. Avant de rencontrer mon cheval, j&rsquo;ai fait un rêve où un andalou blanc, initialement fougueux, s&rsquo;est calmé à mon approche. Nous avons échangé des regards intenses, et finalement, il s&rsquo;est laissé monter. Ce rêve semblait porter un message, mais je ne comprenais pas lequel. Des années plus tard, grâce à l&rsquo;invitation d&rsquo;une amie réalisatrice,<strong> Annalisa Biancofiore</strong>, je me suis retrouvée dans un manège près de Rome. Et là, je l&rsquo;ai vu : le cheval de mon rêve, un étalon andalou blanc. Nos regards se sont croisés et ce fut immédiatement l&rsquo;amour. J&rsquo;ai ensuite découvert qu&rsquo;il s&rsquo;appelait <em><strong>« Sueño »</strong></em> : c&rsquo;était le destin.</p>
<p>Nous avons passé ensemble quinze belles années, jusqu&rsquo;à ce qu&rsquo;il me quitte en octobre 2020, une douleur que je ne peux même pas définir. Aujourd&rsquo;hui, je m&rsquo;occupe d&rsquo;environ cinquante chats, je suis bénévole à l&rsquo;<strong>ENPA</strong> (<em>Ente Nazionale Protezione Animali</em>) et j&rsquo;ai deux petites chiennes, <em><strong>Guendalina</strong></em> et <em><strong>Cannella</strong></em>, cette dernière étant paraplégique. Je vis à la campagne, dans un paradis terrestre entre la mer et les oliviers. Les animaux m&rsquo;ont sauvé la vie, et je ressens le besoin de rendre tout l&rsquo;amour qu&rsquo;ils m&rsquo;ont donné. À eux, ainsi qu&rsquo;à ma famille, je dois tout, et pour eux, je serai toujours là.</p>
<p>Une vie sans la connaissance de cet immense amour pour ces merveilleux petits anges n&rsquo;aurait pas de sens. L&rsquo;être humain est rempli d&rsquo;ornements, il est bruyant et souvent, trop souvent, il aime seulement avec des mots ; les animaux, en revanche, ressentent et aiment en silence, avec l&rsquo;âme. Il n&rsquo;y a pas besoin de phrases ornées ou de déclarations grandioses ; leur amour se manifeste dans des regards chargés de compréhension, dans des touches délicates, dans une présence affectueuse qui résonne profondément. C&rsquo;est un amour pur, qui transcende les mots et embrasse l&rsquo;essence même de la vie. Dans ce silence, les animaux nous enseignent la beauté de la connexion authentique, celle qui n&rsquo;a pas besoin d&rsquo;être exprimée, mais qui se ressent et se vit à chaque battement de cœur. Il n&rsquo;est pas étonnant que le mot « animal » contienne en lui le concept d&rsquo;âme.<span class="Apple-converted-space"> </span></p>
<p><strong>Il est difficile d’être plus Méditerranéenne que vous. Alors, si vous devez décrire en quelques mots les sentiments que vous inspire cette région du monde, que diriez-vous ?<span class="Apple-converted-space"> </span></strong></p>
<p><span class="Apple-converted-space"> </span><strong>Méditerranée</strong> est la merveille d&rsquo;un galop le long du rivage, un vol sans rênes et sans selle, une expérience qui coupe le souffle. Les bras ouverts vers le ciel, je sens le vent danser sur mon visage, emportant avec lui l&rsquo;essence de la mer et la liberté de l&rsquo;âme.Moi et Pégase, accompagnés du chant d&rsquo;un faucon, nous fusionnons dans une étreinte de pure passion, nous lançant vers l&rsquo;horizon. Le soleil, tel un artiste, se jette dans la mer, peignant le ciel de nuances dorées et cramoisies. À ce moment-là, nous nous abandonnons au rêve d&rsquo;un vol sans fin, un voyage vers le coucher de soleil, vers la Route de la Soie, vers Pétra et Constantinople, vers de nouveaux horizons, où chaque instant se transforme en un écho d&rsquo;éternité.</p>
<p><strong>#Propos recueillis par Fayçal CHEHAT (traduit de l&rsquo;Italien par Anna Graziano elle-même)</strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>LES PRÉFÉRENCES D&rsquo;ANNA</strong></p>
<p><strong>Votre livre:</strong> la Divina Commedia, Dante Alighieri</p>
<p><strong>Votre film</strong>: La storia Infinita W. Petersen</p>
<p>Votre serie: Marco Polo<span class="Apple-converted-space">  </span>creata da J. Fusco per Netflix</p>
<p>Votre chanson : The Show Must Go On (Queen)</p>
<p><strong>Votre ville</strong>: Roma</p>
<p><strong>Votre peintre</strong>:  Caravaggio</p>
<p><strong>Votre  acteur</strong>:   Robbie Williams</p>
<p><strong>Votre actrice :</strong> attrice:  Meryl Streep</p>
<p><strong>Votre parfum</strong> : Acqua di Giò</p>
<p><strong>Votre  sport</strong>: Equitazione</p>
<p><strong>Votre talent caché</strong>: Imitatrice</p>
<p><strong>Votre voyage inoubliable</strong>: Tunisia</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Liens utiles</strong> :</p>
<p>https://www.facebook.com/anna.graziano.180</p>
<p><strong> Crédit photo</strong>s : Anna Graziano</p>
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		<title>Salvatore Ruocco, adoubé par l&#8217;Amérique !</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Fayçal Chehat]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 25 Jun 2024 07:06:42 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[PAROLES, PAROLES …]]></category>
		<category><![CDATA[Abel Ferrara]]></category>
		<category><![CDATA[Acteur]]></category>
		<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Italie]]></category>
		<category><![CDATA[Méditerranéennes Magazine]]></category>
		<category><![CDATA[Salvatore Ruocco]]></category>
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					<description><![CDATA[<p> Salvatore Ruocco est désormais une valeur sûre d&#8217;un cinéma italien en train de remonter la pente après les années maigres de la décénnie 2000. Et l&#8217;enfant de Naples fait incontestablement partie des acteurs et actrices qui participent à cette renaissance et sont à la fois le présent et le futur de la créativité en  pays [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong> Salvatore Ruocco</strong> est désormais une valeur sûre d&rsquo;un cinéma italien en train de remonter la pente après les années maigres de la décénnie 2000. Et l&rsquo;enfant de Naples fait incontestablement partie des acteurs et actrices qui participent à cette renaissance et sont à la fois le présent et le futur de la créativité en  pays transalpin.</p>
<p>C&rsquo;est entre deux pauses du tournage de <strong>la série « Iris »,</strong> produite par<strong> Sky UK</strong> et réalisée par <strong>Terry McDonough </strong>qui se déroule en Sardaigne, que le sémillant   italien à  accepté  avec gentillesse et élégance de répondre à nos questions.</p>
<p>Le choix de mettre à la une d&rsquo;un website  dédié aux femmes  un acteur peut surprendre nos lecteurs et lectrices. Mais nous avions de bonnes raisons de le faire parce que celui qui a grandi au quartier Rione Sanità  est un suiveur assidu  voire passionné de  <strong>Méditerranéennes Magazin</strong>e et un défenseur attentif et engagé de la lutte  des femmes pour leurs droits. Tous leurs droits.</p>
<p>Sa carrière commence clairement en 2008 quand il fait partie du casting du film événement , « <strong>Gomorra</strong>« , qui décrit une capitale  prise dans l&rsquo;étau puissant et dévastateur de la mafia.Une oeuvre étouffante du réalisateur Matteo Garrone dont s&rsquo;inspirera la fascinante série (5 saisons) rendue très populaire en France  par la chaîne payante <strong>Canal +</strong> entre  mai 2014 et mai 2021.</p>
<p>Puis, en 2009,  c&rsquo;est un géant du cinéma  hollywodien, <strong>Abel Ferrara</strong>, auteur, entre autres, des fameux <i><span lang="en"><strong>The King of New York</strong>, <strong>Bad lieutenan</strong>t  et  <strong>Nos funerailles</strong>, qui lui ouvre la porte d&rsquo;un super casting et un rôle dans le film-dccumentaire <strong>Napoli, Napoli, Napoli</strong>. Cette entrée en matière n&rsquo;était en fait que le début d&rsquo;unc solide collaboration. Entre un réalisateur </span>totem et l&rsquo;acteur  à la fois ambitieux  et respectueux des valeurs, dont celle du travail bien fait, cela matche incontestablement.</i></p>
<p>L&rsquo;aventure continue grâce à  une oeuvre  d&rsquo;auteur, « L&rsquo;Intervallo » (2012,)   certes moins clinquante mais très importante sur le fond et par le style,  signée <em><strong>Leonardo Di Costanzo.  Salvatore Ruocco</strong> se voit offrir une nouvelle </em> chance de briller en  tournant au plus haut niveau. Le  film  est récompensé du  prix <b><span class="lang-it" lang="it">David di Donatello</span></b> du meilleur réalisateur débutant. Un long métrage  très original, un quasi huis-clos, applaudi par la critique nationale et internationale. Salvatore Ruocci  y campe le rôle de <em><strong>Mimmo</strong></em>.</p>
<p>Puis, Abel <i><span lang="en"> Ferrara tendra à nouveau la main  au jeune Italien  en 2021 en l&rsquo;invitant à tourner dans le thriller  » </span></i><span lang="en" style="font-style: italic;"><strong>Zeros and Ones »</strong></span><span lang="en">sorti à l&rsquo;international en 2021 et </span>récompensé  la même année au festival de Locarno du prix de la  mise en scène. Mais le meilleur est à venir pour l&rsquo;ancien boxeur reconverti au cinéma, Lorsque Ferrara  lui permet d&rsquo;endosser en 2023  l&rsquo;un des trois rôles les  plus importants du long métrage <em><strong>Padre Pio, c</strong></em>elui de Vincenzo, et de donner  la réplique, excusez du peu,  à deux grandes figures  de Hollywood , en l&rsquo;occurence <strong>Shia Saide LaBeouf  et Willem Dafoe.</strong></p>
<p><iframe loading="lazy" title="Padre Pio - Official Trailer (2023) Shia LaBeouf, Cristina Chiriac, Marco Leonardi" width="1200" height="675" src="https://www.youtube.com/embed/_31R8VahQyg?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe></p>
<p>Cette dernière axpérience réussie  fait comprendre  à l&rsquo;acteur formé aussi au théâtre à l&rsquo;école Liberascenaensamble qu&rsquo;il a une chance de se faire une place dans la grande machinerie américaine. Et cela se vérifie lrrsque le réalisateur et producteur américain,<strong> Antoine Furqa  &#8211; </strong> le fameux <strong><em>Training Day, </em></strong><em>c&rsquo;est lui </em><strong>&#8211; </strong>l&rsquo;invite à jouer dans <strong><i>The Equalizer  </i></strong><i>en compagnie  de l&rsquo;immense</i><strong><i> Denzel </i></strong><b><i>Washington. </i></b></p>
<p><b><i> </i></b>En quatre semaines de commercialisation le film, tourné à Naples puis à Rome,  a cumulé une recette de  200 millions de dollars.Un jack pot!  Dans cet entretien exclusif, le comédien  italien qui monte, et à  l&rsquo;évidence en train d&rsquo;être adoubé par l&rsquo;Amérique, se confie avec cette sobriété et cette pudeur qui lui vont si bien.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone size-full wp-image-7691" src="https://xn--mditerranennes-bkbi.com/wp-content/uploads/2024/06/416048278_3217658748527280_8732264030694527605_n.jpg" alt="" width="960" height="960" srcset="https://xn--mditerranennes-bkbi.com/wp-content/uploads/2024/06/416048278_3217658748527280_8732264030694527605_n.jpg 960w, https://xn--mditerranennes-bkbi.com/wp-content/uploads/2024/06/416048278_3217658748527280_8732264030694527605_n-300x300.jpg 300w, https://xn--mditerranennes-bkbi.com/wp-content/uploads/2024/06/416048278_3217658748527280_8732264030694527605_n-150x150.jpg 150w, https://xn--mditerranennes-bkbi.com/wp-content/uploads/2024/06/416048278_3217658748527280_8732264030694527605_n-768x768.jpg 768w" sizes="auto, (max-width: 960px) 100vw, 960px" /></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Méditerranéennes Magazine: En 2023 vous tournez « Padre Pio » sous la direction de l&rsquo;illustre Abel Ferrara qui raconte un massacre survenu en 1920 qui fit 14 morts et 80 blessés à Monte Sant&rsquo;Angelo dans les Pouilles après la Première Guerre mondiale. Guerre mondiale. Le meurtre de San Giovanni Rotondo, celui du Saint Padre Pio. C’était, selon l’intrigue du film, la naissance du fascisme</strong>.</p>
<p><strong>Salvatore Ruocco:</strong> Tout le monde n’est pas au courant du massacre de San Giovanni Rotondo, une tragédie survenue pendant les élections. Le film « Padre Pio » éclaire également cette partie de l&rsquo;histoire. Pour ce film, j&rsquo;ai étudié l&rsquo;ensemble de l&rsquo;événement en profondeur.</p>
<p><strong>Ce fut un premier grand tournant dans votre jeune carrière ?</strong></p>
<p>« Padre Pio » est l&rsquo;un des films qui ont rendu ma carrière la plus stimulante. Mon personnage s&rsquo;appelle Vincenzo et c&rsquo;est un soldat, et il est décoré pour la guerre, un héros. En échange d&rsquo;un œil, ils lui donnèrent une médaille. J&rsquo;ai mis beaucoup d&rsquo;efforts dans mon caractère : j&rsquo;ai perdu environ 10 kg. J&rsquo;ai étudié toute l&rsquo;histoire en profondeur, en étudiant l&rsquo;anglais, parce qu&rsquo;Abel Ferrara voulait que nous jouions dans cette langue, et en m&rsquo;entraînant à « voir » avec un seul œil, puisque mon personnage n&rsquo;en a qu&rsquo;un. La sortie du film en Amérique m&rsquo;a permis de m&rsquo;y faire connaître aussi. Chaque fois que vous travaillez avec Abel Ferrara, c&rsquo;est un moment déterminant dans votre carrière.</p>
<figure id="attachment_7686" aria-describedby="caption-attachment-7686" style="width: 800px" class="wp-caption alignnone"><img loading="lazy" decoding="async" class="size-full wp-image-7686" src="https://xn--mditerranennes-bkbi.com/wp-content/uploads/2024/06/440570779_3297961887163632_3026819729736921668_n.jpg" alt="" width="800" height="562" srcset="https://xn--mditerranennes-bkbi.com/wp-content/uploads/2024/06/440570779_3297961887163632_3026819729736921668_n.jpg 800w, https://xn--mditerranennes-bkbi.com/wp-content/uploads/2024/06/440570779_3297961887163632_3026819729736921668_n-300x211.jpg 300w, https://xn--mditerranennes-bkbi.com/wp-content/uploads/2024/06/440570779_3297961887163632_3026819729736921668_n-768x540.jpg 768w" sizes="auto, (max-width: 800px) 100vw, 800px" /><figcaption id="caption-attachment-7686" class="wp-caption-text"><em>Une grande amitié liait l&rsquo;acteur  au  comédien, scénariste  et réalisateur-producteur  Gaetano Di Vaio décédé le 22 mai 2024 à l&rsquo;âge de 56 ans    (Photo page Facebook Salvatore Ruocco)</em></figcaption></figure>
<p><strong>Avec ce film, vous avez réussi à gagner sans aucun doute la confiance et le respect de Ferrara : « Je ne cesse de l&rsquo;étudier, c&rsquo;est un génie », dites-vous. Avec qui vous entretenez désormais une relation personnelle.</strong></p>
<p>C&rsquo;est le cinquième projet que je réalise avec Abel Ferrara. Il est très exigeant avec les acteurs. Quand un réalisateur comme Abel vous choisit, c&rsquo;est que vous avez du talent. Chaque fois qu&rsquo;Abel m&rsquo;implique dans un de ses projets sans même me faire passer une audition, c&rsquo;est pour moi comme gagner un prix. Quand je travaille avec lui, je l&rsquo;étudie attentivement. Il y a beaucoup à apprendre d&rsquo;un maître comme lui. Nous avons une excellente relation.</p>
<p><strong>Ce film vous a aussi laissé un autre souvenir indélébile. Lors de la soirée organisée en l&rsquo;honneur de sa présentation à la Mostra de Venise, vous avez reçu un hommage d&rsquo;un certain Tony Garnier qui n&rsquo;était autre que&#8230; Parlez-nous-en..</strong>.</p>
<p>Après la projection à la Mostra de Venise, il m&rsquo;est arrivé un épisode curieux qui m&rsquo;a rendu heureux. Un monsieur s&rsquo;est approché de moi et m&rsquo;a comblé de compliments, et je l&rsquo;ai remercié. Alors la femme de Ferrara m&rsquo;a dit : « Tu sais qui est ce type ? ». « Non, » répondis-je. « C&rsquo;est Tony Garnier, le bassiste de Bob Dylan. » J&rsquo;étais très heureux.</p>
<p><strong>Mi-juin, vous avez annoncé que vous aviez été sélectionné au casting de , l&rsquo;un des réalisateurs de séries célèbres telles que « <em>Breaking Bad</em> » et « <em>Better Call Saul</em> »…Un saut d&rsquo;une qualité impressionnante qui vous place en quelque sorte dans le cercle des jeunes acteurs bankables ?</strong></p>
<p>Travailler avec Terry McDonough sur un projet écrit par Neil Cross, auteur et scénariste de nombreuses séries à succès, dont la série « Luther », lauréate d&rsquo;un Golden Globe, me rend vraiment heureux. Terry est fantastique, j&rsquo;ai aussi rencontré Neil, une personne vraiment extraordinaire. Travailler avec eux est merveilleux, c&rsquo;est comme une famille.</p>
<figure id="attachment_7696" aria-describedby="caption-attachment-7696" style="width: 970px" class="wp-caption alignnone"><img loading="lazy" decoding="async" class="size-full wp-image-7696" src="https://xn--mditerranennes-bkbi.com/wp-content/uploads/2024/06/447307451_3307644606195360_2023215115072286853_n-e1719175323779.jpg" alt="" width="970" height="770" /><figcaption id="caption-attachment-7696" class="wp-caption-text"><em>Salvatore Ruocco en compagnie de Shia LaBeouf et Cristina Chiriac (crédit photo Salvatore Ruocco)</em></figcaption></figure>
<p><strong>Il semble pourtant que vous entrez dans ce nouveau monde à la fois avec fierté mais aussi avec humilité, comme le démontre le message que vous avez posté lors de votre embarquement pour Londres : « </strong>Entraînez-vous sans relâche, souffrez en silence, endurez sans vous inquiéter et ne vous sentez jamais épanoui ( …). ) J&rsquo;ai rencontré des acteurs de renommée mondiale qui avaient de l&rsquo;humilité à revendre ; nous devons apprendre d’eux à rester humbles et déterminés, car seuls ceux qui ont un cœur pur et un esprit fort peuvent véritablement atteindre les étoiles. C&rsquo;est d&rsquo;une telle clarté&#8230;</p>
<p>En effet, à ceux qui me demandent conseil, je réponds toujours : pour rester bien ancré, il est indispensable d&rsquo;avoir une paire de chaussures solides. Et surtout, il est essentiel de toujours garder l’humilité.</p>
<p><strong>Quand la porte de la grande famille du 7ème art est entrouverte pour vous, on a l&rsquo;impression que vous êtes comme un enfant qui découvre l&rsquo;univers de toutes ses légendes préférées et ressent admiration et respect. Racontez-nous l&rsquo;expérience professionnelle partagée sur Equalizer 3 avec Robert Richardson, le seul directeur de la photographie récompensé par trois Oscars..</strong>.</p>
<p>Dans « The Equalizer », c&rsquo;était comme un rêve devenu réalité. J&rsquo;ai noué une très belle relation avec Antoine Fuqua ; c&rsquo;est un réalisateur fantastique. J&rsquo;ai eu le plaisir de rencontrer Denzel Washington, une personne humble et serviable. Robert Richardson m&rsquo;a aussi beaucoup intrigué ; Je l&rsquo;ai regardé avec admiration.</p>
<figure id="attachment_7687" aria-describedby="caption-attachment-7687" style="width: 901px" class="wp-caption alignnone"><img loading="lazy" decoding="async" class="size-full wp-image-7687" src="https://xn--mditerranennes-bkbi.com/wp-content/uploads/2024/06/338886289_1678075869311972_8746596507197383649_n-e1719133515768.jpg" alt="" width="901" height="620" /><figcaption id="caption-attachment-7687" class="wp-caption-text">DR Photo ( Page Facebook Salvatore Ruocco )</figcaption></figure>
<p><strong>Quel type de cinéma préférez-vous : comédie, historique, action-aventure, thriller, politique… Et pourquoi ?</strong></p>
<p>Je préfère le genre policier pour sa capacité à tenir le spectateur en haleine et à créer du suspense et des émotions intenses. Je suis fasciné par la complexité des intrigues, les rebondissements et les nuances psychologiques des personnages. Je trouve que le thriller est un genre très prenant qui pousse à réfléchir et à essayer d&rsquo;anticiper les évolutions de l&rsquo;histoire. Mais j&rsquo;aime aussi la comédie,  l&rsquo;histoire, le film d&rsquo;action&#8230;</p>
<p><strong>Le cinéma italien a vu des acteurs devenir des légendes mondiales. Pour ne citer que les plus impressionnants : Alberto, Sordi, Marcello Mastroianni, Vittorio Gassman, Totò, Nanni Manfredi etc. Y en a-t-il un qui vous a particulièrement marqué</strong> ?</p>
<p>J&rsquo;aime tous ces acteurs, mais en particulier <strong>Totò</strong> et <strong>Mastroianni.</strong> Totò parce que je crois que c&rsquo;est un comédien avec un talent immense et unique, et aussi je suis né dans le même quartier où il a grandi, un immeuble en premier. Mastroianni parce que c&rsquo;est un acteur extrêmement charismatique ; il peut communiquer même sans parler. Il a un talent extraordinaire pour transmettre l’émotion à travers le silence, l’action et les non-dits.</p>
<p><strong>Et parmi ceux d’aujourd’hui, quels sont les noms à retenir ?</strong></p>
<p>Salvatore Ruocco, ha ha ha !</p>
<p><strong>Parlons des actrices, italiennes en premier. De l&rsquo;âge d&rsquo;or de Cinecittà des années 50 aux années 80, vous n&rsquo;y êtes certainement pas né, mais lesquels resteront marqués voire déformés ?</strong></p>
<p>Des actrices telles que <em><strong>Sophia Loren</strong></em>, <strong>Gina Lollobrigida</strong>,<em><strong> Claudia Cardinale</strong></em> et <em><strong>Anna Magnani</strong> </em>sont des icônes du cinéma italien, dont le talent et la beauté ont laissé une marque indélébile au niveau international, contribuant de manière significative à l&rsquo;histoire du cinéma avec des rôles profonds et mémorables.</p>
<figure id="attachment_7716" aria-describedby="caption-attachment-7716" style="width: 1882px" class="wp-caption alignnone"><img loading="lazy" decoding="async" class="size-full wp-image-7716" src="https://xn--mditerranennes-bkbi.com/wp-content/uploads/2024/06/304848839_2902294260063732_9106819795317389766_n.jpg" alt="" width="1882" height="1176" srcset="https://xn--mditerranennes-bkbi.com/wp-content/uploads/2024/06/304848839_2902294260063732_9106819795317389766_n.jpg 1882w, https://xn--mditerranennes-bkbi.com/wp-content/uploads/2024/06/304848839_2902294260063732_9106819795317389766_n-300x187.jpg 300w, https://xn--mditerranennes-bkbi.com/wp-content/uploads/2024/06/304848839_2902294260063732_9106819795317389766_n-1024x640.jpg 1024w, https://xn--mditerranennes-bkbi.com/wp-content/uploads/2024/06/304848839_2902294260063732_9106819795317389766_n-768x480.jpg 768w, https://xn--mditerranennes-bkbi.com/wp-content/uploads/2024/06/304848839_2902294260063732_9106819795317389766_n-1536x960.jpg 1536w" sizes="auto, (max-width: 1882px) 100vw, 1882px" /><figcaption id="caption-attachment-7716" class="wp-caption-text"><em> Cinq films tournés sous la direction de l&rsquo;Américain Abel Ferrara (Photo page Facebook Samvatore Ruocco)</em></figcaption></figure>
<p><strong> Les cinémas américain et français connaissent une période mouvementée où les comportements et pratiques des hommes &#8211; acteurs, producteurs, réalisateurs etc-  vis-à-vis des femmes sont  jugés répréhensibles et sont fortement remis en question. Une révolu tion qui laissera sans aucun doute des traces. Que  vous inspie cette nouvelle donne?</strong></p>
<p>Une révolution significative qui laissera sûrement des traces. Ce changement inspire de profondes réflexions sur la responsabilité, l’éthique et la nécessité de créer des environnements de travail sûrs et respectueux pour tous dans l’industrie cinématographique.</p>
<p><strong>Sur ce plan, le cinéma italien semble moins effervescent. Est-ce vrai ou est-ce juste une impression, vue de loin ? Même si les violences faites aux femmes ne laissent pas indifférentes toutes les couches de la société, comme en témoigne l&rsquo;incroyable succès du film « Il y a encore demain » qui a attiré près de 7 millions de spectateurs en salles en seulement quelques mois en 2023. Avez-vous vu le film de Paola Cortellesi?</strong></p>
<p>Le cinéma italien est confronté à des défis différents de ceux des cinémas américain et français, mais il n&rsquo;en est pas moins dynamique pour cette raison. Le succès de films comme « Il y a encore demain » démontre que des questions importantes telles que la violence contre les femmes continuent de résonner profondément auprès du public italien, attiré par des histoires significatives et bien racontées comme celle de<strong><em> Paola Cortellesi.</em></strong></p>
<p><strong> Et vous, comment vivez-vous cette période mouvementée, presque révolutionnaire, dans les relations entre les femmes et les hommes ?</strong></p>
<p>Personnellement, je vis cette période de changement dans la relation entre les femmes et les hommes avec une réflexion profonde et un engagement renouvelé en faveur de la promotion de l&rsquo;égalité des sexes et du respect mutuel.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="size-full wp-image-7688 aligncenter" src="https://xn--mditerranennes-bkbi.com/wp-content/uploads/2024/06/402853071_3189651921327963_1817043018922959677_n.jpg" alt="" width="226" height="178" /></p>
<p><strong>Quelles sont les autres passions du grand acteur en devenir comme vous ?</strong></p>
<p>J&rsquo;aime lire, collectionner des objets vintage et boxer.</p>
<p><strong>Dans le dernier film, vous avez suivi une période d&rsquo;entraînement intense pour jouer le rôle d&rsquo;un boxeur&#8230; Le sport a-t-il une place importante dans votre quotidien ?</strong></p>
<p>Le sport a certainement une place importante dans ma vie quotidienne. Cela m&rsquo;aide non seulement à maintenir ma forme physique, mais aussi à me concentrer, à gérer le stress et à maintenir un équilibre mental positif.</p>
<p><strong>Nous avons l&rsquo;impression que pour vous l&rsquo;amitié est une valeur essentielle, toujours forte sur les terres méditerranéennes. C&rsquo;est ce que l&rsquo;on ressent en lisant le message que vous avez posté le 22 mai dernier en hommage au décès de votre ami Gaetano</strong>&#8230;</p>
<p>Gaetano  a été pour moi une figure fondamentale. Nous avons commencé presque ensemble et j&rsquo;ai beaucoup appris de lui. C&rsquo;était un producteur extraordinairement talentueux. Son absence est encore difficile à croire et je ne l’oublierai jamais.</p>
<p><strong>Quelles bonnes choses attendez-vous dans les années à venir ?</strong></p>
<p>J&rsquo;attends plus de paix dans le monde et une plus grande sérénité.</p>
<p><strong>Vous avez des origines napolitaines. Pouvez-vous nous dire quelques mots sur cette ville emblématique italienne en particulier et sur la Méditerranée en général ?</strong></p>
<p>Naples est une ville emblématique, riche en histoire, culture et traditions uniques. Son esprit vibrant et sa beauté sont célébrés dans le monde entier. La Méditerranée, dans son ensemble, représente pour moi une source d&rsquo;inspiration inépuisable : la mer, la gastronomie, la musique et l&rsquo;hospitalité chaleureuse sont des éléments qui rendent cette région si spéciale et fascinante.</p>
<p><strong>#Propos recueillis par Fayçal CHEHAT</strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>LE PREFERENZE DI SALVARORE</p>
<p>Ton livre : <b>Uomini e Topi  di John Steinbeck</b></p>
<p>Ton film: <b>Toro Scatenato di Martin Scorsese </b></p>
<p>Ta  série: <b>Luther </b></p>
<p>Ta chanson : Wonderful World Brano di Sam Cooke</p>
<p>Ta ville : <b>Napoli </b></p>
<p>Ton peintre : <b>Van Gogh </b></p>
<p>Ton acteur:  <b>Marlon Brando </b></p>
<p>Ton  actrice : <b>Maryli</b><b>n Monroe </b></p>
<p>Ton parfum: <b>Incenso </b></p>
<p>Ton sport  : l<strong>a boxe </strong></p>
<p>Ton talent caché : <b> Créer des belles choses avec rien</b></p>
<p>Ton voyage inoubliable : <b>Paris ! </b></p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>Katia Hadj Messaoud,danse et architecture au coeur</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Fayçal Chehat]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 22 May 2024 14:14:05 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[PAROLES, PAROLES …]]></category>
		<category><![CDATA[Algérie]]></category>
		<category><![CDATA[Architecture]]></category>
		<category><![CDATA[Danse]]></category>
		<category><![CDATA[Katia Hadj Messaoud]]></category>
		<category><![CDATA[Méditerranéennes Magazine]]></category>
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					<description><![CDATA[<p> Katia Hadj Messaoud est architecte de profession. Elle est aussi férue de danse au point de vouloir en faire son métier.Dans une Algérie en pleine mutation, l’Algéroise de 27 ans tente de concilier ses deux passions. Entretien entre deux pointes.  C&#8217;est dans  le cadre de notre partenariat  entamé en mars dernier, quz nous partageons dans les [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong> Katia Hadj Messaoud</strong> est architecte de profession. Elle est aussi férue de danse au point de vouloir en faire son métier.Dans une Algérie en pleine mutation, l’Algéroise de 27 ans tente de concilier ses deux passions. Entretien entre deux pointes.  C&rsquo;est dans  le cadre de notre partenariat  entamé en mars dernier, quz nous partageons dans les colonnes de <strong>Méditerranéennes Magazine</strong>  cet entretien réalisé par Nasser Mabrouk pour le website <strong>dzairworld.com</strong> consacré à l’actualité de l’Algérie.</p>
<p><strong>Pouvez vous brièvement retracer votre parcours professionnel ?</strong></p>
<p><strong>Katia Hadj Messaoud</strong>: Je suis diplômée de l’école polytechnique d’architecture et d’urbanisme d’alger depuis juin 2018.  J’ai exercé pendant 9 mois dans un bureau d’architecture et de décoration d’intérieur. C’est en m’insèrant dans le milieu professionnel que je suis rendue compte que notre métier n’était pas assez valorisé. Aujourd’hui, je continue en freelance dans l’aménagement et la décoration.</p>
<p><strong>De quelle manière ce métier d’architecte est il dévalorisé ?</strong></p>
<p>Aux yeux des clients, nous ne sommes que des dessinateurs de plans et non des concepteurs d’espaces et d’ambiances. La mentalité se résume à ramener un maçon qui exécutera les idées que le client a déjà en tête. Or, nous savons pertinemment que la conception est un processus complexe dans lequel intervient plusieurs corps de métiers tels que les architectes, ingénieurs…Nous sommes souvent très limités d’un point de vue créatif en raison des exigences des particuliers qui privilégient des styles architecturaux extravagants. Ils veulent juste exhiber leurs richesses.  Rares sont ceux qui ont des tendances minimalistes ou contemporaines.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="aligncenter wp-image-7493" src="https://xn--mditerranennes-bkbi.com/wp-content/uploads/2024/05/1713366931512.jpeg" alt="" width="998" height="250" srcset="https://xn--mditerranennes-bkbi.com/wp-content/uploads/2024/05/1713366931512.jpeg 798w, https://xn--mditerranennes-bkbi.com/wp-content/uploads/2024/05/1713366931512-300x75.jpeg 300w, https://xn--mditerranennes-bkbi.com/wp-content/uploads/2024/05/1713366931512-768x192.jpeg 768w" sizes="auto, (max-width: 998px) 100vw, 998px" /></p>
<p><strong>Vous parlez des particuliers. Qu’en est-il des commandes de l’Etat?</strong></p>
<p>En ce qui concerne les projets de l’Etat, malheureusement nous ne sommes pas libres quant à la conception. nous sommes des exécutants.</p>
<p><strong>Outre l’architecture, votre aimez la danse. D’où vous vient cette passion?</strong></p>
<p>J’ai toujours adoré les discipline telles que la gymnastique, le patinage artistique, la danse…. Le jour où je suis partie m’inscrire au studio Sylphide, à Alger,  je voulais faire de la gymnastique.  On m’a dit que cette discipline avait été remplacée par la danse classique. Du coup je me suis laissée tenter. J’avais 10 ans quand tout a commencé. Jusqu’à mes 23 ans, je pratiquais cela comme un hobby. C’est en participant un jour à la cérémonie d’ouverture et de clôture des Jeux africains de la jeunesse ( 2018) que j’ai découvert une communauté de danseurs qui venaient des quatre coins d’Algérie. Je me alors suis dite que nous pouvions en faire un vrai métier et vivre de cette passion.</p>
<p><strong>Combien de fois par jour vous entrainez vous?</strong></p>
<p>Cela dépend de la disponibilité des salles. J’essaie de m’entrainer 2 à 3 fois par semaine. Cela reste malgré tout trop peu.</p>
<p><strong>Avez-vous des références dans le milieu de la danse?</strong></p>
<p>Dans le style moderne et contemporain, j’aime beaucoup ce que fait la compagnie de Martha Graham. En classique mes  références sont Svetlana Zakhaova et Anna Tikhomirova.</p>
<p><strong>Vous faites maintenant partie d’une des seules compagnies de danse sur Alger. Pouvez vous nous en dire un peu plus sur celle-ci ?</strong></p>
<p>Je fais partie de la compagnie <em>Antonna </em>(Vous en arabe). Nous sommes 4 filles et 1 garçon. Nous sommes dirigés par la chorégraphe Samar Bendaoud qui a reçu une formation classique et contemporaine d’une génération qui a été formée en Russie.</p>
<p><strong>Existent-ils d’ autres compagnies à Alger?</strong></p>
<p>Si je ne me trompe pas, il n’y a que 3 ou 4 petites compagnies. Nous faisons partie des premières qui sont officielles.</p>
<p><strong>Quelles sont les possibilités d’apprendre la danse sur Alger?</strong></p>
<p>Il y a l’institut supérieur des métiers d’art et de la scène «  l’ISMAS » qui propose aussi un apprentissage de la danse.Il existe des écoles de danse privées, des salles de sport où on y retrouve cette discipline. Il y a aussi l’opéra d’Alger qui a récemment ouvert ses portes aux futurs petites danseuses. Par contre, il n’y a pas d’école qui nous offre une formation professionnelle complète comme nous pouvons en retrouver à l’étranger. En Algérie, on essaie de se donner les moyens d’apprendre que ce soit en école,  dans la rue, où la plupart des danseurs de break et de hip-hop s’entrainent après avoir appris sur les réseaux sociaux. Je leur tire chapeau car certains sont vraiment excellents.</p>
<figure class="wp-block-image"><img decoding="async" class="wp-image-1992 td-animation-stack-type0-2" src="https://www.test.dzairworld.com/wp-content/uploads/2020/02/Photo-Racha-Ab-03.jpeg" alt="" /></figure>
<p>&nbsp;</p>
<figure id="attachment_7491" aria-describedby="caption-attachment-7491" style="width: 850px" class="wp-caption alignnone"><img loading="lazy" decoding="async" class="size-full wp-image-7491" src="https://xn--mditerranennes-bkbi.com/wp-content/uploads/2024/05/29a2a0bce5ed096e1c1ac79bf071b081.jpg" alt="" width="850" height="480" srcset="https://xn--mditerranennes-bkbi.com/wp-content/uploads/2024/05/29a2a0bce5ed096e1c1ac79bf071b081.jpg 850w, https://xn--mditerranennes-bkbi.com/wp-content/uploads/2024/05/29a2a0bce5ed096e1c1ac79bf071b081-300x169.jpg 300w, https://xn--mditerranennes-bkbi.com/wp-content/uploads/2024/05/29a2a0bce5ed096e1c1ac79bf071b081-768x434.jpg 768w" sizes="auto, (max-width: 850px) 100vw, 850px" /><figcaption id="caption-attachment-7491" class="wp-caption-text"><em>Katia Hadj Messaoud avec la compagnie de danse Antonna dans « Spectacle, j&rsquo;écris ton nom » à Aler en 2019 (photo D.R)</em></figcaption></figure>
<p>© crédit photo/ Racha Ab</p>
<p><strong>Avez vous pu produire quelque chose avec <em>Antonna</em> ?</strong></p>
<p>Nous nous sommes produits en juin 2019 sur la scène du théâtre national algérien ainsi qu’à la salle Ibn Zeydoun. Notre spectacle s’ intitule « <em>J’écris ton nom </em>» . Il est tiré du célèbre poème de Paul Eluard « <em>Liberté</em> ». C’est un spectacle qui a pour but d’éveiller les consciences, de bousculer les esprits sur l’importance et la liberté de la femme. La choré, avec quelques figures osées,  et les costumes – ma robe rouge échancrée sur les cotés –  sont une première pour l’Algérie.</p>
<p><strong>Vous essayez de percer dans ce milieu. Comment vous faite vous connaitre?</strong></p>
<p>J’ai un compte Instagram avec plus de 3500 followers. Je veux rendre visible cette communauté de danseurs. Je veux montrer qu’on a du potentiel, que nous sommes capables d’avoir des danseurs professionnels digne de ce nom. J’essaie de montrer le quotidien d’un artiste algérien à travers des stories. J’alimente mes publications avec différentes photos de danse ou des vidéos. Je m’ouvre à ce monde artistique en participant à des workshops, en effectuant quelques tournages (spot publicitaire, clip video). A coté de cela, j’enseigne à des petites filles et aux adultes la danse classique.</p>
<p><strong>Avez vous pensé à partir à l’étranger vous apprendre d’autres techniques de danse ?</strong></p>
<p>Il y a des opportunités de danse à l’étranger mais cela dépend des moyens de chacun et des visas bien évidemment.</p>
<figure id="attachment_7489" aria-describedby="caption-attachment-7489" style="width: 1080px" class="wp-caption alignnone"><img loading="lazy" decoding="async" class="wp-image-7489 size-full" src="https://xn--mditerranennes-bkbi.com/wp-content/uploads/2024/05/Katia-Hajd-Messaoud.jpg" alt="" width="1080" height="870" srcset="https://xn--mditerranennes-bkbi.com/wp-content/uploads/2024/05/Katia-Hajd-Messaoud.jpg 1080w, https://xn--mditerranennes-bkbi.com/wp-content/uploads/2024/05/Katia-Hajd-Messaoud-300x242.jpg 300w, https://xn--mditerranennes-bkbi.com/wp-content/uploads/2024/05/Katia-Hajd-Messaoud-1024x825.jpg 1024w, https://xn--mditerranennes-bkbi.com/wp-content/uploads/2024/05/Katia-Hajd-Messaoud-768x619.jpg 768w" sizes="auto, (max-width: 1080px) 100vw, 1080px" /><figcaption id="caption-attachment-7489" class="wp-caption-text"><em> © crédit photo/ Firas Zaghez </em></figcaption></figure>
<p><strong>En tant qu’architecte de formation, voyez des similitudes ou des complémentarités entre la danse et l’architecture? </strong></p>
<p>Il y a effectivement une complémentarité entre les deux. L’architecture est un art qui nous pousse à être créatifs, à s’inspirer de tout et de n’importe quoi, à concevoir, à construire, à dessiner, à créer des ambiances, à marquer les esprits …Tout ce champs lexical lié à l’architecture est complètement adaptable à celui de la danse. Ma formation à l’école d’architecture m’a beaucoup aidée à m’ouvrir sur le monde artistique.</p>
<p><strong>Dans la danse, la notion d’espace est fondamentale. En diriez vous autant en architecture? </strong></p>
<p>L’espace est le pont entre ces deux arts. En tant qu’architecte nous sommes concepteurs d’espaces. En tant que danseurs nous occupons ces mêmes espaces. L’un ne se dissocie pas de l’autre.</p>
<p><strong>La danse n’est ce pas en quelque sorte l’opposée de l’architecture?. Un corps mobile face à un corps statique? L’éphémère face au durable? L’abstrait face au concret? La sensibilité face à la matière?</strong></p>
<p>Un édifice est beaucoup moins insensible qu’on ne le pense.J’estime qu’un objet qui nous procure une sensation détient une sensibilité. La danse complémente l’architecture dans le sens où elle peut donner vie à cet espace conçu. Quand le corps est en mouvement dans un espace, il entre en symbiose avec son environnement. La danse et le bâtiment sont durables quand ils arrivent à marquer les esprits.</p>
<p><strong>@Entretien réalisé par Nasser Mabroukh</strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><b> </b>https://www.dzairworld.com/</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>Maryse Condé, un puissant désir d&#8217;humanité</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Fayçal Chehat]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 05 Apr 2024 17:28:06 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[PAROLES, PAROLES …]]></category>
		<category><![CDATA[Antilles]]></category>
		<category><![CDATA[France]]></category>
		<category><![CDATA[Litterature]]></category>
		<category><![CDATA[Maryse Condé]]></category>
		<category><![CDATA[Méditerranéennes Magazine]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Maryse Condé est décédée dans la nuit du 1er au 2 avril 2024 à l&#8217;âge de 90 ans. La Guadeloupéenne restera à jamais comme l&#8217;une des plus influentes romancières et essayistes  de sa génération. Pour lui rendre hommage, nous publions ci-dessous un long entretien qu&#8217;elle avait accordé en janvier 1996 à Le magazine la Lettre [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Maryse Condé</strong> est décédée dans la nuit du 1er au 2 avril 2024 à l&rsquo;âge de 90 ans. La Guadeloupéenne restera à jamais comme l&rsquo;une des plus influentes romancières et essayistes  de sa génération. Pour lui rendre hommage, nous publions ci-dessous un long entretien qu&rsquo;elle avait accordé en janvier 1996 à <strong>Le magazine la Lettre des Musiques et des Arts Africains </strong>que votre serviteur avait fondé et dirigé entre 1993 et 1999.</p>
<p>La Guadeloupéenne avait  annoncé dès 1986 l&rsquo;émergence  de la civilisation des Caraïbes et avec elle une nouvelle littérature. L&rsquo;auteur de l&rsquo;interview, notre collaborateur de l&rsquo;époque, <strong>Luigi, Elongui</strong>, écrivait dans le portrait qu&rsquo;il en a dressé : « <em>Les observations de la romancière  autour de la »différence carïbéenne » et du dépassement de la politique occidentale nous aident tous à surmonter les impasses logiques et  faire avancer  les discussions et la pratique.Ici il n&rsquo;est pas question de la beauté, qui, par miracle, survit aux charniers ambiants, mais d&rsquo;un désir d&rsquo;humanité.C&rsquo;est aux peuples du Sud de le réaliser quand, las de démissionner  dans un monde qui n&rsquo;est pas le leur, ils décideront de se prendre en charge dans le seul des mondes possibles : celui  qu&rsquo;ils bâtiront  en parfaite harmonie avec leurs histoires, leurs civilisations  et leurs environnements</em>« .</p>
<figure id="attachment_7163" aria-describedby="caption-attachment-7163" style="width: 548px" class="wp-caption alignnone"><img loading="lazy" decoding="async" class="size-full wp-image-7163" src="https://xn--mditerranennes-bkbi.com/wp-content/uploads/2024/04/MARYSE-CONDE-PLAQUE-MAISON-NATALE.jpg" alt="S" width="548" height="600" srcset="https://xn--mditerranennes-bkbi.com/wp-content/uploads/2024/04/MARYSE-CONDE-PLAQUE-MAISON-NATALE.jpg 548w, https://xn--mditerranennes-bkbi.com/wp-content/uploads/2024/04/MARYSE-CONDE-PLAQUE-MAISON-NATALE-274x300.jpg 274w" sizes="auto, (max-width: 548px) 100vw, 548px" /><figcaption id="caption-attachment-7163" class="wp-caption-text"><strong><em>Sa ville natale lui avait rendu hommage qelques jours avant son décès</em></strong></figcaption></figure>
<p>L&rsquo;engagement de cette femme puissante ne s&rsquo;est jamais démenti. Jusqu&rsquo;à son dernier souffle. Elle mérite de la littérature  antillaise, africaine, caraibéenne, française et mondiale. En 70 ans de créativité, elle a été journaliste, romancière, essayiste, dramaturge, enseignante universitaire en France et aus Etats-Unis etc.</p>
<p>Ses oeuvres sont multiples : 30 essais et pièces de théâtre, 19 romans etc. Sans compter les prix littéraires et les récompenses diverses. De son premier roman , <i>Heremakhonon</i>e, écrit au Ghana en 1964  au dernier <i>L&rsquo;Évangile du nouveau monde</i>  paru en 2021., c&rsquo;est une vie débordante d&rsquo;imagination et de réflexion qu&rsquo;à vécue la native de Pointe -à-Pitre. Qui a aussi parcouru le monde. Au revoir Grande Dame !    <strong>Fayçal CHEHAT </strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>La Lettre des Musiques et des arts africains: Maryse Condé, l&rsquo;ensemble caribéen, et notamment la Martinique et la Guadeloupe, sont à l&rsquo;heure actuelle traversés par une remarquable effervescence culturelle qui se manifeste dans tous les domaines de de l&rsquo;expression: théâtre, musique, littérature, cinéma. Pourriez-vous présenter les traits essentiels  de la culture antillaise  à nos lectrices et lecteurs</strong> ?</p>
<p><strong>Maryse Condé</strong>: une culture ne se définit pas, une culture est quelque chose qui se vit.Les gens qui définissent une culture sont ceux qui l&rsquo;étudient ou qui écrivent ds livres autour d&rsquo;elle. Vous me demander de « faire un discours » sur « la culture antillaise « , mais je suis convaincue que les Antillais qui sont chez eux &#8211; et qui savanr qui sont les Antillais &#8211;  ils se vivent en tant que tels et ils ne sont peut-être pas tout à fait capables  de faire un discours pour arriver à une définition globale de leur culture.Il y a donc deux démarches: celui qui est à l&rsquo;extérieur de cette culture veut en brosser les éléments  principaux; et celui qui est à l&rsquo;intérieur éet qui la vit.Or, si vous voulez , je pourrais entamer la démarche  de celui qui està l&rsquo;extérieur  et essayer de vous en parler&#8230;</p>
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<p><strong>Luigi Elongui</strong>:<strong> Ce distinguo  étant nécessaire, je vous écoute&#8230;</strong>                                                                                                                                   La culture antillsaie a été pendant longtemps présentée comme un espace de rencontre entre une réalité africaine et une influence occidentale. Pour cela, on a dit: « <em>lieu de rencontre de civilisation</em>s », et on a éprouvé des difficultés à considérer la culture antillaise comme un tout. À une époque, les gens disaient « <em>ce trait là est un trait africain, cet autre vient de l&rsquo;héritage européen</em>« &#8230; Mais au cours du temps, et, bien sûr,,tout en assumant les mélanges qui en font le soubassement, la culture antillaise peut finalement se définir d&rsquo;une façon autonome: on peut par conséquent la présenter comme une sorte de globalité, et non plus comme une série de petits éléments collés  les uns aux autres  et auxquels il faut donner une origine distincte. Malgré les syncrétismes et les métissages, il faut aussi considérer la culture antillaise comme un ensemble. Que l&rsquo;o banisse cette idée de « patchwork », car les Antillais chez eux ne se vivent pas comme une mosaïque de petits atomes.</p>
<p><strong>Cette identité créole fait irruption au grand jour et rayonne hors du « Sixième Continent »? Ce qui veut aussi dire que l&rsquo;esprit de dépendance qui a parfois marqué l&rsquo;homme et la femme caraïbéen(ne)s est en voie de disparition.</strong></p>
<p>Pendant une très longue période, et à cause de l&rsquo;esclavage, l&rsquo;Antillais n&rsquo;a pas été capable d&rsquo;assumer son origine noire, qui était considérée comme honteuse, inférieure, quelque chose que l&rsquo;on devait occulter. Heureusement, ce phénomène a cessé: même les Antillais les plus  réactionnaires savent que la source africaine de leur culture est tellement fondue dans l&rsquo;ensemble qu&rsquo;on ne peut pas la dissocier  pour l&rsquo;exorciser.</p>
<p><strong>Au contraire, ils semblent aujourd&rsquo;hui fiers de la revendiquer. Disons que la conscience de la différence s&rsquo;impose comme un dépassement  de l&rsquo;assimilation à l&rsquo;autre.</strong>                                                                                                                                            Même les Antillais qui ne connaissent pas bien l&rsquo;Afrique  &#8211; et qu&rsquo;ils soient politisés ou pas &#8211; ont intégré le fait que leur culture  n&rsquo;est pas une culture occidentale. Ils sont bien fiers d&rsquo;ère différents.</p>
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<p>V<strong>ous dites cela de l&rsquo;extérieur ? </strong>                                                                                                                                              Bien entendu. Si je me place de l&rsquo;intérieur de cette diversité, je ne pourrais pas aider à la définir. C&rsquo;est difficile.</p>
<p><strong>De toute manière, l&rsquo;aboutissement de cette nouvelle prise de conscience &#8211; « nouvelle  » au sens large, parce qu&rsquo;elle date désormais d&rsquo;une dizaine d&rsquo;années- a été une véritable  renaissance culturelle ?                </strong>                                                                                                      Je dirais plus simplement que l&rsquo;Antillais est arrivé à se dire : « Nous sommes ce que nous sommes ». Comme si l&rsquo;on avait trouvé  l&rsquo;identité « par dépt »: après avoir rêvé de l&rsquo;assimilation.Il se sont rendus compte que  cela n&rsquo;était pas envisageable.La France n&rsquo;assimile pas, elle propose l&rsquo;assimilation. Mais les conditions de cette assimilation  sont telles qu&rsquo;on n&rsquo;y parvient pas. Il faudrait tellement oublier qu&rsquo;on est à l&rsquo;intérieur de soi-même, effacer la couleur de la peau, cette couleur qui demeure là comme une « signifiante ».</p>
<p><strong>Est-ce que l&rsquo;identité par « dépit » est la seule manière pour se sentir divers et être fier de l&rsquo;être ?</strong>                                                                                                                                                                                                        En effet, il n&rsquo;y a pas que ceux qui ont rejeté l&rsquo;identité par dépit. Un grand nombre a peis conscie qte qu&rsquo;nce  que cette civilisation  est autre  et qu&rsquo;elle  se manifeste dans touts sa richesse. Ils veulent que le monde entier sache  que, de Cuba à la Trinidad, il y a une culture spécifique de la région antillaise où l&rsquo;on a fabriqué des modèles de vie, de pensée, de chanter, de prier. Et que ces modèles  sont aussi intéressants et élaborés  que les autres. Le complexe antillais de ne pas avoir de culture est dépassé.</p>
<p><strong>Est-ce que cette attitude pourrait les mener à la revendication  de l&rsquo;indépen- dance politique ?  </strong>                                                                                                                                            En tout cas, cela peut être la base de cette revendication politique.</p>
<p><strong>Est-ce qu&rsquo;il s&rsquo;agit d&rsquo;un comportement  qui s&rsquo;exprime d&rsquo;une manière uniforme ?</strong>                                                                                                                                                 Il adhèee plutôt à tous les clivages  de la société caraïbéenne. Parmi les couches bourgeoises, par exemple, tout cela peut se manifester sous forme de nationalisme culturel.</p>
<p><strong>En plus de cela, il y a souvent une contradiction qui se produit entre l&rsquo;indépendantisme  » politique et le mouvement culturel qui en est à la base: le premier se sentant obligé d&rsquo;adopter  les mêmes méthodes du colonisateur duquel il veut se libérer. Il prend ainsi le risque de tomber dans une sorte de piège  du »miroir » et de renier juste l&rsquo;élément de force de son entreprise, à savoir la spécificité culturelle.          </strong>                                                                                          C&rsquo;est cela. Le militant politique doit avoir pris conscience de la différence culturelle: il doit se battre pour affirmer sa culture  et à en défendre cette différence. Je ne crois pas que l&rsquo;on puisse arriver à la décolonisation à travers des réflexions d&rsquo;ordre économique ou politique: la prise en compte du fait culturel est, en ce sens, décisive.</p>
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<p><strong>Il s&rsquo;agit donc probablement d&rsquo;une démarche qui se déroule par étapes successives ?  </strong>                                                                                                                                                             C&rsquo;est vrai.Dans un premier temps, la reconnaissance de la différence culturelle amène à un combat politique.Ensuite,il y a le danger que le politique veuille diriger la culture. Il y a là comme un étrange réflexe de la part de l&rsquo;homme politique qui se sent investi du rôle de dirigeant du peuple et qui craint la différence culturelle. En fait, il a peur que trop de différence puisse conduire à l&rsquo;anarchie : il a tout de suite  envie de mettre  les choses en ordre, de créer une espèce de barrière à l&rsquo;intérieur de laquelle le peuple et sa culture vont se développer comme il le souhaite.  Je dirais entre parenthèse, et pour parler des doctrines politiques, que l&rsquo;idée maoïste de s&rsquo;épanouir  sans freins-même si Mao n&rsquo;est plus à la mode &#8211; est déjà meilleure que cette attitude. Le problème est là: la culture est un phénomène qui fait peur !. Dans le mot culture, il y a le mot liberté, et on ne peut pas créer culturellement si l&rsquo;on n&rsquo;est pas libre, et, quand cette liberté est saisie, elle fait peur à la Politique qui doit la supprimer pour obtenir l&rsquo;expression  culturelle qui lui convient.</p>
<p><strong>Ce que vous êtes en train de développer là, est une forme de critique de la Politique et, peut-être, de certaines formes étatiques importées. Cela pourrait concerner l&rsquo;Afrique où il y avait des sociétés sans État&#8230; </strong></p>
<p>Oui, en Afrique, les civilisations traditionnelles avaient des modèles de société où il n&rsquo;y avait pas d&rsquo;État, l&rsquo;unité de base  étant constituée par la famille. On élargit la famille au village, le village à l&rsquo;ensemble  du groupe social et, dans ce système, il n&rsquo;y a pas d&rsquo;État ni de pouvoir central. Mais l&rsquo;Afrique d&rsquo;aujourd&rsquo;hui  a subi la longue nuit de la colonisation avec tous ces modèles de gouvernement imposés, avec des frontières artificielles qui coupent en deux les mêmes ethnies. Le résultat est que l&rsquo;Afrique contemporaine a été obligée  d&rsquo;adopter des formes sociales avec État.</p>
<p><strong>Par rapport à ce genre de problème, on ne peut pas dire que le soleil des Indépendances ait vraiment brillé ?</strong>                                                                                                                               Tout le monde sait que les Indépendances africaines n&rsquo;ont pas été bâties sur des réflexions , faites par des Africains sur l&rsquo;état de leurs propres sociétés, pour arriver à d&rsquo;autres systèmes plus en syntonie avec l&rsquo;histoire ou les valeurs du continent. L&rsquo;Indépendance africaine a été réalisée comme une sorte  d&rsquo;accord avec la puissance coloniale : celle-là a dû trouver les pays colonisés plus difficiles gouverner  que dans un état d&rsquo;indépendance formelle. Enfin,c&rsquo;était plus commode pour les nations européennes de faire face à des pays soumis mais à l&rsquo;apparence autonome, et tout ça pour des raisons économiques, financières et autres.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="size-full wp-image-7162 aligncenter" src="https://xn--mditerranennes-bkbi.com/wp-content/uploads/2024/04/images-e1712337773722.jpeg" alt="" width="178" height="280" /></p>
<p><strong>Je suppose que les effets  de ce processus n&rsquo;ont pas du tout été bénéfiques  pour l&rsquo;évolution des sociétés africaines&#8230;                                                                                                                                                                    </strong> Pendant un moment, qui s&rsquo;est beaucoup prolongé, il n&rsquo;a pas été question de repenser le système politique. Je pense que les pays sortis du colonialisme ont voulu simplement démontrer  aux Européens qu&rsquo;ils étaient en mesure de fonctionner comme eux, sur les mêmes critères et avec les mêmes règles. À l&rsquo;heure actuelle, par exemple, ils veulent  prouver qu&rsquo;ils sont capables d&rsquo;accéder à la Démocratie, car on leur a dit que la Démocratie est la forme idéale de la Politique. Ils durcissent même ce système hérité du pouvoir colonial pour le rendre encore plus centralisateur  et plus « dirigiste » qu&rsquo;en Occident. Au bout de cette dynamique pernicieuse il y a de la part des élites au pouvoir en Afrique, un refus des différences, qu&rsquo;ils soient ethniques ou culturelles. Dans les années 1980, j&rsquo;ai entendu des amis africains dire qu&rsquo;il y a plus de liberté sous le régime colonial que dans cette situation de néo-colonisation. Pour les autorités en place, la peur est encore plus grande de voir les gens prendre  goût à la liberté une fois débarrassés  des colons, les gens peuvent nourrir l&rsquo;exigence de se débarrasser  des nouveaux maîtres.</p>
<p><iframe loading="lazy" title="Artlook du mercredi 23 janvier 2019 : Maryse Condé" width="1200" height="675" src="https://www.youtube.com/embed/1aUs783oNNU?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe></p>
<p><strong>Est-qu&rsquo;il n&rsquo;y a pas des signes  d&rsquo;un réveil autour de cet aspect de l&rsquo;avenir de l&rsquo;Afrique ?</strong>                                                                                                                                             Je ne sais pas si l&rsquo;on est arrivé à un point concret, mais une dynmaique nouvelle est en train de se développer. J&rsquo;ai connu des groupes, notamment au Sénégal et au Cameroun, qui ont entamé un débat sur les formes des pouvoirs africains. Ils pensent souvent que la première réforme  à faire est la redéfinition des frontières: il faudrait tracer de nouveau les confins des pays africains, et le faire en fonction des entités culturelles et des mouvements migratoires qui ont affecté l&rsquo;histoire du continent.Cela semble une utopie et les dirigeants ont la terreur des bouleversements que cela pourrait entraîner :ils ont tojours voulu éviter  à tout prix la remise en question des frontières, et en même temps leurs pouvoirs sont devenus plus autoritaires et destructeurs de l&rsquo;identité des peuples. Mai c&rsquo;est vrai qu&rsquo;avant la colonisation les sociétés étaient « multiples » en Afrique.</p>
<p><strong>De là  à prôner le retour aux traditions, il n&rsquo;y a qu&rsquo;un pas &#8230;</strong>                                                   Que je ne franchirais pas car, à ce sujet, il y a eu dans le temps une énorme mystification à cause de laquelle je suis très inquiète  de ce discours sur « la valorisation des traditions africaines ». Et je m&rsquo;explique. Tout s&rsquo;est compliqué à partir du moment où ce discours  s&rsquo;est tranformé en un discours de parade, en un mot-clef dans la bouche des  dictateurs, comme au Zaïre par exemple: c&rsquo;est une espèce de poudre aux yeux pour faire croire au peuple qu&rsquo;il y a un retour aux valeurs ancestrales, mais en réalité on essaye de mieux l&rsquo;exploiter.On dit à l&rsquo;individu de changer le nom français en un nom africain et on lui fait oublier que les structures en place détruisent la créativité de la collectivité.</p>
<p><strong>Il faut également réfléchir sur la notion de tradition&#8230;  </strong>                                                              Les traditions africaines ne sont pas figées, mais elles évoluent sans cesse.Ainsi, la proposition d&rsquo;un retour pur et simple aux traditions, sans autre approfondissement, découle d&rsquo;une attitude  quelque peu intellectuelle. Enfin, qu&rsquo;est-ce que la tradition ? La tradition est ce qu&rsquo;on vit dans le temps présent.C&rsquo;est le présent.</p>
<p><strong>Vous pensez que la route d&rsquo;une émancipation substantielle du monde blanc soit un processus si long et si difficile ?      </strong>                                                                                                Je ne saurais pas être si pessimiste. Je crois qu&rsquo;il faut accepter  que le monde antillais et le monde africain soient confrontés  à une société différente, dont l&rsquo;identité et  les conditions sont  diverses. Mais le vrai problème demeure dans le constat que nous ne maîtrisons pas les changements qui, au contraire, viennent en grande partie de l&rsquo;extérieur.Le danger sera alors de construire un environnement social et d&rsquo;avoir l&rsquo;impression  qu&rsquo;il n&rsquo;y a rien de nous-mêmes.</p>
<p><strong>Est-ce que dans l&rsquo;émergence de l&rsquo;identité antillaise la langue est un enjeu d&rsquo;envergure ?</strong>                                                                                                                                       Oui, mais il faut préciser une chose: ce n&rsquo;est pas nécessaire de faire une grammaire  en créole pour assurer la survie de notre langue. Elle survivra quand même. À Paris, je rencontre souvent dans le métro des femmes antillaises nées en France: elles s&rsquo;expriment  tout de même en créole, bien qu&rsquo;il ne s&rsquo;agit pas exactement  du créole que ma grand-mère parle.Mais l&rsquo;essentiel est qu&rsquo;elles parlent une langue symbolisant leur différence, et qui est leur propre langue maternelle, avec toutes les variations par rapport au passé qui la rendent plus transparente au Français. Cela revient au discours que l&rsquo;on faisait sur la tradition qui, encore une fois, est le mode de vie d&rsquo;une société  dans le temps présent et le mode de vie dans lequel elle se retrouve collectivement. Moi même, je n&rsquo;ai pas des désirs passéistes, mais je déplore le déséquilibre  crée par les médias : nous sommes tellement envahis par ce qui vient de l&rsquo;autre  que nous avons parfois l&rsquo;impression que nous n&rsquo;avons plus rien à dire, que nous répétons comme des perroquets  ce que nous disent les autres.Là se situe le vrai danger.</p>
<p><strong>À partir de cette reprise du créole, il y a un formidable épanouissement sur le plan des Lettres , avec des romanciers si talentueux qu&rsquo;ils sont maintenant appréciés sur le plan international.    </strong>                                                                                                                                       Il y a une relation entre les deux phénomènes, mais il faut envisager ce contexte d&rsquo;une manière globale: à côté  de la littérature antillaise en langue française et anglais, il y a une littérature  antillaise et créole, une littérature de contes, de proverbes et de devinettes, dont l&rsquo;éclosion remonte à l&rsquo;époque de l&rsquo;esclavage. il y a aussi des formes littéraires liées à la musique, je pense aux textes de nos chansons et à tout un parler venant des pratiques religieuses ou culinaires. C&rsquo;est une littérature orale en langue créole, qu&rsquo;on ne connaît pas trop et qui a toujours  eu dans l&rsquo;univers caraïbéen une importance plus grande que  la littérature écrite, qui est le patrimoine d&rsquo;une minorité.</p>
<p><strong>Il y a bien eu une dialectique entre les deux au fil de l&rsquo;histoire récente ?   </strong>                                                                                 À la Guadeloupe, pendant les années soixante, il y a eu une révolution des mentalités. Les gens se sont dits: « <em>Cette littérature est orale et souterraine, pourquoi ne pas la faire émerger pour qu&rsquo;elle soit présente dans toutes les manifestations  de la vie et de la culture</em>« . Depuis, dans les églises, on a commencé à chanter et à prier en créole, dans les rassemblements politiques et on a pris l&rsquo;habitude de s&rsquo;adresser au peuple en créole. Donc, à partir des années soixante, le terme « littérature » &#8211; avec le L majuscule &#8211; s&rsquo;applique aussi à la littérature créole. Dans les années quatre-vingt, on est allé encore plus loin: on s&rsquo;est dit que la seule vraie littérature de chez nous est en créole et que l&rsquo;autre &#8211; en anglais et en français &#8211; est une littérature de dominés car elle véhicule les signes de la domination. Le combat est là. Maintenant, le problème n&rsquo;est pas de substituer  une langue dominante par une autre, mais que chacun soit libre dans son choix: celui qui a envie d&rsquo;écrire en créole, qu&rsquo;il puisse le faire, que les enfants qui ont envie de réciter  des poèmes en créole, quils puissent le faire !</p>
<p><strong>Ce qui veut dire que les deux langue doivent au moins être placées sur un pied d&rsquo;égalité&#8230;                                                                                                                                        </strong>Les créateurs doivent avoir la liberté de choix.Écrire en créole s&rsquo;ils le veulent, ou écrire en français. Pour cela, il faut éviter de  s&#8217;embourber  dans de fausses querelles: si l&rsquo;on écrit en créole, on peut aussi le faire en français et vice-versa. À mon avis, lorsqu&rsquo;on est Antillais, on peut et et on doit s&rsquo;exprimer en créole aussi bien qu&rsquo;en français. On ne peut pas affirmer  que ceux qui écrivent en créole sont de bons antillais et les autres  des mauvais ! Moi, je suis convaincue  d&rsquo;être une excellente antillaise, et pourtant j&rsquo;ai tellement vécu  à l&rsquo;extérieur  du pays  que mon Créole est devenu  trop mauvais  pour que j&rsquo;ai la tentation d&rsquo;écrire dans ma langue maternelle. Malgré cela, je n&rsquo;ai pas de complexes.</p>
<p><strong>@Propos recueillis par Luigi Elongui.  </strong></p>
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		<title>Olaia García Alvarez,la salsa dans la peau</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Fayçal Chehat]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 16 Feb 2024 12:16:56 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[PAROLES, PAROLES …]]></category>
		<category><![CDATA[Espagne]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>En quelques décennies, la salsa, une danse de couple à l&#8217;origine, a fini par déferler sur le monde. Cette musique venue de Cuba en  Amérique centrale,  a commencé par essaimer à Porto Rico,  en Colombie, avant de séduire  la planète grâce à la sensualité qui s&#8217;en dégage et la gestuelle qu&#8217;elle provoque. Aujourd&#8217;hui, on peut [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>En quelques décennies, la salsa, une danse de couple à l&rsquo;origine, a fini par déferler sur le monde. Cette musique venue de Cuba en  Amérique centrale,  a commencé par essaimer à Porto Rico,  en Colombie, avant de séduire  la planète grâce à la sensualité qui s&rsquo;en dégage et la gestuelle qu&rsquo;elle provoque. Aujourd&rsquo;hui, on peut la danser dans les rues de Paris, New York,  La Havane, Cali, Madrid, Pékin, Moscou, Londres, Yaoundé ou Istanbul..</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone size-full wp-image-6802" src="https://xn--mditerranennes-bkbi.com/wp-content/uploads/2024/02/422586583_18410370136011724_8932542744674825860_n-1.jpg" alt="Olaia García Alvarez, décembre 2023" width="600" height="600" srcset="https://xn--mditerranennes-bkbi.com/wp-content/uploads/2024/02/422586583_18410370136011724_8932542744674825860_n-1.jpg 600w, https://xn--mditerranennes-bkbi.com/wp-content/uploads/2024/02/422586583_18410370136011724_8932542744674825860_n-1-300x300.jpg 300w, https://xn--mditerranennes-bkbi.com/wp-content/uploads/2024/02/422586583_18410370136011724_8932542744674825860_n-1-150x150.jpg 150w" sizes="auto, (max-width: 600px) 100vw, 600px" /></p>
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<p>Pour nous parler de ce joyau du patrimoine musical mondial, nous ne pouvions trouver mieux qu&rsquo;une  championne de France et du monde en couple. En l&rsquo;occurence <strong>Olaia García Alvarez, </strong>une Espagnole d&rsquo;origine et  une française de coeur. Installée à Montpellier depuis 2013.</p>
<p><strong>Son palmarès  en salsa couple est édifiant</strong>  :<i> Octobre 2022 : championne du monde au festival mondial de salsa de Cali et deux   fois championne du monde WDSF ( World Dance Sport Fédération) à Cali ;  Janvier 2023:  championnat du monde World Salsa Summit à Miami. </i><em>Le couple compte  également  quatre  titres de champions de France  en  2018, 2019, 2022, 2023.</em></p>
<p>La native de <em>San Sebastián, </em>capitale de la province du <em>Guipúzcoa</em> <em> </em>dans le pays basque espagnol, à la passion de la salsa en bandoulière.Il faut voir comment elle en parle. Les  yeux brillants, un sourire contagieux et une voix à la fois douce, légèrement frisonnante et un enthousiasme authentique. Dans ce long et passionnant entretien, elle n&rsquo;a éludé aucune question. Talentueuse  jusqu&rsquo;à l&rsquo;insolence, belle comme une étoile échappée des profondeurs de l&rsquo;espace et surtout riche d&rsquo;une humanité qui fait du bien en ces temps troublés. Paroles d&rsquo;une grande artiste et d&rsquo;une femme bonheur.</p>
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<p><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone wp-image-6783" src="https://xn--mditerranennes-bkbi.com/wp-content/uploads/2024/02/406775092_18400844083011724_5407324751044847146_n-300x300.jpg" alt="" width="800" height="800" /></p>
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<p><strong>Bonjour Olaia ! D’abord, comment pourrions nous aborder cet entretien sans  féliciter le couple de danse que vous formez avec Jeremy Martinez pour le titre de vice-champions du monde de Salsa  couple professionnel ON 1 (Eurosonlatino)  remporté  en décembre 2023 à Cancun. Racontez-nous cette belle aventure …</strong></p>
<p>L&rsquo;aventure a été très satisfaisante pour notre duo dans les deux compétitons disputées :d&rsquo;abord à Cancun puis à Orlando. Puisque nous avons  pris la deuxième place dans les deux mondiaux Une belle récompense pour l&rsquo;immense travail que nous avons accompli et pour les correctifs que nous avons su apporter à notre travail. Ce qui nous a permis de bien traduire sur scène ce que nous voulions proposer au public. Et c&rsquo;est la chose la plus importante pour un(e) artiste. Une performance que nous n&rsquo;avions  pas su concrétiser dans certaines occasions précédentes. Je pense que le fait d&rsquo;avoir pris un coach mental  a été important. Cela nous a vraiment aidé à faire  preuve de la même énergie et du même enthousiasme que durant les entraînements et répétitions.</p>
<p><strong>Cependant, ce n’était pas votre premier succès. Vous vous étiez déjà imposé (e)s à Cali (Colombie) en 2022 et<span class="Apple-converted-space">  </span>aux Etats-Unis au<span class="Apple-converted-space">  </span><em>Miami The Summit</em> en janvier 2023 …</strong></p>
<p>Oui, en effet, la première fois que nous avions remporté le titre mondial c&rsquo;était  en Colombie au festival mondial de la salsa de Cali, puis, une année après, nous  avions défendu victorieusement notre titre à Miami. Ces résultats ont été payés par d&rsquo;immenses sacrifices sur le plan familial et relationnel pour ne citer que ces exemples. C&rsquo;était des heures passées en salle pour les répétitions ainsi qu&rsquo;une solide préparation physique et mentale. Et nous devions aussi veiller à  bien se nourrir et à s&rsquo;assurer un sommeil de qualité. Impossible d&rsquo;avoir une vie sociale avec un tel régime.</p>
<p><strong>Décrivez-nous, si vous le pouvez, le<span class="Apple-converted-space">  </span>programme de danse<span class="Apple-converted-space">  </span>qui<span class="Apple-converted-space">  </span>vous a permis de l’emporter<span class="Apple-converted-space">  </span>et expliquez-nous les éléments techniques et<span class="Apple-converted-space">  </span>chorégraphiques<span class="Apple-converted-space">  </span>que notent les membres du jury ? </strong></p>
<p><span class="Apple-converted-space">Il faut savoir que dans les programmes de danse, la chorégraphie dure deux minutes seulement  et nous devons  donc  réussir à faire entrer notre projet  artistique dans ce temps si court. Le jury tient compte de beaucoup de choses : la présence scnénique, le timing, le déplacement de la </span>chorégraphie,  sa richesse, son originalité, donner du sens à la danse et la vivre pleinement. Il faut qu&rsquo;elle ait une histoire. Il n&rsquo;est bien sûr pas question de se contenter d&rsquo;enchaîner des passes, aussi belles soient-elles. Le jury doit vraiment sentir que « vous êtes dedans ».  Et en effet, quand  « vous êtes dedans » tout devient fluide. Toutefois, malgré toutes ces exigences, on ne peut pas ne pas  tenir compte du facteur X qui est tout simplement la sensibilité de chaque juge. Et qui relève en quelque sorte de l&rsquo;intime.Pour remporter le titre, il faut remplir toutes les cases  retenues par le jury.</p>
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<p><img loading="lazy" decoding="async" class="size-full wp-image-6847 aligncenter" src="https://xn--mditerranennes-bkbi.com/wp-content/uploads/2024/02/Unknown-1-e1708111356582.jpeg" alt="" width="600" height="800" /></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Par ailleurs, sur quels critères et par qui se fait la sélection des danseurs engagé(e)s au championnat du monde ?</strong></p>
<p>Il n&rsquo;y a pas réellement de sélection pour disputer un championnat du monde. On peut s&rsquo;y inscrire directement et disputer les qualifications. Le championnat de France est plus structuré. Il faut arriver dans les 3 premiers sur une coupe de France et se présenter dans le son championnat régional.</p>
<p><strong> Quand on regarde les vidéos de cette compétition on se rend compte que le le niveau est très élevé et semble exiger aussi une capacité physique exceptionnelle…</strong></p>
<p>Oui, le potentiel physique est important. Car nous avons affaire à un exercice qui fait la place à l&rsquo;explosivité. Laquelle se cultive en salle d&rsquo;entraînement en multpliant des exercices avec des plages de repos. Aujourd&rsquo;hui, quand le niveau s&rsquo;élève, les danseurs et danseuses font parfois appel à un coach sportif  qui adapte son travail à la spécificité de cette épreuve qui ne dure que deux minutes. C&rsquo;est ce que nous avons fait, Jeremy et moi.`</p>
<figure id="attachment_6820" aria-describedby="caption-attachment-6820" style="width: 600px" class="wp-caption alignnone"><img loading="lazy" decoding="async" class="size-full wp-image-6820" src="https://xn--mditerranennes-bkbi.com/wp-content/uploads/2024/02/386556615_18317726074111332_5567206753115450740_n.jpg" alt="" width="600" height="450" srcset="https://xn--mditerranennes-bkbi.com/wp-content/uploads/2024/02/386556615_18317726074111332_5567206753115450740_n.jpg 600w, https://xn--mditerranennes-bkbi.com/wp-content/uploads/2024/02/386556615_18317726074111332_5567206753115450740_n-300x225.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 600px) 100vw, 600px" /><figcaption id="caption-attachment-6820" class="wp-caption-text"><i>Partage d&rsquo;un moment de bonheur entre des élèves  à la fin d&rsquo;une masterclass à Lyon en 2023  dirigée  par  Olaia et Jeremy.  </i></figcaption></figure>
<p><strong>Combien d’heures d’entraînement faut-il pour espérer rester compétitif(ve) et progresser si c’est encore possible ?                                                                                                                                  </strong>Cela dépend de notre programme. Les choses s&rsquo;intensifient lorsqu&rsquo;on s&rsquo;approche d&rsquo;une compétition.Mais c&rsquo;est la création de la chorégraphie qui exige beaucoup de temps.Parfois, on peut consacrer deux heures pour mettre au point un seul mouvement de quatre secondes. Et parfois cela ne suffit pas. Alors, il faut remettre ça le lendemain, et plus encore si la perfection n&rsquo;est pas atteinte. Bref, la réalisation d&rsquo;une chorégraphie peut demander jusqu&rsquo;à quatre heures de répétition par jour. C&rsquo;est un travail à la fois qui nécéssite imagination, effort et persévérance.</p>
<p><strong>Est-il nécessaire,pour être au top le jour « J », de s’astreindre à une préparation mentale par exemple ? </strong></p>
<p><em><strong>(</strong>Son visage s&rsquo;éclaire d&rsquo;un large sourire</em>). Elle est essentielle !Cela fait deux ans  que nous faisons appel à un préparateur mental, en l&rsquo;occurence <strong>Benoît Brial,</strong> et, croyez-moi, cette aide extérieure fait vraiment la différence. C&rsquo;est le jour et la nuit. Même pour Jeremy et moi qui travaillions ensemble depuis 2011. Et je trouve dommage que ce travail mental  ne soit pas assez reconnu dans le milieu de la danse professionnelle. Je vous cite un exemple qui m&rsquo;a toujours frappé. Quand on est en coulisses, parfois, je vois  les gens s&rsquo;entraîner et je dis « Wouawoo, ils sont super forts. C&rsquo;est énorme la projection, les mouvements précis etc ».  Et puis, un jour,  tu les vois sur scène et tu  te dis: « Ah, mince, ce n&rsquo;est  pas du tout la même chose ! Mais qu&rsquo;est ce qui a changé ? Et bien, il a changé qu&rsquo;il y a le jury, le public, les lumières, la pression du résultat&#8230;</p>
<h3>     La reconnaissance des Latino-Américains</h3>
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<p><strong><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone wp-image-6790 size-large" src="https://xn--mditerranennes-bkbi.com/wp-content/uploads/2024/02/championnes-du-monde-8-1024x586.jpeg" alt="" width="1024" height="586" srcset="https://xn--mditerranennes-bkbi.com/wp-content/uploads/2024/02/championnes-du-monde-8-1024x586.jpeg 1024w, https://xn--mditerranennes-bkbi.com/wp-content/uploads/2024/02/championnes-du-monde-8-300x172.jpeg 300w, https://xn--mditerranennes-bkbi.com/wp-content/uploads/2024/02/championnes-du-monde-8-768x440.jpeg 768w, https://xn--mditerranennes-bkbi.com/wp-content/uploads/2024/02/championnes-du-monde-8-1536x879.jpeg 1536w, https://xn--mditerranennes-bkbi.com/wp-content/uploads/2024/02/championnes-du-monde-8.jpeg 1600w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></strong></p>
<p><strong>On pourrait s’attendre à ce que la compétition internationale soit dominée par des latinos américains et in fine ce sont des Européens qui la gagne. Etonnant, non ?  </strong></p>
<p>Cette question est très intéressante et elle peut être éclairée par cette anecdote que je vais vous raconter. La première fois que nous avons gagné à Cali, les danseurs,les techniciens locaux nous regardaient comme si nous étions des extraterrestres. Il semblaient vraiment étonnés  et l&rsquo;air de dire : « <em>Des Français engagés dans une compétition de salsa</em> ? »  Mais, petit à petit, nous avons commencé à gagner leur respect parce qu&rsquo;ils  nous voyaient en train de nous entraîner tous les jours à la même heure et au même endroit. On était devenus les « répétiteurs ». Et puis, après notre victoire en finale ce sont 30 000 personnes qui ont fêté notre titre  par des « <em> Francia, Francia!</em> » émouvants. Il ne faut pas perdre de vue que Cali est la capitale mondiale de la salsa  (<em><strong> Salsa Caleña</strong></em>) et voilà que nous gagnons la reconnaissance des latinos américains. Toute ma vie, je me souviendrais de ce moment incroyable. Mais c&rsquo;est aussi le signe que cette  danse a bien quitté son nid pour conquérir le monde.</p>
<figure id="attachment_6803" aria-describedby="caption-attachment-6803" style="width: 828px" class="wp-caption alignnone"><img loading="lazy" decoding="async" class="wp-image-6803 size-full" src="https://xn--mditerranennes-bkbi.com/wp-content/uploads/2024/02/Unknown-8.jpeg" alt="" width="828" height="553" srcset="https://xn--mditerranennes-bkbi.com/wp-content/uploads/2024/02/Unknown-8.jpeg 828w, https://xn--mditerranennes-bkbi.com/wp-content/uploads/2024/02/Unknown-8-300x200.jpeg 300w, https://xn--mditerranennes-bkbi.com/wp-content/uploads/2024/02/Unknown-8-768x513.jpeg 768w, https://xn--mditerranennes-bkbi.com/wp-content/uploads/2024/02/Unknown-8-600x400.jpeg 600w" sizes="auto, (max-width: 828px) 100vw, 828px" /><figcaption id="caption-attachment-6803" class="wp-caption-text"><em>Quand près de 20 000 spectateurs colombiens crient »Francia, Francia » après la victoire du couple Olaia-Jeremy à Cali.</em></figcaption></figure>
<p><strong> Comment s’est faite la rencontre avec votre partenaire de danse, Jeremy Martinez ? </strong></p>
<p>Devinez ? Notre rencontre a eu lieu dans un festival de salsa.  C&rsquo;était à Pau dans un concours organisé par la compagnie<strong> Siembra </strong>où dansait Jeremy.  Moi j&rsquo;ai dansé avec mon meilleur ami <strong>Iñaki. </strong>Et nous avons gagné le prix qui consistait en une invitation  tous frais payés au <strong>Tabarka Festiva</strong>l en Tunisie. Et c&rsquo;est là que notre couple a commencé à se former. Et cette union dans la vie comme sur scène  a duré onze ans au cours desquels  nous ne sommes pas restés un seul jour  sans travailler et vivre ensemble. Puis, il y a un an nous avons décidé de ne plus partager  que la salsa et l&rsquo;académie créée  à la sueur de nos passes sur les parquets des salles de France et du monde entier.</p>
<p><strong>Vous êtes née et avez<span class="Apple-converted-space">  </span>grandi au pays basque espagnol. Quand et comment vous vous êtes retrouvée à vivre de l’autre côté de la frontière, en France ? </strong></p>
<p>J&rsquo;avoue que la différence avec l&rsquo;Espagne et notamment avec  ma région natale m&rsquo;a sauté aux yeux dès que je suis arrivée à Montpellier. J&rsquo;ai eu la sensation de changer de monde (<em>éclat de rire</em>). Hormis la nourriture, ce qui m&rsquo;a manqué  c&rsquo;est cette vie collective très forte que nous avons à <em>San Sebastián. </em>Nous aimons nous retrouver le soir pour de grandes tablées entre amis, collègues de travail  ou en famille  dans un bar ou dans  un restaurant pour échanger, refaire le monde ou tout simplement rire. Ce qui me manque aussi, c&rsquo;est l&rsquo;ambiance des fêtes culturelles où tradionnelles chez nous, où on peut s&rsquo;habiller différemment, et les nombreux carnavals. J&rsquo;aime bien par exemple des fêtes comme  la « <em><strong>Santo Tomás</strong></em> » le 21 décembre, « <strong><em>La  tamborrada</em></strong> » le 20 janvier et toutes les fêtes estivales  telle  la « <strong>Semana grande</strong>« .</p>
<p>https://youtu.be/XU8WdzLaYMU?si=HQou0vMk56avgtQv</p>
<p><strong> En dépit de ces quelques réserves,qu&rsquo;est-ce qui vous séduit en particulier  dans le Languedoc-Roussillon ?</strong></p>
<p>Vous serez peut-être surpris si je vous dis que j&rsquo;aime surtout le temps qu&rsquo;il fait (<em>éclat de rire</em>) et qu&rsquo;il y a beaucoup de soleil . Il est vrai qu&rsquo;en Espagne aussi, il fait souvent beau. Mais à <em>San Sebastián</em>, il faut savoir que la pluie s&rsquo;invite un peu trop à mon goût. Sincèrement, le Languedoc-Roussillon est une très jolie région. Il y a la mer, les rivières, les montagnes. Il fait si bon vivre ici.  Comme je viens de vous le dire, il y a quand même quelques petites différences avec mon pays basque. La convivialité est plus forte de l&rsquo;autre côté de la frontière. C&rsquo;est mon ressenti en tout cas.</p>
<p><strong> Dans votre communication professionnelle, vous parlez toujours de salsa portoricaine. Pouvez-vous nous préciser les différences qui existent &#8211; s’il y en a &#8211; avec la salsa cubaine et la salsa colombienne</strong> ?</p>
<p>Il y a trois types de salsa. La salsa portoricaine, dite salsa « <strong>en ligne »,</strong> qui se danse entre guillemets dans une ligne droite. Ensuite, il y a la salsa cubaine qui se danse plutôt en ronds. La danseuse et son partenaire se tournent autour. Enfin, la salsa colombienne se caractérise par des jeux de pieds très rapides, une grande tonicité et des acrobaties aériennes entre autres.</p>
<p><strong>Avez-vous évolué dans un environnement familial<span class="Apple-converted-space">  </span>favorable à la musique et à l’art en général, grâce à vos parents, frères ou soeurs ?</strong></p>
<p>(<em>Un temps de réflexion</em>). Non, je ne peux pas dire ça. Si j&rsquo;ai appris a aimer le théâtre dès l&rsquo;enfance par exemple &#8211; j&rsquo;en ai fait à l&rsquo;école &#8211; la tendance, en famille, n&rsquo;était pas vraiment favorable à mon orientation vers une carrière « artistique ». Comme nombre de parents, les miens voulaient pour moi une formation classique,la seule, selon eux, en mesure de m&rsquo;assurer un avenir serein. Pour mon père, le travail, c&rsquo;est le travail. La musique ou la danse c&rsquo;est juste pour s&rsquo;amuser. Idem pour ma mère qui a freiné mon ambition quand, à 18 ans, j&rsquo;ai voulu m&rsquo;installer à Madrid pour suivre des cours d&rsquo;art dramatique avec le projet de devenir  actrice et comédienne. In fine, et pour être juste, mes parents n&rsquo;étaient pas enthousiasmés par mes choix  universitaires  et professionnels, mais ils  ne m&rsquo;ont pas bloquée. Et c&rsquo;est comme ça que j&rsquo;ai pu suivre mon instinct et mes envies</p>
<p><strong>En parallèle de la compétition, vous assurez des cours et des stages grâce à la Salsacademia que vous avez crééé<span class="Apple-converted-space">  </span>à Montpellier avec votre partenaire et ancien compagnon. C’est un marché important dans le sud de la France<span class="Apple-converted-space">  </span>où vous êtes basée ?</strong></p>
<p>Nous avons crée cette structure en 2016. Au début, on ne peut pas dire qu&rsquo;il y avait foule. Mais je crois que grâce au « bouche à oreille »,on a vu rapidement le nombre des élèves augmenter. Et surtout, nous avons réussi à fidéliser ceux que nous avions conquis la première fois. L&rsquo;ambiance y est très bonne et Jeremy et moi en  sommes contents.</p>
<p><strong>Peut-on dire que Olaia García Alvarez est une passionnée intraitable et perfectionniste ?<span class="Apple-converted-space">                                                                      </span></strong>(<em>Rires</em>). Voilà une question intéressante. Je l&rsquo;ai été mais je ne le suis plus. Car un jour j&rsquo;ai compris que je ne pouvais pas être parfaite. Dans la vie, personne ne l&rsquo;est. Et j&rsquo;ai un peu lâché prise. Quand je travaille un mouvement par exemple, je puise bien sûr  sans compter dans mes qualités pour y parvenir.Mais je ne m&rsquo;en veux pas si dans ma perception ce n&rsquo;est pas parfait. Je ne veux pas être dure avec moi-même. Car il y a déjà les autres pour me juger. Je pars du principe que plus on va s&rsquo;aimer soi-même  et aimer notre art et plus on a la possibilité de convaincre notre public et même le jury le plus exigeant. L&rsquo;amour du travail bien fait est très important.</p>
<p><strong>Cette vie dense et trépidante laisse t-elle de la place à d’autres passions ?</strong></p>
<p>Je vais être honnête. Je ne suis pas sûre que j&rsquo;aurais réussi à  devenir multi championne du monde si j&rsquo;avais mené d&rsquo;autres activités ludiques en parallèle. Ce que je sais du ressenti et du vécu des autres danseurs et danseuses de haut niveau ayant gagné des trophées me renforce dans cette conviction. La vie d&rsquo;un champion, c&rsquo;est une suite d&rsquo;exigences : entraînement et encore entraînement,  avoir une bonne hygiène de vie, bien manger, bien dormir  rester concentré etc.  Sans compter ce que nous devons faire dans la gestion de l&rsquo;Académie :préparer les cours et les stages, les assurer&#8230; Notre vie tourne depuis des années autour de la salsa.</p>
<p>https://youtu.be/ZNRMGA4W4Oo?si=bLCQroZ90OcHlVnR</p>
<p><strong> Abordons maintenant cette  question importante et dans l’air du temps. L’accélération de la bataille pour l’égalité des<span class="Apple-converted-space">  </span>droits entre les hommes et les femmes est devenue un sujet encore plus brûlant. Mais il semble<span class="Apple-converted-space">  </span>bien que l’Espagne est le pays  &#8211; popula- tion et institutions officielles comprises &#8211; le plus en avancé sur le Vieux continent.  Avez-vous une explication au sujet de cet avant-gardisme de votre pays de naissance? </strong></p>
<p>Je ne sais pas vraiment si l&rsquo;Espagne est en avance par rapport à d&rsquo;autres pays en Europe et dans le monde dans ce combat pour l&rsquo;égalité des droits et contre  les violences conjugales, mais il est vrai que le débat sur ce sujet  y est permanent. Il y a clairement une libération de la parole des femmes qui n&rsquo;ont plus l&rsquo;intention de se laisser faire. Personnellement, je ne peux pas vous énumérer toutes les lois et les engagements des pouvoirs publics. Je sais par contre que des  slogans comme  » Dis non à la ségrégation sexiste « ,  » « Dis non aux agressions sexuelles » habillent les murs de nos villes et villages. On en découvre partout. Comme à la sortie de<em><strong> Pasai Antxo </strong></em> la ville où habite ma mère. Cela signifie bien que nous sommes loin de régler ce fléau. Je vous confie une anecdote que j&rsquo;ai vécue tout récemment  et qui montre qu&rsquo;il y a vraiment beaucoup de  chemin à parcourir. Un jour, alors que je disais à un voisin que ma voiture avait un problème pour démarrer sans que je ne lui demande aucun service, il me répond littéralement:  » <em>Comme vous les femmes avez l&rsquo;habitude de pleurnicher, appelez un garagiste et racontez lui votre malheur</em>« . J&rsquo;ai trouvé  cela hors de propos et surtout édifiant. Oui, il y a encore tant à faire pour changer les mentalités.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone wp-image-6778" src="https://xn--mditerranennes-bkbi.com/wp-content/uploads/2024/02/Unknown-266x300.jpeg" alt="" width="700" height="788" srcset="https://xn--mditerranennes-bkbi.com/wp-content/uploads/2024/02/Unknown-266x300.jpeg 266w, https://xn--mditerranennes-bkbi.com/wp-content/uploads/2024/02/Unknown-909x1024.jpeg 909w, https://xn--mditerranennes-bkbi.com/wp-content/uploads/2024/02/Unknown-768x865.jpeg 768w, https://xn--mditerranennes-bkbi.com/wp-content/uploads/2024/02/Unknown-1364x1536.jpeg 1364w, https://xn--mditerranennes-bkbi.com/wp-content/uploads/2024/02/Unknown.jpeg 1421w" sizes="auto, (max-width: 700px) 100vw, 700px" /></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Juste à votre retour d&rsquo;Orlando, Etats-Unis, où vous aviez participé à votre deuxième championnat du monde en deux mois, vous avez annoncé, dans un post laconique sur vos pages officielles, que vous et votre partenaire, Jeremy, aviez décidé de mettre fin a votre duo salsa qui durait depuis 13 ans. Et que vous arrêteriez aussi, d&rsquo;ici l&rsquo;été, vos cours à l&rsquo;Académie de Montpellier. Une sacrée décision !</strong></p>
<p>On a été un couple pendant 12 ans presque, ça n’a pas été toujours évident. On a arrêté d’être ensemble sentimentalement et à partir de là (peut-être avec plus de lâcher prise sur la compétition) on a commencé à gagner les mondiaux. À la fin de l&rsquo;été nous fermerons l&rsquo;Académie.Pour ma part, je passe à une autre étape de ma vie. Maintenant, je suis dans une période de questionnement « existentiel »: qu&rsquo;est-ce que je vais faire de ma vie ? Est-ce que je vais continuer la danse ? Est-ce que vais reprendre des études ? Je suis un peu perdue ! (<em>grand éclat de </em><i>rire).</i> En fait, j&rsquo;aimerais tout simplement me poser, avoir de nouveaux projets  et réfléchir autrement à la vie que je souhaiterai mener. J&rsquo;espère que l&rsquo;horizon va se dégager pour moi. Mais, j&rsquo;ai confiance en ma combativité. Et je compte bien suivre ce que mon coeur et la raison vont me proposer pour la nouvelle page de ma vie qui se profile.</p>
<p><strong>@Propos recueillis par Fayçal CHEHAT</strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><b>LES PRÉFÉRENCES D&rsquo;OLAIA</b></p>
<p><strong>Votre livre :</strong>  « Je t&rsquo;aime, je te trompe » ( Ester Perel)</p>
<p><strong>Votre film</strong> : Avatar</p>
<p><strong> Votre série</strong> : Arsène Lupin</p>
<p><strong>Votre chanson</strong> : « I don Know why « ( Nora Jones )</p>
<p><strong>Votre ville</strong>: San Sebastien</p>
<p><strong>Votre peintre</strong> : « Je ne sais pas  »</p>
<p><strong>Votre acteur</strong> :<span class="Apple-converted-space"> Morgan Freeman</span></p>
<p><strong>Votre actrice</strong>: Meryl Streep</p>
<p><strong>Votre parfum</strong> :<span class="Apple-converted-space"> Irréstible Givenchy</span></p>
<p><strong>Votre sport</strong> :<span class="Apple-converted-space"> Salsa</span></p>
<p><strong>Votre talent caché</strong> :<span class="Apple-converted-space">  Il est caché  et je ne l&rsquo;ai pas trouvé</span></p>
<p><strong>Votre voyage</strong> :<span class="Apple-converted-space">  L&rsquo;imagination</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Crédit photos:</strong> Olaia Garcia Alvarez et pages officielles de la championne du monde.</p>
<p><strong><span class="Apple-converted-space">Liens utiles </span></strong></p>
<p>Facebook: https://www.facebook.com/olaia.garciaalvarez</p>
<p>Instagram: https://www.instagram.com/olaiagarciaalvarez?igsh=YmZ3NThhZ3hwa2Vq&amp;utm_source=qr</p>
<p>Web site : www.jeremyolaia.com</p>
<p>&nbsp;</p>
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		<item>
		<title>Yasmina Salmandjee: « Je suis fascinée par l&#8217;IA »</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Fayçal Chehat]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 22 Jan 2024 15:57:32 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[PAROLES, PAROLES …]]></category>
		<category><![CDATA[Yasmina]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Yasmina Salmandjee est une femme à la créativité multiple et diverse. Auteure touche-à-tout &#8211; elle a  néanmoins une grande appétence pour les nouvelles technologies et l&#8217;informatique grand public. La pépite formée  à Polytech Paris Saclay  vient de commettre son dernier ouvrage « ChatGPT pour les nuls » publié par First Editions dont les récentes nouvelles annoncent un succès [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Yasmina Salmandjee</strong> est une femme à la créativité multiple et diverse. Auteure touche-à-tout &#8211; elle a  néanmoins une grande appétence pour les nouvelles technologies et l&rsquo;informatique grand public.</p>
<p>La pépite formée  à <strong>Polytech Paris Saclay  </strong>vient de commettre son dernier ouvrage « <strong>ChatGPT pour les nuls » </strong>publié par <strong>First Editions </strong>dont les récentes nouvelles annoncent un succès de libraire à venir.</p>
<p>Toujours chez le même éditeur, la Parisienne, désormais installée dans le sud de la France, ont paru il y a quelques années des textes de la même veine tels « <strong><em>Facebook pour les nullissimes »,</em></strong>  » <em><strong>Les réseaux sociaux pour les nuls</strong></em> » etc.</p>
<p>Elle a également conçu des applis à succès dans divers domaines comme la cuisine, l&rsquo;enfance, etc. En 2003,  les <strong>Éditions Eyrolles</strong> publient son ouvrage consacré aux drogues intitulé  « <em><strong>Les drogues : tout savoir sur leurs effets, leurs risques et la législation</strong></em>« .</p>
<p>Dans cet entretien exclusif, Yasmina décrypte pour nous l&rsquo;avènement de Chat GPT dont elle estime qu&rsquo;il constitue un tournant aussi important que celui représenté par les réseaux sociaux il y a une vingtaine d&rsquo;année. Paroles d&rsquo;une spécialiste aux idées claires. <strong> Méditerranéennes Magazine.</strong></p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone wp-image-6576 size-full" src="https://xn--mditerranennes-bkbi.com/wp-content/uploads/2024/01/418867170_10161662543525168_483581155121525609_n-e1705931020392.jpg" alt="" width="748" height="561" /></p>
<p><strong>Bonjour Yasmina, vous venez de publier<span class="Apple-converted-space">  </span>« ChatGPT pour les nuls ». Parlez nous de la genèse de<span class="Apple-converted-space">  </span>votre<span class="Apple-converted-space">  </span>ouvrage. Est-ce dicté par une passion particulière<span class="Apple-converted-space">  </span>pour l’IA ?</strong><span class="Apple-converted-space"> </span></p>
<p>Auteur depuis vingt-cinq ans sur ces sujets, j&rsquo;ai écrit <strong>ChatGPT pour les nuls</strong> à la fois par passion pour la transmission et les nouvelles technologies en général. Je suis fascinée par l’IA depuis mes études d’ingénieur en informatique à <strong>Polytech Paris Saclay</strong> (1995-2000), cela ne date pas d’hier. Ce qui a changé c’est que le sujet est devenu « grand public » et les technologies accessibles à tous depuis à peine plus d’un an.</p>
<p>Quand j&rsquo;ai vu ChatGPT naître et prendre son envol, avec grand intérêt et attention, en novembre 2023, j&rsquo;ai tout de suite compris qu&rsquo;on allait assister à un tournant majeur, un peu comme celui de l&rsquo;avènement des réseaux sociaux, il y a à peu près 15 ans, et comme l&rsquo;arrivée des smartphones dans les années 2005-2010. J&rsquo;ai tout de suite aussi vu une opportunité pour ma carrière d&rsquo;auteur de repartir, car il n&rsquo;est pas toujours facile de vendre des livres dans le contexte actuel. Et surtout un sujet de société qu’il fallait impérativement traiter, auquel éduquer les aficionados, comme les débutants, les plus jeunes comme les moins expérimentés en technologie.</p>
<p>J’ai proposé le sujet à mon éditeur,<strong> First,</strong> qui a au début été un peu frileux, c’était trop tôt. En mars, ils m’ont contactée pour me dire qu’ils étaient finalement très partants, mais surtout… très pressés ! J’ai eu un mois pour écrire le livre, il m’a au final fallu trois semaines, et le livre est sorti en librairies le 8 juin 2023. C’est le premier livre en français sur le sujet, je n’en suis pas peu fière !</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="aligncenter wp-image-6577 size-full" src="https://xn--mditerranennes-bkbi.com/wp-content/uploads/2024/01/413979930_10161638054880168_6840842474928883464_n.jpg" alt="" width="526" height="701" srcset="https://xn--mditerranennes-bkbi.com/wp-content/uploads/2024/01/413979930_10161638054880168_6840842474928883464_n.jpg 526w, https://xn--mditerranennes-bkbi.com/wp-content/uploads/2024/01/413979930_10161638054880168_6840842474928883464_n-225x300.jpg 225w" sizes="auto, (max-width: 526px) 100vw, 526px" /></p>
<p><strong>C’est depuis le 18 janvier<span class="Apple-converted-space">  </span>que le livre est disponible dans les librairies<span class="Apple-converted-space">  de</span> France et de Navarre comme on dit. Une version anglaise  est-elle prévue dans un futur proche ?</strong></p>
<p>Mon deuxième titre sur l&rsquo;intelligence artificielle, <strong>l&rsquo;IA générative pour les nuls,</strong> <strong>Editions First</strong>, est en effet disponible depuis le 18 janvier dans toutes les librairies de France, mais aussi d’un grand nombre de pays francophones. J’ai des lecteurs assidus du Québec, en Suisse et  jusqu’à plusieurs pays d’Afrique francophone ! En revanche, aucune traduction vers l&rsquo;anglais n&rsquo;est prévue, car c&rsquo;est en général le processus inverse qui est mis en place, étant donné que la franchise <strong>For dummies</strong>, dont Pour les nuls est la version française, est américaine au départ. Mon premier emploi dans l’édition consistait d’ailleurs à traduire des livres d’informatique de l’anglais vers le français, cela n’est quasiment jamais le cas dans l’autre sens !</p>
<p><strong>Comment se présente l’architecture de votre contenu ? Sur quels thèmes avez-vous insisté pour que le « nul » ne se sente « plus nul » en refermant la dernière page ?<span class="Apple-converted-space"> </span></strong></p>
<p>La collection Pour les nuls suit des règles structurelles et stylistiques assez précises. Il y a un découpage en parties, des encarts et notes spécifiques à la collection, ainsi que sa fin emblématique appelée « Les dix commandements ».</p>
<p>Je suis en revanche totalement libre dans le choix de ces parties, des chapitres, de leur nombre, etc., ainsi que le ton, les sujets abordés, ou encore les illustrations, après validation de ma table des matières par mon éditeur (que je remercie au passage pour sa confiance depuis plus d’un quart de siècle !).</p>
<p>J&rsquo;organise toujours mes ouvrages de la même façon, avec une approche au départ généraliste, un peu théorique, un peu historique aussi parfois quand le sujet l&rsquo;exige, et beaucoup de concret et de « pratique » très vite, pour que l&rsquo;utilisateur débutant puisse se lancer. J’aime aussi introduire des anecdotes amusantes et communiquer comme je le fais dans la vie : cash, sans « chichis », et avec (je l’espère) un peu d’humour !</p>
<p>Je suis au fil des pages une approche progressive, didactique, qui part des fondements jusqu&rsquo;à des notions plus complexes. Je pense qu&rsquo;une personne qui achète mon livre, que ce soit ChatGPT pour Les Nuls qui fait 300 pages ou l&rsquo;IA Génératif pour Les Nuls qui en fait près de 400, se sentira beaucoup moins « nulle » à la fin, parce que je vais assez loin sur tous les sujets liés abordés.</p>
<p>Par exemple, dans mon dernier ouvrage, j’explique comment programmer en Python ou créer son propre « bot » grâce à l’intelligence artificielle. J&rsquo;ouvre aussi toujours des portes aussi pour aller plus loin, et la personne qui aura envie de creuser le sujet aura toutes les clés entre ses mains. D&rsquo;ailleurs, l&rsquo;IA elle-même peut aider les gens à approfondir le sujet, n&rsquo;importe quel sujet d&rsquo;ailleurs, et j&rsquo;explique comment faire pour être autonome.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone wp-image-6580 size-full" src="https://xn--mditerranennes-bkbi.com/wp-content/uploads/2024/01/thumbnail-e1705938479656.jpeg" alt="" width="780" height="585" /></p>
<p><strong>C’est un livre qui en appelle une suite.Peut-être?<span class="Apple-converted-space"> </span></strong></p>
<p>Oui, le livre appelle peut-être à une suite. À l&rsquo;heure actuelle, de nouvelles technologies apparaissent tous les jours. Les technologies existantes évoluent aussi à vitesse grand V. La deuxième édition de ChatGPT pour les nuls va apparaître en mars. Selon ce qui arrivera (et les ventes, bien sûr), il est possible qu&rsquo;il y ait de nouvelles éditions aussi pour L&rsquo;intelligence artificielle générative pour les nuls ou un nouveau livre sur un nouveau sujet. Tout peut arriver. En attendant je me réjouis de voir que non seulement ChatGPT pour les nuls a trouvé son public, puisque l’ouvrage est numéro 1 des ventes dans sa catégorie depuis aout 2023, soit deux mois après sa sortie, et bénéficie non seulement d’excellentes critiques, mais aussi d’un très puissant bouche-à-oreille. Merci à mes lecteurs !</p>
<h3><strong>Autres questions d’un candide ou d&rsquo;un ingénu</strong></h3>
<p><strong>On présente ChatGPT comme une avancée exceptionnelle dans le domaine de la science du langage. Mais en réalité,sa créativité est-elle légitime lorsqu’on sait qu’elle repose sur le traitement massif de milliards de contenus produits, eux, par des millions de cerveaux humains ?</strong><span class="Apple-converted-space"> </span></p>
<p>ChatGPT, c&rsquo;est un peu comme une mosaïque géante, assemblée avec des milliards de petits morceaux d&rsquo;humanité. Sa « créativité », si on peut l&rsquo;appeler ainsi, est un reflet de notre propre diversité de pensées et d&rsquo;expressions. Alors, légitime ou non ? C&rsquo;est un débat ouvert. Ce qui est sûr, c&rsquo;est que ChatGPT n&rsquo;invente rien : il réarrange et reformule ce que nous, humains, avons déjà exprimé. Un écho plutôt qu&rsquo;une voix originale, si vous voulez.</p>
<p><strong>Et quid de la défense des droits<span class="Apple-converted-space">  </span>des auteurs?<span class="Apple-converted-space"> </span>Les premières secousses arrivent. En effet, fin décembre 2023, le New York Times attaque en justice OpenAI et son investisseur Microsoft pour violation de droit d’auteur. L’entreprise a utilisé les articles du célèbre journal américain pour nourrir son robot d’IA générative ChatGPT. Le préjudice est estimé à plusieurs milliards de dollars…</strong></p>
<p>La question est épineuse. L&rsquo;affaire du New York Times contre OpenAI est un jalon dans la réflexion sur la propriété intellectuelle à l&rsquo;ère de l&rsquo;IA. Si une IA s&rsquo;abreuve de contenus protégés pour « apprendre », puis « écrire » ou « dessiner », « parler » à qui appartient le savoir ou les oeuvres qu&rsquo;elle génère ? C&rsquo;est un peu comme si on accusait un étudiant d&rsquo;avoir volé ses professeurs parce qu&rsquo;il a réussi son examen, ou un peintre de s’être inspiré de ses pairs… Un casse-tête juridique et éthique. Pour en savoir plus sur ce sujet…je vous invite à consulter mes ouvrages ou je développe mon point de vue et explique ce qui se passe en détails !</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone wp-image-6578 size-full" src="https://xn--mditerranennes-bkbi.com/wp-content/uploads/2024/01/403977279_10161586378510168_4185069725860136673_n-e1705931924777.jpg" alt="" width="780" height="585" /></p>
<p><strong>Depuis l’avénement au grand jour de l’intelligence artificielle</strong><strong>, des secteurs entiers de la création culturelle s’inquiètent des menaces qui pèsent même<span class="Apple-converted-space">  </span>sur la survie de leur activité. Certains chiffres donnent le vertige : 300 millions d’emplois sont susceptibles<span class="Apple-converted-space">  </span>d’être supprimés rien que dans ces secteurs d’activité dans les années à venir&#8230;<span class="Apple-converted-space"> </span></strong></p>
<p>300 millions d&#8217;emplois en danger ? Ces chiffres donnent le vertige, c&rsquo;est vrai. Mais rappelez-vous, chaque révolution industrielle a provoqué des peurs similaires. Oui, des emplois disparaîtront, mais d&rsquo;autres émergeront. Le vrai défi sera de s&rsquo;adapter, de se former, de naviguer dans ces eaux nouvelles. L&rsquo;IA n&rsquo;est pas une vague qui submerge, mais un courant qui emporte. À nous de savoir nager !</p>
<p><strong>Algorithmes<span class="Apple-converted-space">  </span>et calculateurs puissants vont-ils remplacer l’intelligence humaine a peu de frais ?<span class="Apple-converted-space">  </span>N’est-il pas dangereux de confier la gestion du langage et de la communication à des programmes informatiques<span class="Apple-converted-space">  </span>?</strong></p>
<p>Remplacer l&rsquo;homme, non, je ne pense pas. La femme encore moins ! Je plaisante mais pour moi, l&rsquo;IA est un outil, un partenaire, un assistant… Elle peut calculer, analyser, voire créer, d&rsquo;une certaine manière, mais elle ne possède pas notre intuition, notre capacité d&rsquo;adaptation, notre empathie. Ceux qui lui confieront la barre sans tenir le gouvernail finiront par en payer le prix ou être démasqués.</p>
<p><strong>Certains éminents spécialistes sont formels sur le nouvel univers que nous propose l’IA, avec l’hypothèse suivante : il se peut que nous entrons dans une nouvelle ère où aucune vérité ne se dégage et ou on ne peut plus apporter de preuves satisfaisantes </strong><strong>de quoi que ce soit. Notamment grâce aux manipulation des images, des voix, des sons, des dates voire des lieux ou les faits sont censés s’être déroulés </strong><em><strong>?</strong></em></p>
<p>L&rsquo;IA, surtout avec les <strong>deepfakes</strong> et autres technologies de manipulation, peut effectivement brouiller les lignes entre vrai et faux. Mais plutôt que de voir cela comme une apocalypse de la vérité, voyons-le comme un défi. Un défi à notre esprit critique, à notre vigilance. À nous de développer des outils, des méthodes pour distinguer le vrai du faux. Les fake news, les arnaques, le charlatanisme, tout cela a toujours existé.<span class="Apple-converted-space"> </span></p>
<p><strong>Pour finir une question qui peut faire passer celui qui la pose pour un nul voire, plus insultant pour un<span class="Apple-converted-space"> </span>has been réfractaire au progrès: les risques<span class="Apple-converted-space"> </span>que peut provoquer l’IA ne sont-ils pas plus grands que les bénéfices qu’ils sont censés apporter à l’humanité ?</strong></p>
<p>Cette question est la plus délicate. L&rsquo;IA, c&rsquo;est un peu comme le feu de<strong> Prométhée*</strong>. Un outil incroyable, mais potentiellement destructeur. Les risques existent : perte d&#8217;emplois, atteintes à la vie privée, manipulations dangereuses. Mais les bénéfices sont là aussi : progrès médical, efficacité énergétique, avancées scientifiques. La clé ? Équilibre, contrôle, éthique. Comme toute grande puissance, l&rsquo;IA doit être maniée avec sagesse.</p>
<p>* <em>Dans la mythologie grecque, Prométhée est un Titan qui a dérobé le feu aux dieux pour le donner aux humains. Ce mythe symbolise ici l&rsquo;acquisition de la connaissance et de la technologie, apportant à l&rsquo;humanité d&rsquo;immenses bienfaits, mais aussi des responsabilités et des dangers potentiels.</em></p>
<p><strong>Propos recueillis par Fayçal CHEHAT</strong></p>
<h3>Liens utiles</h3>
<div><a href="https://www.amazon.fr/Livres-Yasmina-Salmandjee/s?rh=n%3A301061%2Cp_27%3AYasmina+Salmandjee" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">ChatGPT pour les Nuls | Yasmina Salmandjee | First Éditions (lisez.com)</a></div>
<div><a href="https://www.lisez.com/livre-grand-format/lintelligence-artificielle-generative-pour-les-nuls/9782412092729" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer"><span style="color: #222222;">L&rsquo;intelligence artificielle générative pour les Nuls </span>| First Éditions (lisez.com)</a></div>
<div><span style="color: #1155cc;"><u>ChatGPT expliqué aux enfants et ados &#8211; YSL Éditions</u></span></div>
<div><a href="https://www.amazon.fr/PRISMA-Yasmina-Salmandjee/dp/B0CGYN4VQJ/ref=sr_1_2?qid=1693927959&amp;refinements=p_27%3AYasmina+Salmandjee&amp;s=books&amp;sr=1-2&amp;text=Yasmina+Salmandjee" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">PRISMA &#8211; un roman d&rsquo;anticipation romantique &#8211; YSL Éditions</a></div>
<div><a href="https://www.linkedin.com/in/yasminasalmandjee/" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer">https://www.linkedin.com/in/yasminasalmandjee/</a></div>
<div><a href="https://fr-fr.facebook.com/marketplace/profile/648305167/" target="_blank" rel="noopener noreferrer">Yasmina Smj (ॐ) </a></div>
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		<title>Yasmina Sellam, une cheffe érudite et solaire</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Fayçal Chehat]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 11 Dec 2023 17:57:36 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[PAROLES, PAROLES …]]></category>
		<category><![CDATA[Algérie]]></category>
		<category><![CDATA[Cheffe]]></category>
		<category><![CDATA[gastronomie]]></category>
		<category><![CDATA[Méditerranéennes Magazine]]></category>
		<category><![CDATA[Yasmina Sellam]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Dans le cadre de notre partenariat  entamé en mars dernier, nous partageons dans les colonnes de Méditerranéennes Magazine un quatrième entretien réalisé par  le website  ( :https://tinyurl.com/nr9kueeu ) consacré à l&#8217;actualité de l&#8217;Algérie. Cette fois, nous allons faire connaître à nos lecteurs la Cheffe  Yasmina Sellam qui vient d&#8217;être consacrée au niveau international. En effet, [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<div class="td-post-content td-pb-padding-side">
<p>Dans le cadre de notre partenariat  entamé en mars dernier, nous partageons dans les colonnes de <strong>Méditerranéennes Magazine</strong> un quatrième entretien réalisé par  le website  ( :<a href="https://tinyurl.com/nr9kueeu" target="_blank" rel="nofollow noopener noreferrer" shape="rect">https://tinyurl.com/nr9kueeu ) </a>consacré à l&rsquo;actualité de l&rsquo;Algérie. Cette fois, nous allons faire connaître à nos lecteurs la Cheffe  <strong>Yasmina Sellam</strong> qui vient d&rsquo;être consacrée au niveau international. En effet, son  superbe ouvrage intitulé « <em><strong>Mémoire Culinaire de l&rsquo;Algérie, histoires de recettes</strong></em> » s&rsquo;est vu décerné le 1er prix du prestigieux concours gourmand <em><strong>World cookbook awards</strong> </em>2023. <em>#Mediterranénnes Magazine.</em></p>
<p>&nbsp;</p>
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<p>&nbsp;</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone wp-image-6406 size-full" src="https://xn--mditerranennes-bkbi.com/wp-content/uploads/2023/12/Yasmina-Sellam-Algerie-Dzairworld.com_-1.png" alt="" width="1021" height="580" srcset="https://xn--mditerranennes-bkbi.com/wp-content/uploads/2023/12/Yasmina-Sellam-Algerie-Dzairworld.com_-1.png 1021w, https://xn--mditerranennes-bkbi.com/wp-content/uploads/2023/12/Yasmina-Sellam-Algerie-Dzairworld.com_-1-300x170.png 300w, https://xn--mditerranennes-bkbi.com/wp-content/uploads/2023/12/Yasmina-Sellam-Algerie-Dzairworld.com_-1-768x436.png 768w" sizes="auto, (max-width: 1021px) 100vw, 1021px" /></p>
<p>Ingénieure agronome de formation et ex-enseignante à l’Ecole normale supérieure (ENS) d’Alger, <strong>Yasmina Sellam </strong>a décroché, en mai dernier, le premier prix du concours international « Gourmand World Cookbook Awards » d’Umea, en <strong>Suède</strong>, pour son ouvrage « Mémoire culinaire de l’Algérie, histoire de recettes » (ANEP, éditions). Celle qui est aussi gérante de la maison d’hôte <em>Dar Djeddi </em>à Cheraga (Alger) a accepté pour dzairworld.com de détailler par le menu son intérêt pour la cuisine. Entretien avec une passionnée. <strong>Nasser Mabrouk</strong></p>
<p><strong>Pour débuter, pourriez vous vous présenter à nos lecteurs?</strong></p>
<p><strong>Yasmina Sellam</strong>: Je suis Yasmina Benlemalem, épouse Sellam. Je suis née à Mila, entre Constantine et Sétif. C’est une ville historique romaine, pleine de paradoxes.La culture est à la fois rustique et citadine mais très raffinée. J’ai grandi dans une famille où toutes mes tantes et ma grand mère faisaient la cuisine. On m’a appris très tôt à traire une vache, à tisser de la laine pour faire des burnous, à rouler le couscous, à sécher la tomate sur le toit de la maison. Toutes ces activités ne sont pas restées sans effet sur ma personne. On ne m’a pas appris à faire la cuisine. J’ai regardé. Comme on dit en arabe : <em>El qoudwa</em>. Dans ma famille, faire des études était primordial.On voulait préparer sa fille à avoir un diplôme, à être autonome et à pouvoir se débrouiller dans la vie. Après le Bac ma grand mère voulait que je sois médecin ou dentiste.Je lui ai dit que je voulais être ingénieur agronome. Pour moi être proche de la nature, c’était être proche des vaches que j’avais pu traire dans ma jeunesse. Mon père m’y a encouragée.</p>
<p><strong>C’est vers l’Institut National Agronomique (INA) que vous vous êtes dirigée?</strong></p>
<p>Oui. J’ai passé 5 années à l’INA.J’y ai appris des choses magnifiques. Ensuite, je me suis inscrite en post-graduation pour un magister en agronomie. Après, il fallait se marier, avoir des enfants et vivre une vie normale. Je sentais que je voulais autre chose. J’ai donc décidé d’enseigner à l’Ecole Normale Supérieur.J’ai découvert que j’avais un talent d’oratrice. Mes étudiants adoraient mes cours. Je dispensais le module « Ecologie et Bioclimatologie » (le lien entre l’être vivant et son climat). C’est la base de l’homme qui a toujours fait partie d’un écosystème. Il utilise sa flore et sa faune pour son alimentation. C’est un milieu en équilibre. J’étais dans mon élément. J’ai enseigné 30 ans avec passion. Les deux dernières années, je ne voulais plus.C’est comme si ma passion s’était éteinte. Je me suis dit qu’il fallait que je parte. Au moment de la retraite, je ne savais pas ce que j’allais faire.</p>
<p><strong>Quel chemin souhaitiez vous prendre à ce moment là?</strong></p>
<p>Mon mari était à l’époque directeur d’une boite en Algérie. Il a reçu une délégation étrangère qui voulait manger dans des maisons d’hôtes. Il m’a demandé si on pouvait les inviter. J’ai accepté. Pendant toute la soirée, les gens prenaient mes plats en photos parce que je suis un petit peu artiste sur les bords. Il y avait parmi eux un monsieur qui n’arrêtait pas de s’excuser. Je lui ai demandé pourquoi il agissait de la sorte.Il m’a dit qu’au moment de prendre l’avion, il craignait de ne pas pouvoir retourner chez lui car, selon lui, l’Algérie était un pays dangereux, où la culture n’existait pas. Il m’a dit qu’il avait vu qu’il y avait une tradition, une haute gastronomie. ll était ébahi. Quand j’ai servi le thé, ils ont voulu prendre les gâteaux miniatures qui restaient. Je leur ai fait un petit paquet chacun. Six mois après, ils sont revenus dans le bureau de mon mari pour lui dire qu’ils viendraient manger à la maison le samedi suvant. Ils se sont invités. Je me suis dit qu’il fallait que je mette encore le paquet. J’ai fait un diner à base de couscous, de l’entrée jusqu’au dessert.Tous les types de couscous. Ils étaient émerveillés. C’était des Portugais. Le chef de la délégation m’a dit que s’il trouvait en Algérie des endroits comme cela, où il pouvait passer quelques jours, il viendrait. C’est à ce moment là que le déclic a eu lieu. Je me suis dit que j’allais militer pour attirer des touristes et leur montrer le beau visage de l’Algérie.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone wp-image-6408 size-full" src="https://xn--mditerranennes-bkbi.com/wp-content/uploads/2023/12/yasmina-sellam-800x600-1.jpg" alt="" width="800" height="600" srcset="https://xn--mditerranennes-bkbi.com/wp-content/uploads/2023/12/yasmina-sellam-800x600-1.jpg 800w, https://xn--mditerranennes-bkbi.com/wp-content/uploads/2023/12/yasmina-sellam-800x600-1-300x225.jpg 300w, https://xn--mditerranennes-bkbi.com/wp-content/uploads/2023/12/yasmina-sellam-800x600-1-768x576.jpg 768w" sizes="auto, (max-width: 800px) 100vw, 800px" /></p>
<p><strong>Vous avez saisi cette opportunité pour ouvrir votre maison d’hôtes…</strong></p>
<p>J’ai effectivement ouvert ma table d’hôtes « Dar Djeddi » (« La maison de mon grand-père »).Je voulais que les gens mangent comme chez mon grand-père. Je connaissais bien la cuisine de Mila et d’Alger, et un peu celle de Tlemcen car mon mari est originaire de cette ville.Si je voulais monter ce projet, il fallait alors que je connaisse les cuisines de toute l’Algérie. J’ai commencé à chercher, à voyager partout avec mon petit calepin. Il faut savoir qu’avant d’être enseignante, je travaillais dans un ministère où j’étais chargée de créer des stations météo pour la lutte contre les incendies de forêt. Il fallait se déplacer.Comme j’étais la seule femme de la délégation, on m’emmenait manger chez les femmes. J’ai découvert des choses extraordinaires. Je ne soupçonnais pas leur existence dans mon pays. J’ai pris des notes en demandant les noms, la manière de  faire.. C’est comme cela que j’ai commencé à faire le tour de la gastronomie algérienne. Je me souviens du premier repas de ma table d’hôtes. C’était un ex-ministre français qui est venu. Je ne savais comment on faisait pour servir, surtout un ministre. Cela me faisait peur. J’avais l’arrière de mes genoux qui tremblaient. J’ai vu qu’il était au départ un peu réticent parce que j’avais servi un jus rose. Il a dû se dire que j’avais mis un colorant. Ensuite, je lui servi un couscous d’orge avec du rob.</p>
<p><strong>Qu’est-ce que le Rob?</strong></p>
<p>Les gens appellent cela du miel mais ce n’est pas du miel si l’abeille n’est pas intervenue dans sa production. On n’a pas le droit de l’appeler non plus sirop ou confiture car on n’y a pas mis du sucre. C’est donc de l’extrait de datte.On fait cuire le fruit. On récupère l’extrait qu’on réduit jusqu’à ce qu’il ait un aspect de miel.On l’utilise alors pour l’alimentation.Quand on a un surplus de datte, on le conserve de cette façon. Dans la région de Blida et Médéa, on le fait avec du raisin.</p>
<p><strong>Finalement, comment a réagi l’ancien ministre ?</strong></p>
<p>Il a adoré car il n’avait jamais gouté cela. Il a voulu en prendre avec lui.Il m’a demandé ce qu’était le jus rose. Je lui ai expliqué que c’était un jus de ma grand-mère fait à base de géranium. Là, j’ai compris que j’étais sur la bonne voie puisque ce ministre, réticent au départ, m’a laissé sa carte de visite. J’ai compris que je l’avais touché avec les plats servis.Pendant des années, j’ai pris du plaisir à recevoir les gens. Je voyais leurs yeux briller quand ils mangeaient des choses qu’ils n’avaient jamais vues, ou pas sous la forme algérienne. Cela a été ma nouvelle carrière. Entre temps mon mari a pris sa retraite. C’est devenu mon serveur. Je lui ai appris l’histoire des plats. On reçoit avec un rituel de table. Quand les gens arrivent, on leur fait faire le tour du jardin. On leur montre des plantes algériennes. Ils prennent ensuite un apéritif traditionnel avant de passer à table. Ils se lavent les mains de manière traditionnelle avec de l’eau parfumée à l’eau de rose ou à la fleur d’oranger. En fin de repas, je leur offre un thé avec des gâteaux miniatures.</p>
<p class="has-black-color has-text-color"><strong>Votre table continue-t-elle d’exister malgré la parenthèse Covid ?</strong></p>
<p class="has-black-color has-text-color">Elle existe toujours. En Algérie, ce sont surtout les diplomates qui viennent découvrir le pays où ils sont accrédités. Il y a sur mon site web (www.dardjeddi.com) les différents menus algériens. J’ai divisé l’Algérie en quatre. Le littoral où il y a beaucoup de poissons et de légumes, les montagnes avec ses plats rustiques (chakhchoukha), le désert et les villes où la cuisine est raffinée et citadine.J’ai orienté le choix des invités parce que parfois les gens choisissaient des plats dont je ne connaissais pas l’histoire. C’est pour cela que j’ai commencé à écrire les histoires de plats. Je me suis ensuite dit qu’il fallait que je les partage. J’ai donc écrit le livre.</p>
<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" class="wp-image-11302 td-animation-stack-type0-2" src="https://www.dzairworld.com/wp-content/uploads/2023/05/YAsmina-Sellam-Cuisinie%CC%80re-dzairworld.com_.jpeg" sizes="auto, (max-width: 816px) 100vw, 816px" srcset="https://www.dzairworld.com/wp-content/uploads/2023/05/YAsmina-Sellam-Cuisinie%CC%80re-dzairworld.com_.jpeg 816w, https://www.dzairworld.com/wp-content/uploads/2023/05/YAsmina-Sellam-Cuisinie%CC%80re-dzairworld.com_-300x199.jpeg 300w, https://www.dzairworld.com/wp-content/uploads/2023/05/YAsmina-Sellam-Cuisinie%CC%80re-dzairworld.com_-768x508.jpeg 768w, https://www.dzairworld.com/wp-content/uploads/2023/05/YAsmina-Sellam-Cuisinie%CC%80re-dzairworld.com_-635x420.jpeg 635w, https://www.dzairworld.com/wp-content/uploads/2023/05/YAsmina-Sellam-Cuisinie%CC%80re-dzairworld.com_-640x424.jpeg 640w, https://www.dzairworld.com/wp-content/uploads/2023/05/YAsmina-Sellam-Cuisinie%CC%80re-dzairworld.com_-681x451.jpeg 681w" alt="" width="816" height="540" /></figure>
<p><strong>On imagine que cela a été facile de</strong> <strong>trouver un éditeur…</strong></p>
<p class="has-black-color has-text-color">Non. Aucune maison d’édition ne l’a voulu car elles disaient ne pas vouloir de livre de recettes. Je leur disais que ce n’était pas un livre de recettes mais un ouvrage construit en deux volets. D’un coté, l’histoire de l’alimentation mondiale (Comment l’alimentation de l’homme a évolué, en y mettant un peu l’Algérie). Et une seconde partie avec 37 recettes. La difficulté que j’ai rencontrée, c’est qu’il n’y avait pas de documents sur la gastronomie algérienne.</p>
<p><strong>Comment définiriez vous votre ouvrage?</strong></p>
<p>C’est un livre historique.Le titre, <em>Mémoires culinaires de l’Algérie.Histoire de recettes</em>, le dit bien. Que mangeaient les Algériens depuis le Néolithique?Quelles étaient les plantes à disposition? C’est là que j’ai fait appel à mon diplôme d’ingénieur agronome. J’ai étudié la Palynologie, l’Anthracoloqie, la Paléo-botanique…Avec des documents de chercheurs, j’ai cerné cela. A travers la denture de ces hommes anciens, on peut savoir ce qu’ils mangeaient. On sait par exemple que leurs dents ont croqué des graines très dures. Quand ils ont commencé à mettre les graines dans le feu, leur denture a changé. Les canines sont devenues un peu moins longues parce que l’homme a cuit sa viande. Il a commencé à cuisiner sans avoir d’ustensiles.A partir de la découverte du feu, il y a eu changement de régime alimentaire.Il a appris à réduire ses graines en poudre. Durant le Néolithique, au lieu d’avoir des pierres taillées, on a des pierres polies qui permettaient d’avoir une poudre de céréales ou de légumineuses qu’il mettait dans des pots et de l’eau avec des galets incandescents pour que cela cuise.J’ai raconté ces histoires, puis la littérature gastronomique du monde. Tous les pays ont écrit sur l’histoire de leur gastronomie sauf l’Algérie. Où se situe-t-elle par rapport à ces recettes qu’on a découvertes un peu partout dans le monde? Quand on découvre un objet archéologique quelque part, jusqu’à quelle distance peut-on dire qu’il appartient à telle ou telle région?  On m’a dit qu’il y a des ouvrages sur le sujet mais je considère qu’ils n’ont pas répondu à mes questions.</p>
<p><strong>C’est pour cette raison que la gastronomie algérienne reste méconnue</strong> ?</p>
<p>Elle est méconnue parce qu’elle n’a pas été écrite. Et mêmes certains auteurs méditerranéens parlent de tous les pays sauf de l’Algérie. Je comprends parce qu’après l’indépendance, le pays est devenu farouche et ne permettait pas à tout le monde de venir chez nous.Il ne savait ou ne voulait pas vendre ses produits. J’ai tenté de répondre à mes questions et à pas mal de celles que se posent les Algériens. Je n’ai pas trouvé certaines réponses que je trouverais peut être un jour car je suis en train d’écrire d’autres ouvrages.</p>
<p><strong>Vous avez été primée à Umea, en Suède, pour votre livre. Quelle a été votre réaction à ce prix ?</strong></p>
<p>Ma première réaction, c’est le jour où j’ai reçu le courriel du fondateur de ce grand concours. Il voulait insérer mon livre dans la liste des nominés. Il y a normalement toute une procédure de nomination. Le mien l’a été directement. Je lui ai envoyé le livre en pdf. Je n’ai pas eu de réponse. Quelques temps après, je reçois un autre courriel me disant qu’il fallait que je me déplace au Cambodge pour venir parler de l’ouvrage. C’est un pays très lointain et l’Algérie n’a pas de représentation diplomatique sur place. Et puis, je ne pouvais pas me déplacer sans mon mari. Finalement, on m’a demandé d’envoyer une video de présentation du livre.Cela a fonctionné puisque j’ai été nominée dans 3 catégories : <em>cuisine de chefs célèbres, livres historiques et cuisine méditerranéenne</em>. Je savais que j’avais des chances sur les deux dernières nominations. J’ai de nouveau reçu un mail m’indiquant que mon livre était dans le top 3 mais sans me dire qu’elles étaient les deux catégories. On m’a dit que ma présence en Suède était vivement souhaitée. A Uméa, on a eu un quart d’heure pour présenter son livre.</p>
<p>L’ovation devant tous ces pays a été extraordinaire.J’ai été ambassadrice de mon pays pendant deux jours. J’ai eu le premier prix en<em> Histoire de la gastronomie</em> devant le Pérou, la Turquie et les USA. Pour la <em>Gastronomie méditerranéenne</em>, la France a été première devant l’Australie et l’Algérie.</p>
<figure id="attachment_6415" aria-describedby="caption-attachment-6415" style="width: 848px" class="wp-caption alignnone"><img loading="lazy" decoding="async" class="wp-image-6415 size-full" src="https://xn--mditerranennes-bkbi.com/wp-content/uploads/2023/12/Terroir-algerien-chef-Yasmina-Sellam-e1702315350315.jpg" alt="" width="848" height="636" /><figcaption id="caption-attachment-6415" class="wp-caption-text"><em>Yasmina Sellma: la Cheffe fait son marché </em></figcaption></figure>
<p><strong>Vous attendiez vous à un tel triomphe ?</strong></p>
<p>Pas du tout.J’ai pensé écrire un bon livre pour mes compatriotes et qu’ils aient des arguments pour défendre leur gastronomie.</p>
<p><strong>Qu’est-ce que ces prix ont représenté pour vous ?</strong></p>
<p>C’est un concours prestigieux qui existe depuis 30 ans, où tous les pays du monde sont représentés.Cela veut dire que si on connaissait la gastronomie algérienne, on la placerait très haut. Je dois avouer que je n’aime pas les classements des terroirs et patrimoines des pays parce qu’on n’a pas le droit de dire à un pays qui est le meilleur ou le pire. Quand on classe, on écarte des patrimoines. L’Algérie a souffert de cela. Toutes les cuisines du monde sont belles. Chacune pour les peuples qui les ont faites, et ceux qui les découvrent. Mettons dans l’inventaire de l’humanité tous ces terroirs.</p>
<p><strong>A ce propos vous déplorez qu’en Algérie la cuisine soit très régionalisée et qu’on la considère comme étant la meilleure selon sa région. </strong></p>
<p>Complètement ! C’est une des raisons qui ont fait que les Algériens n’ont pas été les ambassadeurs de leur gastronomie à l’étranger. Il faut adopter toutes les cuisines de notre pays. Je trouve que c’est une aberration de ne pas les connaitre. Un jour, j’ai fait une conférence à Mostaganem. C’était un regroupement méditerranéen. Les organisateurs m’ont demandé de cuisiner pour tout le monde. J’ai choisi de faire un plat de l’est, <em>Tikourbabine</em>, et une salade très ancienne de ma grand-mère qui était de la courgette assaisonnée, mais crue. Ils ont aimé. Mon mari qui était dans la salle a entendu trois dames qui se demandaient pourquoi je ne leur avais pas fait une paella oranaise. Je fais des plats d’autres régions pour qu’on puisse connaitre toute l’Algérie.</p>
<p><iframe loading="lazy" title="حكاية طبق - روز البراطل" width="1200" height="675" src="https://www.youtube.com/embed/WIRkpLe4F7Q?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe></p>
<p><strong>Dans votre livre vous passez en revue les différentes civilisations qui se sont succédé en Algérie. Qu’ont elles apporté à la cuisine algérienne?</strong></p>
<p>Ces civilisations ont trouvé un peuple en harmonie avec son milieu, qui cuisinait et qui mangeait.Il ne broutait pas. On nous dit que les Phéniciens nous ont appris à cultiver l’olive. C’est faux, l’olive et le raisin algériens ont toujours existé. Ils créaient des comptoirs en faisant du troc. Ils avaient des techniques que nous avons apprises. Avec les Grecs, on a eu le tajine qui vient du mot <strong>tagenon</strong>. Il existe un peu partout en Méditerranée mais il est prononcé différemment. En Orient, on a le <strong>motajen</strong> qui signifie « qui a cuit dans un tajine à petit feu ». Les Romains sont surtout venus en Numidie pour s’inspirer. <strong>Apicius</strong> venait régaler son <strong>César Tibère</strong>. On a pris de chez eux le sucré-salé.La datte farcie est une création romaine. A Rome, il n’y avait pas de dattes. Cela prouve le lien qu’il y avait avec l’Algérie.Cela va toujours dans les deux sens. La <em>Saracen connexion</em>, c’est l’influence musulmane, et non arabe, sur la renaissance en Europe. Il y a aussi les Perses, les Afghans, les Indiens mais à travers l’Islam. C’est la base de la gastronomie européenne et notamment andalouse. Après, nous avons eu les Ottomans. Ils nous ont amené des recettes des Balkans. Il y a la baklawa, les boureks, la rechta qui pourrait aussi être arrivée avant car elle existait aussi du temps du Prophète, <strong>Muhammad</strong>.Ensuite, les cultures espagnole et française ont apporté plusieurs recettes. Il faut savoir par exemple qu’avant 1830, le premier repas des Berbères d’Algérie était salé.On ne mangeait pas de farine de froment mais de blé dur. La crêpe et le millefeuille n’ont pas été crées en Algérie, ils nous sont arrivés par la France.</p>
<p><strong>Au sein de la cuisine du Maghreb, existe-t-il une spécifié algérienne ?</strong></p>
<p>Tout à fait. La cuisine tunisienne est monochrome. Elle est toujours rouge et piquante. Elle est plus récente que l’algérienne car la tomate et le piment rouge sont arrivés en Afrique du nord qu’au 18ème siècle. Au Maroc, la cuisine est restée très andalouse parce que la colonisation ottomane n’est pas restée longtemps pour influencer leur gastronomie. S’ils ont des plats ottomans, c’est qu’ils sont arrivés à travers l’Algérie. Il y a beaucoup de safran. La cuisine est un peu jaune, très sucrée et très grasse. La gastronomie algérienne est beaucoup plus large et variée en raison de l’immensité du territoire. Nous avons du rouge et du piquant dans le sud et à l’est. Nous avons du blanc dans les villes. Ce n’est pas venu des Ottomans car Massinissa mangeait blanc. Nous sommes les seuls au Maghreb à avoir des sauces blanches. Nous avons du jaune issu de la cuisine andalouse.Nous avons beaucoup de traces des cuisine ottomane et abasside. Notre cuisine n’est pas fardée. Nous utilisons les épices avec parcimonie.Nous parfumons nos viandes mais nous ne les tuons pas avec des goûts épicés.</p>
<p><strong>Existe-t-il un plat typiquement algérien que l’on ne retrouve ni au Maroc, ni en Tunisie?</strong></p>
<p>Le Zviti, la Chakhchoukha. J’ai trouvé l’origine de cette recette dans un livre du 13è siècle qui parlait de la grandeur de Béjaia quand la ville était un pole universitaire où les gens du monde entier venaient étudier les mathématiques et l’astronomie. Ils se régalaient d’un plat qu’on appelait « Chechit ibnou el wadih ».C’était un petit pain que l’on découpe, une panade particulière qui est devenue après constantinoise.</p>
<p><strong>La cuisine, ce sont aussi les ustensiles. Pouvez vous nous en parler ?</strong></p>
<p>Nous en avons beaucoup en Algérie.Par exemple, le tajine existe partout au Maghreb mais nous en avons de différentes formes.Le Tajine, c’est le contenant et le contenu. Le <strong>Ham lahlou</strong> (viande sucrée) se sert dans un tajine qui ne dépasse pas les 10 centimètres de haut. Par contre, le couscous est servi dans un tajine de plus de 15 cm. Nous en avons pour la cuisson du pain avec certains qui ont des protubérances qui font des dessins sur le pain. Ils ont des noms différents : le <em>Tajine nemra</em>, le <em>Mserreh</em>, le <em>Mri </em> (qui veut dire miroir) pour cuire les feuilles de chekhchoukha, le <em>May</em> pour cuire la feuille de dioul. Nous avons le <em>Qasd</em> où on met l’huile d’olive. Le <em>Khlih</em> (la viande conservée utilisée en hiver) a son ustensile.</p>
<p><iframe loading="lazy" title="YASMINA SELLAM Cuisine Méditerranéenne" width="1200" height="675" src="https://www.youtube.com/embed/sD1Mp1KpPHk?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe></p>
<p><strong>Est-ce qu’on redécouvre certains plats ?</strong></p>
<p>Il y a une tendance à vouloir servir des plats anciens. Par exemple, la <em>Pastilla </em>qu’on prononce « Bastilla ». Tout le monde pensait que ce n’était que marocain alors qu’elle est aussi algérienne. On commence à la revendiquer. Il y a aussi la feuille de vigne qu’on pensait turque. On redécouvre ce plat que les grand-mères ont oublié de citer. La <em>Kapama</em> qu’on prononce Kabama est un plat turc qui était traditionnel en Algérie. On la trouve aussi en Bulgarie, en Albanie, en Arménie.Le mot veut dire à l’étouffé. Chez nous la recette est différente. C’est une petite pomme de terre qu’on cuit dans une sauce blanche et qu’on arrose à la fin d’eau de fleur d’oranger.</p>
<p><strong>La seconde partie de votre ouvrage est consacrée aux recettes. Comment avez vous procédé pour la sélection des 37 plats ?</strong></p>
<p>On m’avait dit que le livre ne devait pas être trop gros. Je les ai choisies pour expliquer telle ou telle chose.Il y a une arrière pensée derrière tous les plats. Par exemple, j’ai mis la recette de <em>Bssisse argane</em> car nous avons 100 000 ha d’arganier en Algérie et des recettes traditionnelles avec cette huile.Dans la région de <strong>Tindouf</strong>, l’arganier est naturel. Il n’a pas été planté par l’homme. La <strong>Moukhlia </strong>n’est pas que tunisienne.Nous la cuisinons et la mangeons à peu près de la même façon. Nous avons aussi des plantations de moukhlias. La meilleure façon de défendre notre patrimoine, c’est de l’inventorier et de l’écrire. Le guide culinaire d’<strong>Escoffier </strong>répertoriait en 1903 24 recettes algériennes ainsi que des égyptiennes mais pas de marocaines, ni de tunisiennes. Par exemple, <strong>Georges Sand</strong>recevait <strong>Alfred de Musset</strong> avec du couscous et du bourek algériens.Elle disait qu’elle avait appris ce plat en Algérie.</p>
<p><strong>Un deuxième tome est donc en préparation. Où en êtes vous ?</strong></p>
<p>Comme j’ai beaucoup d’histoires de recettes, le deuxième tome est presque prêt. On parle de la sauce algérienne mais personne ne sait où, comment et pourquoi elle a été créée. Cela dit, on m’a demandé d’écrire un livre plus intéressant que je viens de finir. Il ne reste que les recettes et les photos à produire. C’est un livre important pour le patrimoine algérien. J’espère qu’il sera disponible pour le Salon du livre d’Alger, en octobre prochain.</p>
<p><strong>@Entretien réalisé par Nasser Mabrouk</strong></p>
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