Tamara Bounazou: »L’opéra c’est ma passion,c’est ma vie »

C’est en 2022  que la franco-algérienne Tamara Bounazou a fait  son entrée comme chanteuse lyrique à l’Opéra National de Paris. Le must ! Pour sa première dans ce haut lieu des plus grandes soprano, elle avait joué les  rôles de l’Amour et de Clarine de Platée. Depuis, la  Franco-algérienne  née et ayant grandi à Montbéliard  a montré  l’immensité du chemin parcouru.’ Avec des  passages à l’Opéra de Paris, au Théâtre des Champs-Élysée, au Festival de Salzburg.   On peut aller la voir en oeuvre jusqu’au 12  novembre  dans le rôle d’Iphigénie (Iphigénie en Tauride) sur la scène de l’Opéra Comique. 

Une montée en puissance qu’elle ne s’imaginait certainement pas lorsqu’à cinq ans ses parents l’avaient inscrite au conservatoire de la cité du franc comtoise. Le chemin de l’excellence l’a vu passer, quelques années plus tard, par le  Conservatoire national supérieur de musique de Lyon où elle conclut brillamment un cursus haut de gamme juste avant de rejoindre  l’Universität für Musik und darstellende Kunst de Vienne en 2019. Entretemps, elle a  raflé  le Prix CFPL du Meilleur Espoir au Concours international de chant de Marseille, en 2018.

Tmara Bouzani ( photo page officielle Facebook de l’artiste)

   Derrière sa réussite, la ténacité de parents dévoués

Des parents attentifs et tellement présents pour elle que la star en devenir ne manque jamais de remercier :  «  La chance de ma vie : mes parents !, confiait-elle, avec un enthousiasme habillé de sincérité, dans un entretien accordé  au site génération.opera.fr ,  avant d’expliquer :  » Je viens d’un milieu ouvrier, très éloigné de l’opéra et de la musique classique. Sans la volonté absolue de mes parents d’offrir une éducation musicale à mes frères, mes sœurs et moi, je n’aurais jamais rencontré l’opéra et la scène.J’avais 5 ans quand j’ai débuté le chant. Puis est arrivée l’adolescence, j’étais devenue un peu rebelle, et mettais un point d’honneur à ne plus étudier mon solfège. J’ai voulu laisser tomber le conservatoire : j’ai tenu deux mois ! Après avoir repris, la musique ne m’a plus jamais quittée, l’opéra est devenu ma passion et ma vie. »

La suite de l’aventure est une succession d’étapes franchies haut la main comme le raconte son historique que l’on peut découvrir sur son website officiel :  » Déjà à l’âge de 17 ans dans le rôle de Colette dans Le Mariage d’Antonio de Grétry. Elle incarne ensuite les personnages de Diane, dans Actéon de Charpentier, Laurette, dans Le Docteur Miracle de Bizet, Belinda, dans Didon et Énée de Purcell et Tytania, dans Le Songe d’une nuit d’été de Britten. 

En 2019, elle est sélectionnée pour participer au Young Singers’ Project du Festival de Salzbourg où elle interprète la Première Suivante Dircé dans Médée de Cherubini. Parmi ses rôles interprétés à Vienne au Schloßtheater de Schönbrunn figurent Gretel dans Hänsel et Gretel de Humperdinck, la Comtesse Almaviva dans Les Noces de Figaro de Mozart ainsi que Carolina dans Le Mariage secret de Cimarosa. »

En 2020, elle fait ses débuts dans le rôle de Susanna des Noces de Figaro à l’Opéra de Rouen et au Théâtre des Champs-Élysées. Récemment, elle a été  Bellangère dans Ariane et Barbe-Bleue à l’Opéra national de Lorraine » Jusqu’au franchissement des portes magiques de l’Opéra de Paris que nous citions plus haut. Cet adoubement rêvé par tous les candidats à l’excellence  dans le difficile monde de la grande musique.

Alors qu’elle n’a que 31 ans, Tamara Bounazou  est déjà  en mesure de présenter une panoplie fournie  de distinctions nationales et internationales :  2018: le Prix CFPL du Meilleur Espoir au Concours international de chant de Marseille. 2019 :  Prix Opérette au Theater an der Wien . Création du  duo « Moine ou Voyou » avec la talentueuse pianiste Anna Giorgi. Une collaboration fructueuse qui a permis aux deux femmes de s’offrir  entre autres récompenses : le Prix SACEM, le Prix de la Fondation Bullukian et le Prix Grandes écoles au Concours international de musique de chambre de Lyon.».

En mai 2025, la chanteuse lyrique a ajouté une nouvelle performance à son palmarès en  remportant le deuxième prix lottelenyacompetition. Une épreuve à laquelle ont concouru  plus de 200 candidatures, avec 20 candidats en demi finale et une dizaine en final. Un vrai marathon.

Nans DE JÉSUS, « Le Tombeau » D’après le poème « Le Tombeau » de Marie Dauget Interprété par Tamara Bounazou. Présentée  le 29 septembre 2025 – Studio Bastille Opéra national de Paris.

Toujours au printemps de cette année, elle a participé à la création  de l’opéra composé par Philippe Manoury « Les Derniers Jours de l’Humanité » de son titre original « Die Letzten Tage der Menschheit » dont deux représentations ont été données  du 27 juin au 9 juillet à l’opéra de Cologne @dieoperkoeln.  Un événement qu’elle a qualifié  « d expérience musicale et scénique assez extraordinaire ».

L’artiste à la personnalité épatante et séduisante ne s’intéresse pas qu’à son métier. Les autres arts la passionnent tout autant. Dans une récente sortie médiatique, alors qu’elle était interrogé sur ces coups de coeur culturels, elle s’est attardé  sur la visite d’une exposition consacré à la peintre algérienne des années 50, Baya. Comme un clin d’oeil à ses propres origines du sud de la Méditerranéenne, Tamara Bouzanou que  ce fut une « rencontre artistique qui, sans bruit, déplace quelque chose en moi. »

 

Baya

 

Dans une sortie médiatique qui date du début de l’été la soprano était fière d’annoncer un programme à venir riche en événements et en premières. « Je me prépare actuellement à chanter dans ma toute première création : « Die Letzten Tage der Menschheit » de Philippe Manoury à l’opéra de Cologne. J’ai été sélectionnée par le Festival Verbier pour prendre part à leur Atelier Lyrique cet été, et y chanterai dans plusieurs récitals. A la rentrée, je ferai un double début : mon premier rôle-titre, Iphigénie, dans Iphigénie en Tauride de Gluck, à l’Opéra Comique, dans une mise en scène de Wajdi Mouawad, et dirigé par Louis Langrée. Je ferai également mes début dans le rôle de Donna Clara dans Der Zwerg  de Zemlinsky à l’opéra de Lausanne.

« J’ai récemment redécouvert le travail fascinant de Baya, une artiste peintre algérienne dont l’univers m’a énormément touchée. Son œuvre a quelque chose de puissant et regorge de couleurs, de formes organiques, de figures féminines mystérieuses et fières. Ce qui m’a particulièrement frappée, c’est la manière dont elle s’est réapproprié un imaginaire souvent exotisé, en affirmant une identité à la fois personnelle, culturelle et libre. Je crois lire dans ses œuvres une joie apparente, mais aussi une force silencieuse, une résistance subtile, presque magique. C’est une peintre qui invite à ralentir, à contempler, à écouter autrement. Une rencontre artistique qui, sans bruit, déplace quelque chose en moi. »

 

https://www.generationopera.fr/actualites/tamara-bounazou-soprano-promotion-go-25-26

Commentaires

Soyez le premier à commenter cet article ...

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Revenir au TOP