Gaza : Un 1er Festival international du cinéma féminin réussi

Gaza qui reste toujours sous la permanente des bombes israéliennes en dépit du cessez-le-feu signé à Charm Al Sheikh ne veut pas baisser les bras L’enclave martyre veut bien garder l’espérance et faire preuve d’une extraordinaire résilience en mettant sur pied un premier festival du film de femmes.

Pour ce premier rendez-vous, le festival a offert un programme diversifié avec  78 films, fictions et documentaires, représentant 28 pays et trois continents. Le monde arabe et africain se taillant la part du lion  : l‘Égypte, Tunisie, Algérie, Maroc,  Soudan,  Palestine, Irak, Syrie, Liban et Jordanie.

                  Un événement symbole d’une résilience incroyable

Ouvert le 27 octobre à Deir Al-Balah, au coeur  de la bande de Gaza, le rendez-vous du  7e art a clos ses portes le 31 octobre. L’événement a été crée  et est présidé par le cinéaste palestinien  Ezzaldeen Shalh, ancien président du Festival du film de Jérusalem et de l’Union internationale du cinéma arabe.

À noter que la date du 26 octobre, jour de l’inauguration du festival, n’a pas été choisie au hasard puisqu’elle correspond à la  Journée nationale de la femme palestinienne, qui commémore la première conférence des femmes palestiniennes tenue à Al Qods en 1929.

             «  La Voix de Hind Rajab » en ouverture 

Une journée pleine d’émotion comme l’a également montré le choix d’ouvrir  la fête cinématographique  par la projection du film-documentaire «  La Voix de Hind Rajab » (Lion d’argent  au festival de Venise  en 2025) qui narre l’histoire de la petit fille palestinienne prise au piège dans une voiture sous le feu des forces d’occupation israéliennes alors qu’elle et ses sa famille fuyaient Gaza.

Dans son discours d’ouverture, le président Ezzaldeen Shalh a commencé par rendre  un hommage puissant à toutes les femmes de son pays :  «Mes salutations les plus sincères à tous ceux qui aiment la vie… Nous saluons les femmes palestiniennes qui, grâce à ce festival, s’émanciperont en réalisant des films abordant les problématiques féminines à Gaza et en les présentant dans des festivals internationaux, afin que les femmes puissent contribuer à raconter l’histoire palestinienne à travers le cinéma.»

                       Une plateforme pour la créativité et la résistance palestinienne

Puis, dans un entretien exclusif accordé au quotidien égyptien Al-Ahram, il  a également lancé un appel vibrant pour que ces mêmes femmes en fassent un lieu ou pourrait s’exprimer leur créativité: « Lancer ce festival au milieu de la dévastation est un acte de résistance culturelle, un message affirmant que rien n’est impossible pour la femme palestinienne. Nous souhaitions que ce festival soit une plateforme où les femmes puissent exprimer leur réalité et documenter leurs histoires, et montrer au monde le vrai visage de Gaza, un visage de créativité et de vie malgré la mort et la destruction.»

La formation des deux  jurys était de qualité. Celui des films de  fiction  était présidé par la cinéaste  française Céline Sciamma et composé des membres suivants : le réalisateur  marocain Mohamed El Younssi, l’actrice et réalisatrice italienne Jasmine Trinca, l’actrice et metteuse en scène algérienne Moni Boualem et le cinéaste palestinien Fajr Yaqub

La présidence du jury des  documentaires a été confiée à la réalisatrice  palestinienne Annemarie Jacir, dont le dernier film  « Palestine 36 » représentera son pays aux Oscars 2026. Elle était entourée  du réalisateur Bassam Al-Thawadi  (Bahreïn)  de la présidente du Réseau européen des femmes audiovisuelles,  l’italienne Graziella Bildesheim; du réalisateur et journaliste  koweïtien Abdulaziz Al-Sayegh  et de la réalisatrice cubaine Maricet Sancristobal.

Plus qu’un succès d’estime pour le 1er festival de cinéma des femmes  dans un Gaza encore sous les bombes 

La soirée de clôture  fut marquée par la mise en avant sous forme d’hommage à toutes les femmes à trois personnalités indiscutables du cinéma qui ont, selon les mots de la présidente  Shalh,  » filmé la douleur et la dignité, chacune à sa manière. Elles ont su transformer la souffrance en lumière, et l’image en mémoire collective».

En l’occurence, Khadija Habashneh, pionnière du cinéma documentaire palestinien, Kaouther Ben Hania, la réalisatrice et documentariste  tunisienne qui monte, ainsi que la cinéaste  Jocelyne Saab, décédée en 2019. La Libanaise  a laissé en héritage de nombreux documentaires de grande valeur qui racontent les luttes multiformes  du peuple palestinien tels : «La Femme palestinienne», «Les Palestiniens continuent le combat» ou «Le Front du refus».

@Fayçal CHEHAT

 

 

 

 

 

 

 

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