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	<title>Archives des Assia Djebar - Méditerranéennes Magazine</title>
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	<description>La femme est l’avenir de la Méditerranée</description>
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	<title>Archives des Assia Djebar - Méditerranéennes Magazine</title>
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		<title>Delacroix : Retour sur « Femmes d’Alger dans leur appartement »</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Fayçal Chehat]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 20 Dec 2021 16:18:28 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[GRAND ANGLE]]></category>
		<category><![CDATA[Assia Djebar]]></category>
		<category><![CDATA[Auguste Renoir]]></category>
		<category><![CDATA[Eugène Delacroix]]></category>
		<category><![CDATA[Henri Matisse]]></category>
		<category><![CDATA[Pablo Picasso]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>                Le « son coupé » des modèles  de Delacroix  « Femmes d’Alger dans leur appartement » est une des oeuvres majeures d&#8217;Eugène Delacroix. Aujourd’hui, elle trône dans l’ombre d’une des salles du Louvre après avoir été  sublimée par des monstres sacrés  de la peinture mondiale tels que Picasso, Renoir ou Cézanne. [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<h4 style="text-align: center;"><b>                Le « son coupé » des modèles <span class="Apple-converted-space"> </span></b><b>de Delacroix<span class="Apple-converted-space"> </span></b></h4>
<p><b>« Femmes d’Alger dans leur appartement » est une des oeuvres majeures d&rsquo;Eugène Delacroix. Aujourd’hui, elle trône dans l’ombre d’une des salles du Louvre après avoir été<span class="Apple-converted-space">  </span>sublimée par des monstres sacrés<span class="Apple-converted-space">  </span>de la peinture mondiale tels que Picasso, Renoir ou Cézanne. Mais ce chef d’oeuvre à aussi dérangé<span class="Apple-converted-space">  </span>et dérange encore<span class="Apple-converted-space">  </span>beaucoup d’autres. Près de deux siècles plus tard. Ce qui est reproché<span class="Apple-converted-space">  </span>au tableau des femmes alanguies, c’est la présence absente des modèles. Ce que regarde le spectateur ne le regarde pas.</b></p>
<h3></h3>
<h5 style="text-align: center;"><b><span class="Apple-converted-space">                  </span></b><b>Le séjour au Maroc,</b><b> un tournant pour Delacroix</b></h5>
<p>Le 18 juin 1830, l’armée française débarque à Sidi Fredj<span class="Apple-converted-space">  </span>sur la côte ouest de la capitale. Le 5 juillet<span class="Apple-converted-space">  </span>de la même année, elle s’empare d’Alger. C’est le début de la colonisation. Sentant son pouvoir vaciller, Charles X s’était saisi d’un prétexte du soufflet d’éventail<span class="Apple-converted-space">  </span>donné par le Dey Hussein<span class="Apple-converted-space">  </span>au consul français pour occuper l’Algérie. Mais cela n’avait pas suffi pour le maintenir au pouvoir.<span class="Apple-converted-space">  </span>Succédant à Charles X,<span class="Apple-converted-space">  </span>Louis Philippe se montra prudent quant à la <span class="Apple-converted-space"> </span>conquête. Il veut s’assurer le soutien du Maroc dans la colonisation de l’Algérie.</p>
<p>Charles –Edgar Comte de Mornay, gentilhomme du roi est alors désigné médiateur auprès du Sultan Moulay Abder-Rahman. Eugène Delacroix est du voyage. Il est ébloui<span class="Apple-converted-space">  </span>par le Maroc, s’enthousiasme pour  » la  précieuse et rare influence du soleil qui donne à toute chose une vie pénétrante ». Il a raison. Son<span class="Apple-converted-space">  </span>séjour au Maghreb est<span class="Apple-converted-space">  </span>un tournant dans sa pratique artistique.<span class="Apple-converted-space">  </span>Et la moisson sera féconde : aquarelles,<span class="Apple-converted-space">  </span>croquis, esquisses. En tous, une centaine d’œuvres.<span class="Apple-converted-space">  </span>C’est<span class="Apple-converted-space">  </span>pourtant à Alger, que se produisit le « miracle ».<span class="Apple-converted-space"> </span></p>
<p><img fetchpriority="high" decoding="async" class="alignnone wp-image-175 size-large" src="https://xn--mditerranennes-bkbi.com/wp-content/uploads/2021/10/1200px-WomenofAlgiers-1-1024x801.jpg" alt="" width="1024" height="801" srcset="https://xn--mditerranennes-bkbi.com/wp-content/uploads/2021/10/1200px-WomenofAlgiers-1-1024x801.jpg 1024w, https://xn--mditerranennes-bkbi.com/wp-content/uploads/2021/10/1200px-WomenofAlgiers-1-300x235.jpg 300w, https://xn--mditerranennes-bkbi.com/wp-content/uploads/2021/10/1200px-WomenofAlgiers-1-768x601.jpg 768w, https://xn--mditerranennes-bkbi.com/wp-content/uploads/2021/10/1200px-WomenofAlgiers-1.jpg 1200w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></p>
<p><b> </b>Le 25 Juin 1832, Delacroix débarque à Alger. Au<span class="Apple-converted-space">  </span>Maroc, il avait<span class="Apple-converted-space">  </span>peint essentiellement<span class="Apple-converted-space">  </span>les hommes. À Alger, il pénètre<span class="Apple-converted-space">  </span>enfin dans<span class="Apple-converted-space">  </span>l’univers des femmes, grâce à l’ingénieur français du port, amateur d’art, qui a dans ses services un ancien patron de barque de course d’avant 1830. Ce dernier consent, après moult négociations à laissé Delacroix pénétrer dans sa maison. Pour l’anecdote, l&rsquo;artiste se serait écrié une fois à l’intérieur du « harem :<span class="Apple-converted-space">  </span>«  C’est beau ! C’est comme au temps d’Homère ! La femme dans le gynécée s’occupant de ses enfants, filant la laine ou brodant de merveilleux tissus. C’est la femme comme je comprends ».</p>
<p><b>                                                                  Les larmes de Renoir, l’admiration de Cézanne </b></p>
<p style="text-align: center;">Mais Là n’est pas<span class="Apple-converted-space">  </span>l’essentiel.<span class="Apple-converted-space">  </span>L’essentiel est<span class="Apple-converted-space">  </span>ailleurs : dans le tableau <i>Femmes d’Alger dans leur appartement<span class="Apple-converted-space"> </span></i> que<span class="Apple-converted-space">  </span>peint Delacroix à l’issue <span class="Apple-converted-space">  </span>de cette visite. Il<span class="Apple-converted-space">  </span>représente trois femmes alanguies. Deux sont assises devant un narguilé et la troisième demi-allongée sur un cousin. A l’extrémité droite, une servante noire,<span class="Apple-converted-space">  </span>pivotant<span class="Apple-converted-space">  </span>sur elle-même sort du tableau. Acquis par<span class="Apple-converted-space">  </span>Louis Philippe au salon de 1834, ce tableau sensuel et mélancolique actuellement au Louvre,<span class="Apple-converted-space">  </span>est un chef- d’œuvre salué comme tel par les pairs de Delacroix.<span class="Apple-converted-space"> </span></p>
<p><span class="Apple-converted-space"> </span>Selon le critique Elie Faure, quand<span class="Apple-converted-space">  </span>Renoir évoquait ce tableau, il laissait couler<span class="Apple-converted-space">  </span>de grosses larmes sur ses joues.<span class="Apple-converted-space">  </span>Voici ce que dit<span class="Apple-converted-space">  </span>Cézanne<span class="Apple-converted-space">  </span>à propos de<span class="Apple-converted-space">  </span><i>Femmes d’Alger dans leur appartement</i>: «  Nous y sommes tous dans ce Delacroix. Quand je vous<span class="Apple-converted-space">  </span>parle des couleurs pour les couleurs, tenez, c’est cela que je veux dire… Ces roses pâles, ces cousins bourrus, cette babouche, toute cette limpidité, je ne sais pas moi, vous entre dans l’œil, et on en est tout de suite ivre. On ne sait comment, mais on se<span class="Apple-converted-space">  </span>sent<span class="Apple-converted-space">  </span>plus léger. Ces nuances allègent et purifient. Si j’avais commis une mauvaise action, il me semble que je viendrais là-devant pour me remettre d’aplomb… Et c’est bourré. Les tons entrent les uns dans les autres, comme des soies. Tout est cousu, travaillé d’ensemble. Et c’est pour ça que ça tourne ».  Mais la critique la plus généreuse de ce tableau est sans doute celle de Picasso.</p>
<p><b>                                                                Quand Picasso entre en scène</b></p>
<p>Nous sommes en 1954, Picasso vient de faire la connaissance de Jacqueline, sa dernière compagne. Il vient surtout de perdre un ami, qui était en même temps son redoutable rival, avec lequel, il a plus d’une fois évoqué Femmes d’Alger dans leur appartement.<span class="Apple-converted-space"> </span></p>
<p>1954, c’est aussi l’année de la guerre d’Algérie. C’est ici que son dialogue d’outre-tombe avec<span class="Apple-converted-space">  </span>Matisse et son clin d’œil à Delacroix prend tout son sens. Car Picasso peint, à l’instar de Guernica, une œuvre engagée bien que sensuelle. Il sort les femmes d’Alger de Delacroix du Harem, les lance  (comme d’ailleurs dans <i>La bataille d’Alger </i>de Gillo Pontercovo) à l’assaut du monde avec des armes redoutables : l’érotisme.</p>
<p><img decoding="async" class="alignnone wp-image-173 size-full" src="https://xn--mditerranennes-bkbi.com/wp-content/uploads/2021/10/31050321.jpg" alt="" width="800" height="561" srcset="https://xn--mditerranennes-bkbi.com/wp-content/uploads/2021/10/31050321.jpg 800w, https://xn--mditerranennes-bkbi.com/wp-content/uploads/2021/10/31050321-300x210.jpg 300w, https://xn--mditerranennes-bkbi.com/wp-content/uploads/2021/10/31050321-768x539.jpg 768w" sizes="(max-width: 800px) 100vw, 800px" /></p>
<p>Pour cela, il installe Jacqueline devenue une reine (exhibant ses seins comme des obus) en lieu et place de la femme adossée sur les coussins chez Delacroix. De sorte que, bien qu’excentrée à gauche, elle devient de <span class="Apple-converted-space"> </span>par son importance, <span class="Apple-converted-space">  </span>le centre du tableau, et la femme qui était au centre s’installe à l’entrée du harem, pointe ses seins vers le spectateur, tout en devenant<span class="Apple-converted-space">    </span>la porte de l’appartement.</p>
<p>Ce qui traduit une prise du pouvoir. Pendant ce temps, la troisième femme<span class="Apple-converted-space">  </span>couchée sur le dos, jambes croisées, les mains derrière la nuque, quasiment en extase, savoure la<span class="Apple-converted-space">  </span>liberté retrouvée. Parallèlement, la servante noire dévêtue exhibe sa somptueuse croupe. Cette variation de Delacroix, que<span class="Apple-converted-space">  </span>nous propose le peintre andalou inspire à son tour la romancière algérienne Assia<span class="Apple-converted-space">  </span>Djebar.</p>
<p><b>                                                                      La variation Djebar<span class="Apple-converted-space"> </span></b></p>
<p>Son intervention a lieu<span class="Apple-converted-space">  </span>au moment où elle médite<span class="Apple-converted-space">  </span>la relation texte /image en réalisant un film documentaire <i>La Nouba des femmes du Mont Chenoua.</i> Mais l’accueil est tiède. Surtout de la part de la critique masculine. C’est dans ce contexte, qu’elle entreprend un<span class="Apple-converted-space">  </span>dialogue fécond avec Delacroix.</p>
<p><img decoding="async" class="alignleft wp-image-174" src="https://xn--mditerranennes-bkbi.com/wp-content/uploads/2021/10/unnamed-1.jpg" alt="" width="200" height="328" srcset="https://xn--mditerranennes-bkbi.com/wp-content/uploads/2021/10/unnamed-1.jpg 290w, https://xn--mditerranennes-bkbi.com/wp-content/uploads/2021/10/unnamed-1-183x300.jpg 183w" sizes="(max-width: 200px) 100vw, 200px" />Delacroix, écrit-elle, estime les femmes d’Alger belles ; son ami Baudelaire les trouve malheureuses, mais ni l’un ni l’autre ne se soucient, selon Djebar,<span class="Apple-converted-space">  </span>à donner à voir leur part invisible. Ce sera sa tâche à elle dans<span class="Apple-converted-space">  </span>un recueil éponyme.<span class="Apple-converted-space">  </span>Dès l’entame, Assia Djebar prévient. Elle ne parle<span class="Apple-converted-space">  </span>pas pour ces femmes ni sur elles ;<span class="Apple-converted-space">  </span>elle est à côté d’elles. Elle veut simplement les restituer dans la longue histoire algérienne en la mettant en perspective. Et dans sa postface roborative : « Regard interdit, son coupé », elle signifie la violence symbolique de Delacroix, qui transgresse deux interdits majeurs : celui du regard étranger au harem et celui de l’image.</p>
<p>Cette violence <span class="Apple-converted-space">  </span>l’est d’autant qu’elle se réalise «  son coupé ». C’est à- dire, sans la participation ni le consentement des « modèles ». Leur présence est en réalité une absence. Car comme le dit si bien le critique Vauday, ce que regarde le spectateur ici<span class="Apple-converted-space">  </span>ne les regarde pas . C’est là toute la différence entre Delacroix et Manet, qui<span class="Apple-converted-space">  </span>dans <i>Olympia </i>met en scène un sujet, qui tutoie le bourgeois hypocrite.<span class="Apple-converted-space"> </span></p>
<p><b>@*</b><b>Boniface Mongo- Mboussa</b></p>
<p><span class="Apple-converted-space">  <em>*  Essayiste, spécialiste de </em></span><em>littérature africaine</em></p>
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